LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2207258

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207258

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207258
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre
Avocat requérantCLOIX & MENDES-GIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 25 juillet 2022 et 15 mai 2023, M. G A et Mme E A, représentés par Me Balme Leygues, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le maire de Bry-sur-Marne a délivré à M. B D et Mme C D un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée G48 située 67 rue de la République à Bry-sur-Marne, ensemble la décision du 11 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bry-sur-Marne une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'incomplétude : les pétitionnaires n'ont pas joint à leur demande un formulaire d'attestation de prise en compte de la réglementation technique signé par le maître d'ouvrage ; le permis de construire ne pouvait leur être délivré sans qu'ils tiennent compte des exigences de performance énergétique au regard de la réglementation " RE 2020 ", l'attestation " RT 2012 " étant insuffisante à satisfaire les prescriptions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ; le projet architectural tel que présenté dans la notice et le plan de masse est entaché d'insuffisances ; le dossier ne répond pas aux exigences de l'article 2.2 du plan de prévention du risque inondation (PPRI) de la Marne et de la Seine prévoyant que les cotes des plans soient rattachées au Nivellement Général de la France (NGF) ;

- le projet méconnaît l'article 4 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme (PLU) de Bry-sur-Marne et 1.3.1. du règlement de la zone orange du PPRI de la Marne et de la Seine relatifs à l'emprise au sol maximale des constructions ; après prise en compte de la surface de la rampe d'accès au garage, l'emprise du projet dépasse l'emprise maximale autorisée ;

- le projet méconnaît l'article 5 du règlement de la zone UE/UEA du PLU relatif à la hauteur maximale des constructions dès lors que la hauteur n'a pas été calculée à partir du niveau du terrain naturel situé au point médian de la construction ;

- le projet méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et l'article 9 du règlement de la zone UE/UEA du PLU ;

- le projet méconnaît les articles 6 et 7 du règlement de la zone UE/UEA du PLU : si la construction projetée prévoit une implantation avec un recul de 5, 87 mètres par rapport à la voie publique et en mitoyenneté avec la propriété des requérants, la commune de Bry-sur-Marne ne pouvait l'autoriser sans faire usage de l'une des dérogations prévues par le règlement du plan local d'urbanisme ; ce faisant le maire a méconnu le champ de sa compétence et commis une erreur de droit ;

- le projet méconnaît l'article 7.8 du règlement de la zone UE/UEA du PLU qui fixe à 1, 9 mètres la hauteur minimum que doit mesurer le dispositif fixe formant écran obligatoire en cas de terrasses et balcons implantés en limite séparative ;

- le projet méconnaît les articles 1.1.1 et 2.2 du PPRI ;

- il méconnaît enfin les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 10 février et 20 juin 2023, la commune de Bry-sur-Marne, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans le dernier état de ses écritures, elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, M. et Mme D, représentés par Me Giorno, concluent au rejet de la requête, à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme A une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce qu'il soit infligé à M. et Mme A une amende de 10 000 euros pour recours abusif sur le fondement des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir, et font valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Une note en délibéré a été enregistrée le 10 octobre 2024 pour le compte de M. et Mme A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Prissette,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- les observations de Me Balme Leygues, représentant M. et Mme A,

- et les observations de Me Giorno, représentant M. et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 5 mai 2022, le maire de Bry-sur-Marne a délivré à M. et Mme D un permis de construire une maison individuelle située 67, rue de la République. Par des courriers des 9 et 13 juin 2022, reçus les 14 et 18 juin suivants, M. et Mme A ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Leur recours a été rejeté par une décision du 11 juillet 2022. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du 5 mai 2022, ensemble la décision du 11 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire [] est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal. / () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 de ce dernier code dans sa rédaction alors applicable : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. / Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. () / La preuve de la réception des actes par le représentant de l'Etat dans le département ou son délégué dans l'arrondissement peut être apportée par tout moyen. L'accusé de réception, qui est immédiatement délivré, peut être utilisé à cet effet mais n'est pas une condition du caractère exécutoire des actes. () ". Selon l'article R. 2122-7 de ce code : " La publication des arrêtés du maire peut être constatée par une déclaration certifiée du maire. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 13 juillet 2020, le maire de Bry-sur-Marne a donné délégation " de fonction et de signature " à M. H F, premier adjoint au maire et auteur de l'arrêté en litige, notamment dans le domaine de l'urbanisme. Cet arrêté comporte l'accusé de réception du service de l'Etat chargé du contrôle de légalité, duquel il résulte qu'il a été transmis et reçu le 13 juillet 2020. De plus, le maire de Bry-sur-Marne a attesté de la régularité de la publication de l'arrêté du 13 juillet 2020 par voie d'affichage en mairie le 13 juillet 2020 pour une durée de deux mois. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 5 mai 2022 doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande :

