jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207298 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ-RODRIGUEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juillet 2022 et le 27 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Sanchez Rodriguez, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à l'administration de communiquer les éléments relatifs à l'authentification des signataires de l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 4 avril 2022 ;
2°) d'annuler la décision en date du 21 juin 2022, par laquelle la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays de destination ;
3°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de procéder au réexamen de sa situation sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
4°) de condamner l'autorité administrative à verser la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'erreur de droit, en tant que la préfète s'est estimée liée par l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et n'a pas exercé le pouvoir d'appréciation dont elle dispose ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale, l'administration n'ayant pas transmis les éléments permettant de vérifier l'authenticité des signatures apposées sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant délai de départ volontaire :
- elle est illégale car fondée sur une décision de retour illégale.
Sur la décision fixant le Maroc comme pays de renvoi :
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pradalié,
- et les observations de Me Sanchez-Rodriguez, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 10 mars 1992, est entré en France le
9 novembre 2019 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa C de 90 jours à entrées multiples. Le 13 janvier 2022, il a sollicité son admission au séjour au titre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 21 juin 2022, la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée ".
3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
4. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que la préfète du Val-de-Marne a procédé à un examen de la situation notamment médicale, privée et familiale du requérant. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit, en tant que la préfète s'est estimé liée par l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et n'a pas exercé le pouvoir d'appréciation dont elle dispose.
5. En deuxième lieu, M. A soutient être atteint de spondylarthrite axiale et périphérique non contrôlée, ayant provoqué une méningite lymphocytaire, dont la prise en charge vise à enrayer la douleur et l'évolution de la maladie. Il ajoute que son traitement a impliqué des hospitalisations, des traitements médicamenteux, des explorations biologiques et radiologiques. Toutefois, s'il est constant que le défaut de prise en charge médicale pourrait entrainer pour M. A des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le requérant ne produit aucun élément précis et probant de nature à remettre en cause l'appréciation du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'agissant de la possibilité pour lui d'accéder effectivement à des soins appropriés dans son pays d'origine. A cet égard, l'attestation médicale en date du 10 janvier 2022 produite par le requérant se borne à affirmer sans plus de précision que le traitement approprié ne peut être dispensé dans le pays d'origine, alors même que les pièces versées au dossier, et notamment les ordonnances et compte-rendu d'hospitalisation ne permettent pas d'identifier le traitement qui était encore dispensé à M. A à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de " l'erreur manifeste d'appréciation " doivent être écartés.
6. En troisième lieu, si M. A soutient que la décision préfectorale portant refus de titre de séjour est illégale, en tant que l'administration n'a pas transmis les éléments permettant de vérifier l'authenticité des signatures apposées sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, il ressort des pièces du dossier que l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 4 avril 2022 porte les noms et signatures des médecins membres du collège, sans que M. A ne soulève aucun élément susceptible de remettre en question leur identité, la forme de l'arrêté ou la procédure suivie. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté, sans qu'il soit besoin d'enjoindre à l'administration de communiquer les éléments relatifs à l'authentification des signataires de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 4 avril 2022.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
7. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que préfète du Val-de-Marne a procédé à un examen de la situation notamment médicale, privée et familiale du requérant. En outre, M. A, dont l'entrée en France, au mois de novembre 2019, est récente, ne conteste pas qu'il est célibataire et sans personne à charge et que sa mère réside toujours dans son pays d'origine. Par suite, et alors que la préfète du Val-de-Marne n'était pas tenue de faire mention de la présence en France du père et des frères du requérant, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation, ni que la même décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision portant délai de départ volontaire :
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, qui n'est pas illégale.
Sur la décision fixant le Maroc comme pays de renvoi :
9. Il résulte des éléments figurant aux points 5 et 7 que M. A, d'une part au regard de l'état de santé du requérant et de la possibilité pour lui de bénéficier de soins adaptés dans son pays d'origine, d'autre part au regard de sa vie privée et familiale, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 5 juillet, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Allègre, premier conseiller,
M. Pradalié, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
G. PRADALIE Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026