vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205500 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP LETU ITTAH PIGNOT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 23 mai 2022, le premier président du tribunal administratif de Paris a, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal la requête de M. B A.
Par cette requête, enregistrée le 24 mai 2022, M. A, représenté par Me Ittah, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris à lui verser la somme totale de 4 000 euros en réparation des conséquences dommageables de la prise en charge médicale dont il a été l'objet à l'hôpital Henri-Mondor le 6 mai 2020 ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris est engagée dès lors que le choc anaphylactique qu'il a subi résulte d'une faute médicale dans l'administration d'un médicament auquel il est allergique ;
- il est fondé à demander réparation de son préjudice personnel à hauteur de 4 000 euros au titre des souffrances endurées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la condamnation prononcée à son encontre soit ramenée à de plus justes proportions.
Elle soutient que :
- elle admet que l'administration médicamenteuse dont fait état le requérant est constitutive d'une faute dès lors que l'allergie était connue de l'équipe médicale ;
- le préjudice dont il est demandé réparation n'est pas imputable au choc anaphylactique mais à l'hospitalisation en réanimation de M. A en raison de l'aggravation de sa pneumopathie liée à l'infection à coronavirus ;
- la somme demandée doit être réduite à de plus juste proportions.
Par un mémoire, enregistré le 1er décembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris déclare qu'elle n'a aucune créance à faire valoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique. ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marine Robin, conseillère,
- les conclusions de Mme Félicie Bouchet, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été hospitalisé cinq jours à compter du 31 mars 2020 en raison d'une dyspnée d'effort fébrile associée à une myalgie. Une infection à coronavirus lui a été diagnostiquée. Le 16 avril 2020, M. A a été hospitalisé en unité de réanimation en raison de l'aggravation de son état de santé. Un traitement par amoxicilline lui a été administré le 6 mai 2020 et a provoqué un choc anaphylactique. M. A demande au tribunal de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), dont relève l'hôpital Henri-Mondor, en réparation des conséquences dommageables à l'administration du traitement médical par amoxicilline le 6 mai 2020.
Sur la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
3. Il résulte de l'instruction que le 6 mai 2020, M. A a été victime d'un choc anaphylactique causé par l'administration d'un médicament contenant de l'amoxicilline auquel il est allergique. Il est constant que cette allergie était connue du requérant et de l'équipe soignante. Dans ces conditions, le fait d'avoir administré ce médicament à l'intéressé constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP. Si cette dernière ne le conteste pas, elle fait valoir que le préjudice dont se prévaut M. A n'est pas imputable au traitement médicamenteux qui lui a été administré. Toutefois, l'expert médical mandaté par l'assureur de ce dernier conclut à l'imputabilité des souffrances endurées durant une journée par M. A au choc anaphylactique dont il été victime, causé par l'administration du traitement par amoxicilline. L'AP-HP ne conteste pas sérieusement cette appréciation, n'apportant aucun élément de nature médicale pour la remettre en cause. Par suite, M. A est fondé à rechercher la responsabilité de l'AP-HP en réparation des souffrances qu'il a endurées du fait du choc anaphylactique dont il a été victime le 6 mai 2020.
Sur le préjudice :
4. Il résulte de l'instruction que les souffrances que M. A a endurées pendant une journée en raison du choc anaphylactique dont il a été victime peuvent être évaluées à 2 sur une échelle de 7. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste évaluation du préjudice qui en a résulté pour l'intéressé en lui allouant une somme de 1 000 euros.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser une somme de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
6. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à payer à M. A une somme de 1 000 euros.
Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Marine Robin, conseillère,
Mme Héloïse Mathon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
M. Robin
Le président,
T. GallaudLa greffière,
G. Aumond
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026