jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206406 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 juin 2022 et 16 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Feriani, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2022 par laquelle le président du département de Seine-et-Marne a confirmé, sur son recours administratif préalable, deux indus de revenu de solidarité active, respectivement d'un montant de 7 921, 08 euros pour la période allant du 1er décembre 2019 au 31 mars 2021 et d'un montant de 1 492, 02 euros pour la période allant du 1er juin 2021 au 31 août 2021 ;
2°) d'enjoindre au président du département de Seine-et-Marne de lui restituer les sommes ayant fait l'objet d'une retenue au titre de ces indus ;
3°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que, s'il a été contraint de demeurer en Algérie entre le 3 décembre 2019 et le 12 août 2021 en raison de la survenance de l'épidémie de Covid-19, cette circonstance, irrésistible, extérieure et imprévisible, constitue un cas de force majeure.
La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en observation mais a produit des pièces, lesquelles ont été enregistrées le 26 novembre 2024 et communiquées le même jour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2024, le département de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait notamment valoir que, si un régime dérogatoire a été mis en place à compter du 17 mars 2022, afin de permettre aux allocataires du revenu de solidarité active ayant manifesté auprès des services de la caisse d'allocations familiales leur impossibilité de retourner en France en raison de la fermeture de frontières consécutive à l'épidémie de covid-19 et de continuer à percevoir cette allocation, M. A n'a pas informé ces services de ses difficultés entre le mois de novembre 2019 et le mois d'août 2021, lesquelles ne sont au demeurant pas établies par les pièces produites au soutien de ses allégations.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme Lina Bousnane, rapporteure, a présenté son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 janvier 2025 à 10 heures 30.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a bénéficié du versement du revenu de solidarité active par la caisse d'allocations familiales du Seine-et-Marne. Il s'est vu adresser une décision portant notification de deux indus de revenu de solidarité active, respectivement d'un montant de 7 921, 08 euros pour la période allant du 1er décembre 2019 au 31 mars 2021 et d'un montant de 1 492, 02 euros pour la période allant du 1er juin 2021 au 31 août 2021, au motif qu'il avait effectué des séjours hors de France pendant une durée, d'une part, de 476 jours puis, d'autre part, de 45 jours. L'intéressé a introduit un recours administratif préalable obligatoire le 19 avril 2022 à l'encontre de cette décision, lequel a été rejeté par le président du conseil départemental de Seine-et-Marne le 22 juin 2022. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision confirmant les indus.
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire () ". L'article R. 262-5 de ce code dispose : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Enfin, l'article R. 262-37 du code précité prévoit : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
4. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Il résulte de ces mêmes dispositions que, pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de RSA a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le RSA ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête du 14 janvier 2022 de l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne établi à la suite d'un contrôle diligenté le 12 octobre 2021, que les relevés bancaires de M. A ont fait apparaitre que celui-ci avait séjourné à l'étranger, plus particulièrement en Algérie, pendant une durée supérieure à 92 jours correspondant aux périodes allant du 3 décembre 2019 au 22 mars 2021 et du 29 juin 2021 au 12 août 2021. Si M. A ne conteste pas avoir séjourné en Algérie du 3 décembre 2019 au 12 août 2021, il soutient néanmoins que les périodes au cours desquelles il se trouvait hors de France résultaient de circonstances irrésistibles, extérieures et imprévisibles constituant un cas de force majeur, dès lors qu'il s'était trouvé dans l'impossibilité de rentrer en France, en dépit de l'achat d'un billet d'avion retour pour le 10 janvier 2021, en raison de la survenance de l'épidémie de covid 19 ayant entrainé la fermeture des frontières. Toutefois, par ces allégations et les pièces produites à leur soutien, M. A, d'une part, admet la matérialité de ses séjours hors de France aux dates correspondant aux indus notifiés alors, au demeurant, qu'il n'établit pas avoir effectivement été dans l'impossibilité d'utiliser son billet d'avion retour en date du 10 janvier 2020 en raison de la survenance de la fermeture des frontières algérienne, dont il ne justifie pas de ladite fermeture dès cette période et, d'autre part, ne conteste pas ne pas avoir déclaré ces périodes de séjour en Algérie à la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne, en dépit de ses obligations déclaratives. Au surplus, s'il résulte de l'instruction que M. A a indiqué aux services de la caisse d'allocations familiales de Seine-et-Marne n'avoir pu utiliser son billet d'avion retour le 10 janvier 2020 en raison de la convalescence de sa mère résidant en Algérie et ne pas être rentré en France à la suite de la réouverture des frontières algériennes en juin 2021 en raison de la détérioration de son état de santé, ces circonstances, au demeurant non reprises expressément dans le cadre de la présente instance, ne sont pas établies par les pièces qu'il produit au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, M. A n'établit en tout état de cause pas que sa présence hors de France pendant une durée supérieure à 92 jours sur la période allant du mois de novembre 2019 au mois d'août 2021 résulterait d'un cas de force majeur. Il suit de là que c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales du Seine-et-Marne a notifié à M. A deux indus de revenus de solidarité active correspondant aux périodes de ses séjours hors de France.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 juin 2022 par laquelle le président du département de Seine-et-Marne a confirmé les deux indus de revenu de solidarité active, respectivement d'un montant de 7 921, 08 euros pour la période allant du 1er décembre 2019 au 31 mars 2021 et d'un montant de 1 492, 02 euros pour la période allant du 1er juin 2021 au 31 août 2021. Ses conclusions à fin d'annulation de cette décision ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction et sur le fondement de l'article L. 761-1 doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au président du conseil départemental du Seine-et-Marne et à la caisse d'allocations familiales du Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Pottier, président,
Mme Jeanne Darracq-Ghitalla-Ciock, conseillère,
Mme Lina Bousnane, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
La rapporteure,
L. Bousnane
Le président,
X. PottierLa greffière,
C. Leroy
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026