lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206984 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | ALAGAPIN-GRAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2022 sous le n° 2206984, M. A B, représenté par Me Alagapin-Graillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision implicite de rejet en date du 25 mai 2022 par laquelle le ministre de l'Intérieur a refusé de lui restituer les points sur le solde de son permis de conduire suite à l'annulation de l'amende forfaitaire majorée relative à l'infraction en date commise le 27 janvier 2019 à 20 heures 20, et la décision en date du 30 juin 2022 par laquelle le ministre de l'Intérieur a refusé de lui communiquer les motifs de droit et de fait de sa décision ;
- la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'Intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre à l'administration, sous astreinte de 100 euros par jour de retard dans l'exécution du jugement à intervenir à compter de sa notification :
- d'imputer sans délai les points afférant à l'annulation de l'amende forfaitaire susmentionnée ;
- d'avoir à procéder au recrédit des points n'ayant pas donné lieu à la délivrance de l'information préalable en application des articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, au titre des frais non compris dans les dépens.
M. B soutient que :
- la décision implicite de rejet en date du 25 mai 2022 est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle viole les dispositions des articles L. 223-1, L. 223-6, R. 223-2 et R. 223-8 du code de la route ;
- la décision 48 SI est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision implicite de rejet en date du 25 mai 2022 ;
- elle est entachée d'illégalité externe née du défaut de délivrance de l'information préalable prévue aux articles L.223-3 et R.223-3 du code de la route ;
- elle viole les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2022, le ministre de l'Intérieur conclut à titre principal au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions dirigées contre le retrait de points consécutif à l'infraction du 27 janvier 2019 et contre la décision 48 SI et au rejet du surplus des conclusions de la requête en faisant valoir qu'il ressort du relevé d'information intégral (R2I) du requérant qu'aucune mention relative à l'infraction commise le 27 janvier 2019 n'apparaît sur son dossier et que celle-ci ne donne donc pas lieu à retrait de points ; par ailleurs, il n'est fait aucune mention d'une décision 48 SI.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Blanc, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur ne sont présents ou représentés.
1. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du bordereau de situation des amendes et condamnations pécuniaires en date du 18 mars 2022, que M. A B, né le 5 août 1972, a été verbalisé le 27 janvier 2019 à 20 heures 20 sur l'autoroute A6 pour dépassement à droite dangereux malgré interdiction, infraction passible d'un retrait de 3 points en application du V de l'article R. 414-6 du code de la route. L'intéressé ne s'étant pas acquitté de cette amende au stade forfaitaire, celle-ci a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée de 375 euros. Ce titre exécutoire a finalement été annulé. M. B a alors saisi le ministre de l'Intérieur d'une demande de restitution de 3 points sur son permis de conduire, réceptionnée le 25 mars 2022 ; le silence gardé sur cette demande pendant plus de deux mois a fait naître, en application des dispositions de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite de rejet à compter du 26 mai 2022 dont M. B demande, par la présente requête, l'annulation. L'intéressé ayant sollicité les motifs de cette décision par courrier dont il a été accusé réception le 30 mai 2022, il demande également, par cette même requête, l'annulation de la décision en date du 30 juin 2022 par laquelle le ministre de l'Intérieur a refusé de lui communiquer les motifs de droit et de fait de sa décision. Enfin, M. B demande de la décision référencée 48 SI par laquelle le ministre de l'Intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de rejet du 26 mai 2022 :
2. S'il ressort des pièces du dossier, et notamment du bordereau de situation des amendes et condamnations pécuniaires en date du 18 mars 2022, que M. B a bien été verbalisé le 27 janvier 2019 à 20 heures 20 sur l'autoroute A6 pour dépassement à droite dangereux malgré interdiction et que l'amende forfaitaire majorée relative à cette infraction a finalement été annulée, en revanche il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et notamment pas du relevé d'information intégral (R2I) de l'intéressé édité le 29 août 2022 et produit par le ministre en défense, que cette infraction, pourtant passible d'un retrait de 3 points en application du V de l'article R. 414-6 du code de la route, ait effectivement donné lieu à un tel retrait de points. Par suite, la demande en restitution de ces 3 points n'avait pas lieu d'être. Il s'en déduit que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 mai 2022 par laquelle le ministre de l'Intérieur a implicitement rejeté cette demande de restitution doivent être rejetées comme irrecevables en l'absence d'un tel retrait de points.
En ce qui concerne la décision de refus de communication des motifs de la décision implicite de rejet du 26 mai 2022 :
3. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. "
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a, par l'intermédiaire de son conseil, adressé au ministre de l'Intérieur, en application des dispositions précitées, une demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet du 26 mai 2022. Toutefois, en l'absence d'une telle décision, cette demande de communication de motifs n'avait pas lieu d'être. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de communication des motifs doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision référencée 48 SI :
5. Enfin, M. B demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " par laquelle le ministre de l'Intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier, et notamment pas du R2I du requérant édité le 29 août 2022 et qui ne fait nulle mention d'une telle décision 48 SI, que le ministre ait pris à l'encontre de M. B une décision de ce genre. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI doivent être rejetées comme irrecevables.
6. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation contenues dans la requête de M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, seront également rejetées ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026