4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ; / () ".

5. D'une part, M. et Mme A soutiennent qu'aucun engagement signé par le maître d'ouvrage à respecter la réglementation thermique n'a été joint au dossier de demande de permis de construire. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les pétitionnaires ont joint à leur demande d'autorisation le formulaire d'attestation de la prise en compte de la réglementation thermique. Si les requérants soutiennent que le nom du signataire de ce formulaire n'est pas identifiable, il a été établi par les pétitionnaires, maîtres d'ouvrage du projet, qui ont coché la case du formulaire Cerfa attestant du respect de la réglementation thermique, et la signature de l'attestation de prise en compte de la réglementation est identique à celle qui figure sur le dossier de demande dans la case " engagement du (ou des) demandeurs ", ce qui certifie l'exactitude de tous les documents joints à la demande.

6. D'autre part, si M. et Mme A soutiennent que l'attestation de prise en compte de la réglementation thermique " RT 2012 " jointe au dossier a été établie au regard de la réglementation antérieure au décret du 29 juillet 2021 applicable aux demandes de permis de construire présentées à partir du 1er janvier 2022, et serait insuffisante au regard de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme pour attester du respect des exigences de performance énergétique, ces dernières dispositions, dans leur rédaction issue du décret du 30 novembre 2021 relatif aux attestations de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale et à la réalisation d'une étude de faisabilité relative aux diverses solutions d'approvisionnement en énergie pour les constructions de bâtiments en France métropolitaine, ne trouvent toutefois à s'appliquer qu'aux projets faisant l'objet d'une demande de permis de construire déposée à compter du 1er janvier 2022, comme le précise l'article 3 de ce décret.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les pétitionnaires ont déposé leur demande de permis de construire le 23 décembre 2021. S'ils ont complété leur demande le 11 mars 2022, par des pièces reçues en mairie le 14 mars 2022, cette circonstance est sans incidence sur les dispositions applicables à la procédure d'instruction de la demande de permis, qui sont celles en vigueur à la date de la demande de permis de construire en vertu de l'article R.172-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa version alors applicable. Les pétitionnaires n'avaient donc pas à prendre en compte les exigences de performance énergétique au regard de la nouvelle réglementation " RE 2020 ". Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier au regard de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être écarté.

8. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / () / ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / () ".

9. Contrairement à ce que M. et Mme A soutiennent, la notice architecturale jointe au dossier de demande décrit l'état initial du terrain, notamment son profil plat, et ses abords, y compris les éléments paysagers existants, puisqu'elle précise que la parcelle est bâtie d'une maison d'habitation ancienne, qu'elle comprend trois arbres et qu'elle est située dans une zone " plan de prévention du risque inondation ". La même notice, qui décrit les constructions projetées, indique également les éléments qui seront conservés, créés, modifiés et détruits. Si elle ne mentionne pas la destruction des deux cabanons, leur démolition est visible sur le plan de masse et le plan des démolitions. La notice décrit également avec précision les matériaux et couleurs qui seront utilisés et l'implantation du projet par rapport à l'alignement et les limites séparatives. Partant, le dossier de demande est conforme aux dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme.

10. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. ".

11. En l'espèce, le dossier de demande comprend les deux photographies, de l'environnement proche, qui permet de représenter l'implantation de la construction par rapport aux constructions avoisinantes, et de l'environnement lointain, exigées par le d) de l'article R. 431-10 précité. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que les dispositions de cet article auraient été méconnues.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ".

