lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205104 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ABCG - ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2022 sous le n° 2205104, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision référencée 48 SI du ministre de l'Intérieur en date du 11 mai 2021 portant invalidation de son permis de conduire ;
- la décision du ministre de l'Intérieur de rejet de son recours gracieux réceptionné le 25 février 2022 ;
- la décision de retrait de 1 point consécutive à l'infraction du 11 septembre 2018 ;
- la décision de retrait de 1 point consécutive à l'infraction du 7 juillet 2019 ;
- la décision de retrait de 1 point consécutive à l'infraction du 8 août 2019 ;
- la décision de retrait de 4 points consécutive à l'infraction du 31 décembre 2019 ;
- la décision de retrait de 1 point consécutive à l'infraction du 6 avril 2020 ;
- la décision de retrait de 1 point consécutive à l'infraction du 17 avril 2020 ;
- la décision de retrait de 4 points consécutive à l'infraction du 7 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer son permis de conduire en reconstituant son capital de points sous huitaine à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- les décisions litigieuses violent les dispositions de l'article R. 223-8 du code de la route puisqu'elle a effectué un premier stage de sensibilisation à la sécurité routière en date des 7 et 8 février 2022 donnant droit à récupération de 4 points ;
- il a contesté l'infraction du 7 septembre 2020 ayant donné lieu à retrait de 4 points auprès de l'officier du ministère public qui a fait droit à sa réclamation par courrier du 25 avril 2022 ; par suite, la réalité de cette infraction n'est pas établie en application de l'article L. 223-1 du code de la route ;
- les décisions querellées violent les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route dès lors qu'il conteste avoir reçu pour chacune des infractions en litige les informations prévues par ces dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, le ministre de l'Intérieur conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire à son rejet en faisant valoir que les différents moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Van Daele, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 23 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsRIIRestitutionRemarques11-09-2018V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMPli AFM " avisé non réclamé "07-07-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMPli AFM " avisé non réclamé "08-08-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMPli AFM " avisé non réclamé "31-12-2019Feu rougePVE-4AMSans interpellation06-04-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMPli AFM " avisé non réclamé "17-04-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM07-09-2020Sens interditPVE-4AMAvec interpellationTOTAL-13
1. Il résulte de l'instruction que M. B A, né le 13 juin 1966, s'est notamment vu retirer 1, 1, 1, 4, 1, 1, et 4 points (soit 13 points en tout) à la suite de 7 infractions commises respectivement les11 septembre 2018, 7 juillet 2019, 8 août 2019, 31 décembre 2019, 6 avril 2020, 17 avril 2020 et 7 septembre 2020. Constatant que suite à ces retraits, ainsi d'ailleurs qu'à 14 autres retraits totalisant 17 autres points, le solde de points de M. A était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 15 mai 2021, constaté qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision 48 SI, des 7 décisions de retraits de points susmentionnées et de la décision du ministre de l'Intérieur rejetant son recours gracieux réceptionné le 25 février 2022.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " ; aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Aux termes de l'article L. 410-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Pour l'application du présent titre, on entend par : () / 2° Recours gracieux : le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée () " ; aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. " ; enfin aux termes de l'article L. 231-4 de ce code, une décision implicite de rejet naît du silence gardé pendant plus de deux mois par l'administration.
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision référencée 48 SI du 11 mai 2021 a été notifiée à M. A par envoi d'un courrier recommandé n° 2C 155 385 7259 2 adressé à son domicile de la rue Fernandel à Lognes (77185) le 16 juin 2021 et que ce courrier a été présenté le lendemain. Il a ensuite été retourné à l'expéditeur avec la mention " Pli avisé et non réclamé " et non avec la mention " Destinataire inconnu à cette adresse ". Ainsi, M. A ne saurait valablement soutenir que le pli recommandé contenant la décision 48 SI aurait été envoyée à une mauvaise adresse. Dans ces conditions, le destinataire n'étant pas allé récupérer son pli resté en instance, la date de notification est réputée être celle de la présentation au 17 juin 2021. De plus, la décision 48 SI contenait mention des voies et délais de recours. Il s'ensuit que M. A avait, en application des dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, 2 mois à compter de la notification de la décision litigieuse, soit jusqu'au 18 août 2021 pour présenter soit une requête au tribunal compétent, soit un recours gracieux à l'auteur de la décision. Or, la présente requête n'a été enregistrée que le 20 mai 2022 et le recours gracieux qui l'a précédée n'a été réceptionné que le 25 février 2022, ainsi qu'il ressort des pièces produites par le requérant lui-même. Il s'ensuit que l'un comme l'autre ont été formulés bien au-delà de l'expiration du délai du recours contentieux. Par suite, c'est à bon droit que le ministre soulève en défense une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête de M. A. Il s'ensuit que celle-ci doit être écarté comme irrecevable.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026