lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209526 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | SAGON LOEVENBRUCK LESIEUR LEJEUNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022 sous le n° 2209526, M. A B, représenté par Me Lejeune, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du ministre de l'Intérieur en date du 19 février 2022 constatant son solde de points nul et portant invalidation de son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui créditer les 4 points afférents au stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a effectué le 14 et 15 janvier 2022, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient qu'il a effectué un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 14 et 15 janvier 2022, soit antérieurement à la décision " 48 SI " du 19 février 2022 ; par suite, son permis aurait dû être crédité de 4 points supplémentaires, rendant son solde de points positifs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l'unique moyen soulevé par le requérant doit être écarté ; en effet, aucun stage de sensibilisation à la sécurité routière organisé par la préfecture de Seine-Saint-Denis ne s'est déroulé aux dates alléguées par M. B.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- l'arrêté du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser les stages de sensibilisation à la sécurité routière ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Deleplancque, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.
Ni le requérant, ni le ministre de l'Intérieur ne sont présents ou représentés.
1. Il résulte de l'instruction que M. A B, né le 17 mars 1981, s'est vu successivement retirer 18 points en tout à la suite d'infractions routières commises entre le 3 juin 2013 et le 7 janvier 2022. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 19 février 2022, constaté que son permis était devenu invalide et qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision " 48 SI " du 19 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. Lorsque le titulaire du permis de conduire a commis une infraction ayant donné lieu à un retrait de points égal ou supérieur au quart du nombre maximal de points et qu'il se trouve dans la période du délai probatoire défini à l'article L. 223-1, il doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction. " ; aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I.- Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. () / III- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. "
3. Aux termes de l'article 16 de l'arrêté du 26 juin 2012 fixant les conditions d'exploitation des établissements chargés d'organiser les stages de sensibilisation à la sécurité routière : " L'exploitant de l'établissement chargé d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière adresse au préfet : / 1° Au plus tard le 31 janvier de chaque année (N), un rapport complet d'activité au titre de l'année précédente (N-1) mentionnant : / a) Le calendrier des stages organisés et le nombre de stages annulés () " ; aux termes du I de l'article 17 du même arrêté : " Le contrôle complet des stages, opéré par les agents mentionnés à l'article R. 213-4, alinéa 1, du code de la route, est destiné à vérifier l'application du programme de formation défini à l'annexe 6 et le respect des obligations mises à la charge de l'exploitant de l'établissement chargé d'organiser des stages de sensibilisation à la sécurité routière ainsi que des animateurs. / Les contrôles des stages sont effectués, de manière inopinée, sous l'autorité hiérarchique de tutelle. "
4. Au soutien de ses conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " du 19 février 2022, M. B ne soulève qu'un seul moyen : il soutient qu'il a effectué un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 14 et 15 janvier 2022, soit antérieurement à la décision " 48 SI " du 19 février 2022 ; par suite, en application des dispositions des articles L. 223-6 et R. 223-8 précités du code de la route, son permis aurait dû être crédité de 4 points supplémentaires, rendant son solde de points positifs. Au soutien de son moyen il produit une attestation de suivi de stage établie par le centre de formation routière (CFR) sis au 112, avenue de Général de Gaulle à Rosny-sous-Bois (93110).
5. Toutefois, le ministre fait valoir en défense qu'aucun stage de sensibilisation à la sécurité routière n'a été organisé par la préfecture de Seine-Saint-Denis aux dates alléguées par M. B, à savoir les 14 et 15 janvier 2022. Le ministre produit à cette fin le planning d'intervention pour 2022 du CFR de Rosny-sous-Bois qui ne mentionne aucun stage à ces dates. Il s'ensuit que c'est à raison que le ministre n'a pas crédité le permis de conduire de M. B de 4 points supplémentaires, l'intéressé n'ayant pas pu suivre de stage de sensibilisation routière les 14 et 15 janvier 2022.
6. L'unique moyen de la requête étant écarté, les conclusions à fin d'annulation seront donc rejetées. Par voie de conséquence, seront également rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur le caractère abusif de la requête de M. B :
7. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. " Il résulte de ce qui précède qu'au soutien de son unique moyen, M. B a produit devant le juge administratif une attestation de stage qui s'avère être un faux. Si le droit à un recours effectif est une garantie essentielle de l'Etat de droit, il ne saurait en aucun cas signifier de la part des requérants le droit de produire de faux documents dans le but d'induire en erreur la juridiction administrative. Par suite, la requête de M. B doit être regardée comme présentant un caractère abusif au sens des dispositions précitées de l'article R. 741-12 du code de justice administrative. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application de ces dispositions en mettant à la charge du requérant une amende de 1 000 euros pour recours abusif.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Il est mis à la charge de M. B la somme de 1 000 euros pour recours abusif sur le fondement de R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026