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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2207985

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207985

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207985
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation15ème chambre
Avocat requérantCACAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 août 2022 sous le n° 2207985, M. B A, représenté par Me Cacan, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 avril 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger son permis de conduire turc contre un permis de conduire français. ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que son permis de conduire turc a été obtenu en toute légalité, ainsi qu'il ressort des documents officiels qu'il s'est procuré sur le site E-DEVLET, site officiel de l'administration en Turquie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête en faisant valoir que suite à l'examen du titre de conduite turc du requérant effectué par l'antenne de Nantes de la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité (DEFDI) rattachée à la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF), il ressort que ce titre est frauduleux.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- le code de la route ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 relatif à la reconnaissance et à l'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union Européenne ni à l'Espace Economique Européen ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Mme Deleplancque, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.

Ni le requérant, ni le ministre de l'Intérieur ne sont présents ou représentés.

1. M. B A, ressortissant turc né le 10 novembre 1986, a sollicité le 2 juillet 2021 des services de la préfecture de la Loire-Atlantique qu'il soit procédé à l'échange de son permis de conduire turc contre un titre de conduite français. Par décision du 12 avril 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange sollicité au motif que le permis de conduire turc du demandeur est une contrefaçon. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de cette décision préfectorale.

2. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, après avis du ministre de la justice et du ministre chargé des affaires étrangères. Au terme de ce délai, ce permis n'est plus reconnu et son titulaire perd tout droit de conduire un véhicule pour la conduite duquel le permis de conduire est exigé. " Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 12 janvier 2012 susmentionné : " Tout permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen est reconnu comme valable en France et peut être échangé contre un permis français de la (ou des) catégorie(s) équivalente(s) lorsque les conditions définies ci-après sont remplies. " Aux termes de l'article 7 du même arrêté : " A. - Avant tout échange, l'autorité administrative compétente s'assure de l'authenticité du titre de conduite et, en cas de doute, de la validité des droits. / B. - Pour vérifier l'authenticité du titre de conduite, l'autorité administrative compétente sollicite, le cas échéant, l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire. / C. - Si l'authenticité du titre de conduite est établie, celui-ci peut être échangé sous réserve de satisfaire aux autres conditions. () / E. -Si le caractère frauduleux du titre est établi, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par l'autorité administrative compétente, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant. "

3. Au soutien de ses conclusions à fin d'annulation, M. A ne soulève qu'un seul moyen ; il soutient que, contrairement à ce que mentionne la décision litigieuse, son permis de conduire turc a été obtenu en toute légalité, ainsi qu'il ressort des documents officiels qu'il s'est procuré sur le site E-DEVLET, site officiel de l'administration en Turquie. Toutefois, il ressort des documents produits en défense par le préfet de la Loire-Atlantique, et plus précisément des deux rapports d'expertise de l'antenne de Nantes de la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité (DEFDI) rattachée à la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF) des 4 avril et 1er septembre 2022 que le permis de conduire turc présenté par M. A est non-conforme aux modèles recensés, le second rapport du 1er septembre 2022 détaillant sur 4 pages les diverses non-conformités relevées, notamment en ce qui concerne le fond d'impression, les mentions préimprimées et la numérotation fiduciaire figurant au verso du titre litigieux. M. A n'apporte aucun élément de nature à contredire utilement cette double expertise ; s'il se prévaut de documents obtenus sur le site E-DEVLET, site officiel de l'administration en Turquie, ceux-ci ne sont pas traduits en français. Il en résulte que l'unique moyen soulevé par M. A doit être écarté comme infondé.

4. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale du 12 avril 2022 seront écartées ; par voie de conséquence, seront également rejetées les conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024.

Rendu public après mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : C. FreydefontLa greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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