lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207032 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET SANDRINE MARIÉ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2022, la commune de Champagne-sur-Seine, représentée par Mes Sandra Nadjar et Vincent Corneloup, demande au juge des référés de désigner un expert, en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, avec pour mission de :
1° se rendre sur les lieux, en convoquant au préalable l'ensemble des parties ;
2° prendre connaissance des travaux réalisés et se faire communiquer par toutes les parties tout document qu'il estime utile ;
3° constater et décrire de manière détaillée les désordres, malfaçons et non-conformités visés dans la présente requête ;
4° déterminer l'origine et les causes de ces désordres, malfaçons et non-conformités et indiquer leurs conséquences, en particulier si ceux-ci rendent l'immeuble impropre à sa destination ou affectent sa solidité ou peuvent évoluer de manière à rendre l'immeuble impropre à sa destination ou à affecter sa solidité dans le futur ;
5° donner son avis sur les responsabilités encourues, en proposant le cas échéant une répartition ;
6° se prononcer sur les éventuels manquements contractuels commis ;
7° se prononcer sur toutes les mesures conservatoires éventuellement nécessaires et appropriées pour éviter une aggravation des désordres ou tout risque pour la sécurité publique ;
8° se prononcer sur les travaux réparatoires et l'ensemble des dommages subis par la commune de Champagne-sur-Seine et proposer une estimation financière ;
9° entendre, le cas échéant, tout sachant à charge d'indiquer son identité ;
10° s'adjoindre tout sapiteur de son choix s'il l'estime nécessaire ;
11° même si ce n'est pas une obligation posée par le code de justice administrative mais compte tenu de son utilité pour un bon déroulement de l'expertise, présenter un pré-rapport ou une note de synthèse aux parties et laisser à ces dernières un délai suffisant pour formuler leurs dires ;
12° du tout, en dresser rapport.
Elle soutient :
- qu'elle a constaté des désordres affectant le bâtiment du centre de loisirs sans hébergement, situé 39 rue Francis-Poulenc, dont la réalisation des travaux du lot n°01B "terrassement - gros oeuvre - ravalement" avaient été confiés à la société Boyer, sous la maitrise d'oeuvre de la société Basselier Jarzaguet Architectes ;
- qu'elle a informé la société Boyer de la survenance de plusieurs désordres susceptibles de mettre en jeu la solidité et la destination de l'ouvrage ;
- que cette société n'a jamais répondu à ces demandes et relances.
Par un mémoire, enregistré le 28 juillet 2022, la Sarl Basselier Jarzaguet Architectes (BJA), représentée par Me Olivier Delair, demande au juge des référés de :
1° donner acte des protestations et réserves de la société Basselier Jarzaguet Architectes (BJA) sur la demande d'expertise ;
2° dire et juger que l'ordonnance à intervenir sur la demande d'expertise sera commune aux parties suivantes : la société CET Ingénierie SAS, liée en qualité de co-traitant à la commune par une convention de maitrise d'oeuvre, la société Generali Assurances SA, assureur de la société CET Ingénierie SAS, et la société Apave SAS, chargée du contrôle de l'opération ;
3° dire et juger que les opérations d'expertise leur seront contradictoires.
Par un mémoire, enregistré le 18 août 2022, la compagnie Areas Dommages, représentée par Me Laurent Karila, demande au juge des référés de :
1° lui donner acte de son intervention volontaire aux opérations d'expertise en qualité d'assureur responsable de la société Boyer ;
2° lui donner acte de ses protestations et réserves sur la désignation d'un expert judiciaire ;
3° compléter en outre la mission de l'expert judiciaire dans les termes ci-après :
" - préciser si une réception a eu lieu et à quelle date, avec ou sans réserves ; - déterminer l'origine des désordres ; - préciser pour chaque désordre s'il a été réservé, ou s'il était caché ou apparent lors de la réception ; - donner son avis sur la responsabilité de chacun des intervenants à l'acte de construire ; - déposer un pré-rapport avec un chiffrage détaillé par désordre et poste par poste en distinguant le coût des reprises des travaux de la société Boyer, avec un délai d'un mois pour le dépôt des dires " ;
4° réserver les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 31 août 2022, la société Boyer SAS, représentée par Me Pascale Beauthier, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la désignation d'un expert judiciaire.
