lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205033 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2022 sous le n° 2205033, M. B A, représenté par Me Samson, demande au tribunal d'annuler :
- la décision référencée 48 SI du ministre de l'Intérieur en date du 18 mars 2022 prononçant l'invalidation de son permis de conduire ;
- la décision de retrait de 4 points consécutive à l'infraction commise le 20 mars 2020 ;
- la décision de retrait de 3 points consécutive à l'infraction commise le 3 septembre 2019 ;
- la décision de retrait de 3 points consécutive à l'infraction commise le 4 décembre 2019 ;
- la décision de retrait de 4 points consécutive à l'infraction commise 30 janvier 2020.
M. A soutient que :
- il conteste la réalité des infractions susmentionnées en violation des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route ;
- il conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document 48 SI querellé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2022, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés doivent être écartés comme infondés.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 4 juillet 2022, M. A se désiste de ses conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 4 décembre 2019 et 3 septembre 2019 et maintient le surplus des conclusions de sa requête par les mêmes moyens.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Van Daele, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 23 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsRIIRestitutionRemarques03-09-2019Ligne continuePVE-3AMDésistement04-12-2019V ( 40 km/hPVE-3AMDésistement30-01-2020Feu rougePVE-4AMAvec interpellation20-03-2020Feu rougePVE-4AMSans interpellationTOTAL-14
1. Il résulte de l'instruction que M. B A, né le 5 octobre 1988, s'est successivement vu retirer 3, 3, 4 et 4 points (soit 14 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 3 septembre 2019, 4 décembre 2019, 30 janvier 2020 et 20 mars 2020. Constatant que, suite à ces retraits, le solde de points de M. A était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 18 mars 2022, constaté qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision 48 SI ainsi que des 4 décisions de retraits de points y figurant.
2. Par un mémoire enregistré le 4 juillet 2022, M. A se désiste de ses conclusions à fin d'annulation des 2 retraits de points consécutifs aux infractions constatées les 3 septembre 2019 et 4 décembre 2019 ; ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Restent donc en litige les décisions de retraits de 8 points consécutives aux 2 infractions constatées les 30 janvier 2020 et 20 mars 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de M. A est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive " ; qu'aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () " ;
6. Il résulte des dispositions précitées que, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. D'autre part, en application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.
S'agissant de l'infraction du 30 janvier 2020 :
7. Primo, M. A conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction du procès-verbal relatif à l'infraction du 30 janvier 2020. Or, il ressort du relevé d'information intégral (R2I) afférent à la situation du requérant et produit par le ministre en défense que l'infraction du 30 janvier 2020 ayant entrainé la perte de 4 points a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique, ainsi qu'en atteste la mention " PVE ", avec interpellation du conducteur ainsi que le démontre le ministre qui produit copie du procès-verbal d'infraction mentionnant l'identité du conducteur. Par suite, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit, pour les infractions constatées à partir du 15 avril 2015, que les informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route lui ont bien été délivrées.
8. Secundo, M. A conteste la réalité de l'infraction du 30 janvier 2020. Toutefois, il résulte du R2I afférent à son permis de conduire que cette infraction a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Or, le requérant ne soutient ni n'établit avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation de ce titre exécutoire. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ladite infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
S'agissant de l'infraction du 20 mars 2020 :
9. Il ressort du relevé d'information intégral (R2I) afférent à la situation du requérant et produit par le ministre en défense que l'infraction du 20 mars 2020 ayant entrainé la perte de 4 points a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique, ainsi qu'en atteste la mention " PVE ", mais sans interpellation du conducteur ainsi qu'il ressort du procès-verbal d'infraction produit par le ministre en défense qui ne fait pas mention de l'identité du conducteur. Il ressort également du R2I qu'elle a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, ainsi que l'atteste la mention " AM ". Par suite, un avis de contravention puis un avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route ont été adressés automatiquement au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation, soit en l'espèce M. A. Toutefois, le ministre ne rapporte pas la preuve de la réception par l'intéressé de ces différents courriers. Il s'ensuit que l'administration ne peut être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information s'agissant de l'infraction du 20 mars 2020 ; par suite, la décision de retrait de 4 points consécutive à cette infraction est illégale et doit être annulée.
S'agissant de la décision 48 SI :
10. Il résulte de tout ce qui précède que le capital de points de M. A s'établit, après l'annulation du retrait de 4 points prononcée au point précédent, à 4 points (12 - 12 + 4 = + 4 points). Par suite, la décision ministérielle 48 SI du 18 mars 2022 constant le solde de points nul et invalidant le permis de conduire du requérant est illégale et encourt également l'annulation.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions à fin d'annulation des 2 retraits de points consécutifs aux infractions constatées les 3 septembre 2019 et 4 décembre 2019.
Article 2 : La décision de retrait de 4 points consécutive à l'infraction du 20 mars 2020 et la décision référencée 48 SI du ministre de l'Intérieur en date du 18 mars 2022 sont annulées.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026