Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207862

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207862
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP SAIDJI & MOREAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A B, qui demandait la condamnation de la commune de Vitry-sur-Seine à lui verser 12 644,20 euros en réparation de préjudices résultant d'une faute dans la gestion de sa carrière. La requête a été jugée manifestement irrecevable car tardive : la décision implicite de rejet de sa demande préalable, née le 30 mai 2022, n'a pas été contestée dans le délai de deux mois prévu à l'article R. 421-2 du code de justice administrative, expirant le 1er août 2022, alors que la requête n'a été enregistrée que le 10 août 2022. L'ordonnance, fondée sur le 4° de l'article R. 222-1 du même code, a donc rejeté l'ensemble des conclusions de Mme B, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 août 2022, Mme A B, représentée par Me Frigui, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Vitry-sur-Seine à lui payer la somme de 7 644,20 euros en réparation de son préjudice financier et la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral, résultant de la faute commise dans la gestion de sa carrière ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vitry-sur-Seine le versement de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2023, présenté par Me Moreau, la commune de Vitry-sur-Seine, représenté par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que le versement de la somme de 1 500 euros soit mis à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du code justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ". Aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " () Sauf dispositions contraires du présent code, celui-ci est applicable aux relations entre l'administration et ses agents. ". Et aux termes de l'article L. 112-2 du même code, inséré dans la sous-section 2 intitulée " Délivrance d'un accusé de réception par l'administration " : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. ".

2. Il résulte de l'instruction que par courrier reçu le 30 mars 2022, Mme B a demandé au maire de Vitry-sur-Seine, lequel n'était pas tenu d'en accuser réception en vertu des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, le paiement par la commune de Vitry-sur-Seine de la somme globale de 12 644,20 euros en réparation de la faute commise par cette dernière dans la gestion de sa carrière. Une décision implicite de rejet est née le 30 mai 2022, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le maire a, par un courrier postérieur du 10 juin 2022, accusé réception de la demande préalable de Mme B. Cette dernière n'a pas contesté cette décision implicite de rejet dans le délai de recours contentieux de deux mois fixé à l'article R. 421-2 du code justice administrative, expirant en l'espèce le lundi 1er août 2022. Il s'ensuit que la requête, enregistrée le 10 août 2022 est manifestement tardive et peut, ainsi, être rejetée en application du 4° de l'article R. 222-1 du code justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Vitry-sur-Seine.

Fait à Melun, le 9 octobre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

I. BILLANDON

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,