Par un mémoire, enregistré le 19 septembre 2022, la commune de Champagne-sur-Seine, demande au juge des référés de mettre en cause dans l'expertise, d'une part, la société Apave Parisienne, chargée du contrôle technique, et, d'autre part, les sociétés sous-traitantes suivantes : SF Plafonds, Guyard Venisse, PCS Hadi, 4F Concept, JT Services, Goubie, CGB Construction, Menuiserie Fermeture de la Brie, Sabate, Les Ravaleurs Franciliens, SN Vetra, Métallerie Montegut, Sotam, Air et Eau, Sol Industriel Pereira (SIP), GRTP.
Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2022, la société Generali Iard, assureur de la société CET Ingénierie, représentée par Me Marie-Charlotte Marty, demande au juge des référés de :
1° de prendre acte des protestations et réserves d'usage de la compagnie Generali Iard sur la demande d'ordonnance commune de la société Basselier Jarzaguet Architectes ;
2° réserver les dépens.
Par un mémoire, enregistré le 2 novembre 2022, la SA Apave, représentée par Me Sandrine Marié, demande au juge des référés de :
1° à titre principal, mettre hors de cause la SA Apave, seule la société Apave Parisienne SAS étant concernée ;
2° à titre subsidiaire, lui donner acte de ce qu'elle s'associe et ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sans que cela ne vaille reconnaissance de responsabilité et de garantie ;
3° dire et juger que la SA Apave recherchera la responsabilité des parties suivantes et sollicite la condamnation de la compagnie d'assurances Areas Dommages, la société Basselier Jarzaguet Architectes, la société Boyer, la société CET Ingénierie et la SA Generali Iard à la garantir indemne, cette demande étant interruptive de prescription et de forclusion ;
4° à titre reconventionnel, condamner la société Basselier Jarzaguet Architectes à verser à la SA Apave la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 10 novembre 2022, la Sarl Basselier Jarzaguet Architectes (BJA) demande au juge des référés de :
1° lui adjuger le bénéfice de ses précédentes écritures ;
2° lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande d'expertise ;
3° rejeter toutes les demandes de la société Apave SA ;
4° dire et juger que l'ordonnance à intervenir sur la demande d'expertise sera commune à la société Apave Parisienne SAS ;
5° dire et juger que les opérations d'expertise lui seront contradictoires.
Vu les pièces jointes à la requête.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Melun a délégué M. B, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes introduites en application du Livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".
2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.
3. La commune de Champagne-sur-Seine demande la désignation d'un expert à raison des désordres affectant le bâtiment du centre de loisirs sans hébergement, situé 39 rue Francis-Poulenc sur le territoire de ladite commune, dont la réalisation des travaux afférents au lot n°01B "terrassement - gros oeuvre - ravalement" avait été confiée à la société Boyer, entrepreneur principal, sous la maitrise d'oeuvre de la société Basselier Jarzaguet Architectes, et avec le concours de plusieurs sous-traitants.
4. La demande d'expertise, qui concerne les désordres constatés à raison de travaux effectués dans le cadre d'un marché public, n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative. De surcroit, compte tenu des incidences éventuelles des désordres constatés et de l'absence de rapprochement entre les protagonistes, la demande d'expertise présente un caractère utile au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
5. Il n'y a pas lieu, en l'état de l'instruction et notamment en l'absence de demande en ce sens formulée par la société Boyer, entrepreneur principal, ou son assureur la société Aréas Dommages, de faire droit aux conclusions de la commune de Champagne-sur-Seine tendant à l'appel à la cause des sociétés SF Plafonds, Guyard Venisse, PCS Hadi, 4F Concept, JT Services, Goubie, CGB Construction, Menuiserie Fermeture de la Brie, Sabate, Les Ravaleurs Franciliens, SN Vetra, Métallerie Montegut, Sotam, Air et Eau, Sol Industriel Pereira (SIP), GRTP.
