lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SPIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2022 sous le n° 2207020, M. A B, représenté par Me Spira, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mai 2022 portant suspension de son permis de conduire pour une durée de 5 mois.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 224-7 du code de la route en ce que le préfet de Seine-et-Marne ne pouvait valablement agir suite à une infraction commise dans le département du Val-de-Marne ;
- il viole les dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route dès lors qu'il n'est pas établi que la mesure de vitesse enregistrée a bien été réalisée à l'aide d'un appareil homologué ;
- l'utilisation de la procédure d'exception prévue à l'article L. 224-2 du code de la route lui cause nécessairement grief dans la mesure où il n'a pas été à même d'apporter des explications sur les faits qui lui sont reprochés ;
- l'arrêté contesté viole les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration en ce qu'il n'est absolument pas motivé ;
- il est entaché d'un défaut de base légale ;
- le préfet ne démontre pas en quoi il aurait pu se dispenser de la procédure contradictoire dès lors qu'il ne justifie pas d'une situation d'urgence.
Par un mémoire, enregistré le 2 mai 2023, M. B maintient les conclusions de sa requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté querellé du 27 mai 2022 du préfet de Seine-et-Marne ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Blanc, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur ne sont présents ou représentés.
1. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne a, par arrêté du 27 mai 2022, décidé de la suspension provisoire et immédiate du permis de conduire de M. A B, né le 5 janvier 1966, pour une durée de 5 mois suite à l'infraction routière constatée le 26 mai 2022 à 17 heures 35. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cet arrêté préfectoral.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 224-7 du code de la route : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire. Il peut également prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire à l'encontre de l'accompagnateur d'un élève conducteur lorsqu'il y a infraction aux dispositions des articles L. 234-1 et L. 234-8 et aux dispositions des articles L. 235-1 et L. 235-3. "
3. M. B soulève, en application des dispositions précitées, l'incompétence du préfet de Seine-et-Marne en arguant que l'infraction du 26 mai 2022 a été relevée sur la commune de Marolles-en-Brie située dans le département du Val-de-Marne. S'il ressort effectivement des termes de l'arrêté litigieux que cette infraction routière a été constatée sur la commune de Marolles-en-Brie, il résulte de l'instruction qu'il existe deux communes du nom de Marolles-en-Brie, l'une située dans le département du Val-de-Marne (code commune : 94048), l'autre dans le département de Seine-et-Marne (code commune : 77278). L'arrêté précise bien que l'infraction du 26 mai 2022 a été relevée sur la commune de Marolles-en-Brie dans le département de Seine-et-Marne, ce qui lève toute ambiguïté. Par suite, ce premier moyen sera écarté comme infondé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () " ; aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. " L'arrêté vise les articles applicables du code de la route et indique l'infraction relevée à l'encontre de M. B, ainsi que la date, l'heure et le lieu où elle a été commise ; par suite, il est suffisamment motivé en droit comme en fait et satisfait ainsi aux dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
5. En troisième lieu, aux termes du I de l'article L. 224-1 du code de la route : " Les officiers et agents de police judiciaire retiennent à titre conservatoire le permis de conduire du conducteur : () / 5° Lorsque le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué () ". Aux termes du I de l'article L. 224-2 du même code : " Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 et L. 235-2 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () / 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué () "
6. D'une part, M. B soutient que l'utilisation de la procédure d'exception prévue à l'article L. 224-2 précité du code de la route lui cause nécessairement grief dans la mesure où il n'a pas été à même d'apporter des explications sur les faits qui lui sont reprochés. Toutefois, compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L.224-2 du code de la route, qui doit être prise dans les 72 heures et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur auteur d'un excès de vitesse supérieur à 40 km/h retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement la prendre en se dispensant de procédure contradictoire, en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration qui dispose que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 2112, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable " ; qu'aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ". Par suite, le vice de procédure allégué par M. B sera écarté comme infondé.
7. D'autre part, M. B soulève la violation de ces dispositions en soutenant qu'il n'est pas établi que la mesure de vitesse enregistrée a bien été réalisée à l'aide d'un appareil homologué. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le cinémomètre utilisé lors du contrôle de vitesse effectué à l'encontre du requérant est de marque LTI n° 23 411 et que cet appareil a fait l'objet d'un contrôle par la société SGS le 16 novembre 2022. Par suite, ce moyen sera écarté comme manquant en fait.
8. Pour les mêmes raisons, sera également écarté le moyen tiré de ce que le préfet ne démontrerait pas en quoi il aurait pu se dispenser de la procédure contradictoire dès lors qu'il ne justifie pas d'une situation d'urgence.
9. En dernier lieu, si M. B soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut de base légale, il ressort de ses termes qu'il a été pris sur le fondement de l'article L. 224-2 précité du code de la route.
10. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens développés au soutien des conclusions à fin d'annulation doivent être écartés. Par suite, la requête de M. B est rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026