13. En l'espèce, le plan de masse fait apparaître un tracé représentant le raccordement aux réseaux publics. À cet égard, la notice descriptive et paysagère précise que " les branchements (eau potable, électricité, téléphone, EU/EV, fibre optique) seront réalisés en souterrain sur la Rue de la République. Les eaux pluviales seront dirigées vers un puisard individuel implanté sur la parcelle à l'arrière de la construction projetée ". Dès lors, le dossier de demande est conforme aux dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme.

14. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 2.1 des dispositions applicables à la zone orange du plan de prévention des risques inondations : " les cotes des plans figurant dans les demandes d'autorisation ou de permis de construire seront rattachées au Nivellement General de la France (cotes NGF) dans le système dit " normal " ou " NGF 69) ".

15. Contrairement à ce que M. et Mme A soutiennent, l'ensemble des documents figurant au dossier de demande de permis de construire sont cotés, conformément aux exigences de cet article.

16. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet architectural joint à la demande de permis de construire de M. et Mme D souffrirait d'insuffisances. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier soulevé en ce sens doit être écarté dans toutes ses branches.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement de la zone UE/UEA du PLU et de l'article 1.3.1 du règlement de la zone orange du PPRI :

17. Aux termes de l'article 4.1 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme de Bry-sur-Marne : " l'emprise au sol des constructions (annexes comprises) ne pourra excéder 40% de la superficie du terrain en secteur UE () Dans les secteurs à risque d'inondation, cette emprise au sol sera réduite pour tenir compte des prescriptions contenues dans les documents graphiques et réglementaires du PPRI " Marne et Seine " en vigueur ". Aux termes de l'article 4.2 de ce règlement : " les balcons situés à plus de 2.00 m de hauteur par rapport au terrain naturel ne seront pas comptés dans la surface d'emprise au sol ". Le règlement du plan local d'urbanisme définit le coefficient d'emprise au sol comme " le rapport de la surface occupée par la projection verticale du volume hors œuvre de la construction à la surface de la parcelle ". Il précise que " sont exclus du calcul de la surface de l'emprise au sol de la construction les saillies, les avancées de toiture, les balcons ou loggias d'un débord au plus égal à 0.8 mètre par rapport à la façade ou au pignon sur lequel ils se situent, les éléments de modénature et éléments architecturaux, les débords de toiture lorsqu'ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou des encorbellements, les oriels, les sous-sols, les escaliers et les accès au sous-sol. () ".

18. Aux termes de l'article 1.3.1 du règlement du plan de prévention des risques inondations de la Marne et de la Seine, s'agissant des constructions nouvelles à usage d'habitation : " l'emprise réelle au sol inondable, telle que définie au titre I, chapitre 4 - définition 7 du présent règlement, est limitée à 30 % en zone orange foncé () ". Le règlement du plan de prévention des risques inondations définit l'emprise réelle au sol inondable comme " la projection verticale des bâtiments au sol ". Ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'emprise réelle au sol inondable " tous bâtiments ou parties de bâtiments, construits au-dessus des Plus Hautes Eaux Connues (P. H. E. C) sur une structure de type pilotis ou en encorbellement, ne portant pas atteinte aux capacités d'écoulement et de stockage des eaux ".

19. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet a une superficie de 304 m2. Les pétitionnaires ont déclaré une emprise au sol égale à 38, 29 % de la superficie du terrain et, après exclusion de l'emprise de la terrasse sur pilotis et des balcons en saillie, une emprise réelle au sol inondable égale à 27, 61 % de la superficie du terrain.

20. M. et Mme A soutiennent que la rampe d'accès au garage, d'une surface de 20, 545 m2, aurait dû être prise en compte dans le calcul tant de l'emprise au sol que de l'emprise réelle au sol inondable. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de coupe, que la rampe d'accès au garage partiellement enterré, qui constitue un accès au sous-sol expressément exclu à ce titre du calcul du coefficient d'emprise au sol par l'article 4.2 du règlement cité au point 17, se situera entièrement sous le niveau du terrain naturel, de sorte qu'elle ne peut être regardée comme une construction susceptible de créer de l'emprise au sol. Dès lors, c'est à bon droit que les pétitionnaires n'ont pas tenu compte de la surface de cette rampe d'accès pour calculer l'emprise au sol du projet. Eu égard à la définition qui en est donnée par le règlement du plan de prévention des risques inondations, les requérants ne sont pas davantage fondés à soutenir, s'agissant de l'emprise réelle au sol inondable, que ce même chemin d'accès créerait de l'emprise " en creux " dont le pétitionnaire devait tenir compte, alors qu'il ne comprend aucun volume " au sol " qui pourrait être projeté verticalement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du plan local d'urbanisme et du plan de prévention des risques inondations précitées doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme :

21. Aux termes de l'article 5 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme de Bry-sur-Marne : " la hauteur maximale des constructions ne pourra excéder 11 mètres au faitage et 9 mètres en cas de toit terrasse ". Le règlement du plan local d'urbanisme qui décrit les conditions de mesure de la hauteur des constructions, a notamment précisé " la hauteur maximum des constructions se mesure au niveau du terrain naturel au point le plus élevé du bâtiment. () Pour les constructions à toiture en pentes, la hauteur au point le plus élevé correspond à la hauteur au faitage. () Le niveau du terrain naturel est le niveau du terrain avant tous travaux d'affouillement et d'exhaussement. Pour les terrains en pente, la hauteur se calcule à partir du point médian de la construction ".

22. En l'espèce, la notice descriptive précise que " la hauteur / TN le plus en aval est de 10, 94 mètres ". Le plan de coupe fait apparaître une hauteur au faitage de 48, 51 NGF, en prenant comme point de référence un niveau du terrain naturel égal à 37, 57 NGF. Si, ainsi que le soutiennent les requérants, le niveau du terrain naturel au point médian de la construction n'est pas précisé, il ressort du même plan de coupe que le terrain d'assiette du projet est représenté en légère pente, et que le niveau du terrain naturel se situe au point médian entre 37, 57 NGF et 37, 51 NGF, cette dernière valeur correspondant au niveau du terrain naturel à l'alignement de la rue de la République. En se bornant à se prévaloir de cotes NGF repérées sur le plan de masse, M. et Mme A n'établissent pas que le niveau du terrain naturel au point médian de la construction serait inférieur à 37, 57 NGF, de sorte que la hauteur au faitage déclarée de 10, 94 mètres serait inexacte. En tout état de cause, cette hauteur au faitage est susceptible de mesurer au plus 11 mètres, en prenant comme point de référence le niveau le plus bas du terrain naturel représenté sur le plan de coupe et situé à 37, 51 NGF, conformément à ce que permettent les dispositions précitées de l'article 5 du plan local d'urbanisme. M. et Mme A ne sont donc pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les règles relatives à la hauteur maximale des constructions. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de l'article 9 du règlement de la zone UE/UEA du PLU :

23. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Aux termes de l'article 9.1.2 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme : " les différents murs d'un bâtiment y compris les annexes, qu'ils soient aveugles ou non de la voie publique, doivent être construits en matériaux de même nature ou ayant entre eux une suffisante parente d'aspect et de couleur. Ils devront présenter un aspect convenable et donner des garanties de bonne conservation ". Aux termes de l'article 9.1.3 du même règlement : " l'architecture des constructions et des clôtures doit être conçue en harmonie avec le bâti environnant ".

24. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

25. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier que la zone d'implantation du projet se caractérise par une majorité de pavillons individuels, d'époques de construction relativement récente. Il s'agit pour la plupart de maisons individuelles avec toiture à deux pans, recouvertes d'enduits clairs, bien que certaines maisons en meulières soient également présentes dans le secteur. D'autre part, si la construction projetée possédera un niveau supplémentaire par rapport au pavillon destiné à être démoli, son gabarit n'est néanmoins pas hors de proportion avec les constructions avoisinantes. En outre, s'agissant de l'aspect extérieur de la construction, la notice descriptive du projet précise que " les murs extérieurs seront recouverts pour partie d'un enduit gratté avec joints creux () ton blanc cassé () avec modénatures en enduit gratté ton gris clair et pour partie d'un parement pierre de ton gris clair, la façade Sud comportera un soubassement en parement pierre ton gris clair ". Dès lors, les matériaux utilisés présentent une certaine linéarité d'aspect et de couleurs, conformément à ce qu'exige l'article 9.1.2 précité du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme. Eu égard à ces caractéristiques, et alors qu'il ressort au demeurant des propres écritures de M. et Mme A que " les bâtiments avoisinants sont enduits de blancs ou en pierre meulières ", les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet serait insusceptible de s'intégrer harmonieusement à son environnement proche. Il suit de là que le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles 6 et 7 du règlement de la zone UE/UEA du PLU :