Sur la demande de mise hors de cause :
6. Il y a lieu de faire droit à la demande de mise hors de cause présentée par la SA Apave, dans la mesure où il résulte de l'instruction que la mission de contrôle technique des opérations de travaux litigieuses a été assurée par la société Apave Parisienne SAS.
Sur les demandes tendant à ce qu'il soit donné acte de protestations et réserves :
7. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations, de réserves ou d'intentions. Il s'ensuit que les conclusions respectives de la société Basselier Jarzaguet Architectes (BJA), de la société Boyer et de son assureur la compagnie Areas Dommages et de la compagnie Generali Iard, assureur de la société CET Ingénierie, tendant à ce qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves sont irrecevables et ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions présentées par la société Apave SA sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les droits sont réservés.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A C est désigné comme expert. Il aura pour mission de :
1° convoquer les personnes mentionnées à l'article 2 aux réunions d'expertise contradictoires ;
2° se rendre sur les lieux avec l'ensemble des personnes visées à l'article 2, entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;
3° se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;
4° constater et décrire de manière détaillée les désordres, malfaçons et non-conformités visés dans la demande d'expertise ;
5° déterminer l'origine et les causes de ces désordres, malfaçons et non-conformités et indiquer leurs conséquences, en particulier si ceux-ci rendent l'immeuble impropre à sa destination ou affectent sa solidité ou peuvent évoluer de manière à rendre l'immeuble impropre à sa destination ou à affecter sa solidité dans le futur ;
6° préciser si une réception a eu lieu et à quelle date, avec ou sans réserves et préciser pour chaque désordre s'il a été réservé ou s'il était caché ou apparent lors de la réception ;
7° se prononcer sur toutes les mesures conservatoires éventuellement nécessaires et appropriées pour éviter une aggravation des désordres ou tout risque pour la sécurité publique ;
8° se prononcer sur les travaux réparatoires et sur leur coût estimatif ;
9° de fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond éventuellement saisie de se prononcer ultérieurement sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;
10° de formuler toutes observations utiles ;
11° de déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise.
Article 2 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence de M. A C, expert désigné, de la commune de Champagne-sur-Seine, de la société Basselier Jarzaguet Architectes (BAJ), de la société Boyer et de son assureur la compagnie Areas Dommages, de la société CET Ingénierie et de son assureur la société Generali Assurances SA, du contrôleur technique la société Apave Parisienne SAS.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 612-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra dans les meilleurs délais à la diligence de l'expert qui convoquera les personnes mentionnées à l'article 2.
Article 5 : L'expert peut prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une médiation.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires complets, dont un devra être rendu sous une forme numérisée, au greffe du tribunal au plus tard le 31 juillet 2023. Conformément à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies numériques seront établies par l'expert et, sauf désaccord express de leur part, afin de limiter les frais de reproduction, leur notification devra être opérée sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées au moyen d'un procédé certifiant la réception de ces documents par son destinataire.
Article 7 : La société Apave SA est mise hors de cause.
Article 8 : Les droits et dépens sont réservés.
Article 9 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Champagne-sur-Seine, à la société Basselier Jarzaguet Architectes (BAJ), à la société Boyer et à son assureur la compagnie Areas Dommages, à la société CET Ingénierie et à son assureur la société Generali Assurances SA, à la société Apave SA, à la société Apave Parisienne SAS, à M. A C, expert.
Fait à Melun, le 3 avril 2023.
Le juge des référés,
B. B
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026