26. Aux termes de l'article 6.1 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme : " les constructions devront s'implanter avec un recul de 5 mètres minimum de l'alignement actuel ou futur (lorsqu'un élargissement est prévu) des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique et emprises publiques ". Aux termes de l'article 7.1 du même règlement " L'implantation des constructions devra tenir compte de l'orientation, de la topographie des lieux et de l'implantation des constructions voisines () ". Aux termes de l'article 7.2 de ce règlement : " L'implantation des constructions devra se faire avec un retrait obligatoire de 2, 50 mètres sur au moins une des limites latérales, dans la bande constructible de 20 mètres comptée à partir de la marge de recul de 5 mètres ".

27. Les articles 6.5 et 7.10 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme, prévoient respectivement " des implantations différentes seront autorisées : - pour des raisons d'harmonie et d'architecture ; - pour permettre l'intégration harmonieuse dans le tissu existant - pour tenir compte de l'implantation des constructions existantes ; - pour tenir compte de la configuration des parcelles existantes avant division ; - pour permettre l'amélioration des constructions existantes " et " des implantations différentes seront autorisées : - pour des raisons d'harmonie et d'architecture ; - pour permettre l'intégration harmonieuse dans le tissu existant - pour tenir compte de l'implantation des constructions existantes ; - pour tenir compte de la configuration des parcelles existantes avant division, et notamment pour les unités foncières existantes à la date d'approbation du PLU disposant d'une longueur de façade inférieure à 8 mètres, la construction pourra s'implanter sur les deux limites séparatives. ; - pour permettre l'amélioration des constructions existantes ".

28. Il ressort des pièces du dossier, que, conformément à ce qu'exigent les articles 6.1 et 7.1 du règlement du PLU, la construction projetée prévoit une implantation avec un recul de 5, 87 mètres de la voie publique, en mitoyenneté avec la propriété des requérants. Un retrait de 3.85 mètres minimum est prévu sur l'autre limite latérale. M. et Mme A soutiennent qu'une dérogation aux règles d'implantation s'imposait, ainsi que le permettent les dispositions citées au point précédent des articles 6.5 et 7.10 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme, pour permettre l'intégration harmonieuse de la construction dans le tissu existant Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 25 du présent jugement que le projet est conforme aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'insertion des constructions dans leur environnement. Si les requérants reprochent aussi au maire de ne pas avoir tenu compte de l'implantation des constructions existantes et notamment de la leur, la seule circonstance que le projet emporterait des incidences sur la vue et la lumière des époux A n'est pas à elle seule de nature à démontrer que le maire aurait entaché son arrêté d'illégalité en n'accordant pas de dérogation sur ce point. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Bry-sur-Marne aurait méconnu les dispositions des articles 6.5 et 7.10 du règlement du plan local d'urbanisme et qu'en n'accordant pas une implantation dérogatoire, il aurait méconnu le champ de sa compétence et entaché son arrêté d'erreur de droit.

29. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des articles 6.5 et 7.10 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7.8 de la zone UE/UEA du plan local d'urbanisme :

30. Aux termes de l'article 7.8 du règlement de la zone UE/UEA du plan local d'uranisme : " les terrasses et balcons en limite séparative ou à moins de 8 mètres de ces limites, devront présenter un dispositif fixe formant écran d'au moins 1.9 mètres de hauteur (mur, paroi translucide, écrans bois) ".

31. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de façades, que la terrasse comprendra un pare-vue formant écran mesurant 1,9 mètres de hauteur, conformément aux dispositions de l'article 7.8 du règlement du plan local d'urbanisme précité. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette hauteur a bien été mesurée en prenant comme niveau de référence le niveau du plancher réel de la terrasse. Aucune disposition réglementaire n'imposait que cette hauteur soit mesurée en prenant comme référence le niveau du plancher intérieur du rez-de-chaussée. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles 1.1.1 et 2.2 du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation :

32. D'une part, aux termes de l'article 1.1.1 des dispositions applicables en zone orange du plan de prévention des risques inondations : " sont interdits () la construction de sous-sols ou le changement d'affectation des locaux situés en sous-sols pour un usage autre que le stationnement à l'exception des locaux liés à la prévention et à la gestion des inondations () ".

33. L'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.

34. Les requérants soutiennent que le sous-sol prévu par le projet, qui comprendra une porte de garage et une porte d'entrée côté rue, ainsi que deux fenêtres, une porte-fenêtre et une porte côté jardin, ne serait pas uniquement à usage de stationnement et aurait vocation à devenir une pièce d'habitation. Toutefois, les dispositions précitées, qui font seulement obstacle à ce qu'un sous-sol soit destiné à un usage d'habitation, n'interdisent pas qu'un accès aux pièces habitables soit créé depuis les locaux à usage de stationnement. En tout état de cause, l'arrêté attaqué est assorti d'une prescription à son article 4, en vertu de laquelle " il est rappelé au pétitionnaire que le Rez-de-Jardin ne doit être dévolu exclusivement qu'à l'entrée et aux stationnements. Il ne doit en aucun cas constituer un espace habitable ". Enfin, la circonstance que le pétitionnaire pourrait affecter cet espace à une autre destination que le stationnement demeure sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué ainsi qu'il a été dit au point précédent, les éléments au dossier ne laissant pas présumer de l'existence d'une fraude, qui n'est même pas alléguée par les requérants.

35. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ". Aux termes de l'article A424-8 du même code : " () / Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. (). ".

36. Si les requérants soutiennent que la commune de Bry-sur-Marne ne s'est pas assurée du respect par le projet en litige des règles de l'article 2.2 des dispositions applicables en zone orange du plan de prévention des risques inondations, cet article énonce des règles de construction qui ne sont pas au nombre des règles d'urbanisme dont la délivrance d'un permis de construire a pour objet de sanctionner le respect. En tout état de cause, les requérants n'établissent ni même n'allèguent que ces règles de construction auraient été méconnues par le projet, alors que l'arrêté en litige comporte à l'article 4 des prescriptions rappelant aux pétitionnaires leur contenu.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

37. Enfin, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

38. M. et Mme A soutiennent qu'eu égard à sa configuration, le projet aurait dû faire l'objet d'un refus sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison du risque d'inondation auquel le secteur est soumis. Toutefois, en se bornant à se prévaloir de la méconnaissance du règlement du plan de prévention du risque inondation, alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le projet est conforme aux dispositions de ce règlement, sans établir ni même alléguer que le respect de ces dispositions serait insuffisant, les requérants ne démontrent pas l'existence d'un risque au sens de l'article R. 111-2 précité du code de l'urbanisme.

39. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 5 mai 2022. Leurs conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles dirigées contre la décision rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions tendant à ce qu'une amende pour recours abusif soit infligée aux requérants :

40. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".

41. La faculté prévue par ces dispositions constitue un pouvoir propre du juge, de sorte que les bénéficiaires du permis de construire en litige ne sont pas fondés à présenter une demande à ce titre. En tout état de cause, le recours présenté par M. et Mme A ne présente pas un caractère abusif.

Sur les frais liés au litige :

42. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bry-sur-Marne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

43. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Bry-sur-Marne et une somme de 1 000 euros à verser à M. et Mme D au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront une somme de 1 000 euros à la commune de Bry-sur-Marne et une somme de 1 000 euros à M. et Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. G A et Mme E A, à la commune de Bry-sur-Marne ainsi qu'à M. B D et Mme C D.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gougot, présidente,

M. Duhamel, premier conseiller,

Mme Prissette, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

La rapporteure,

L.PRISSETTE

La présidente,

I. GOUGOTLa greffière,

M.NODIN

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions