lundi 11 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209533 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Chambre DALO |
| Avocat requérant | COUSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 septembre 2022 et le 24 février 2023, M. B A, représenté par Me Cousin D demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 6 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers frais et dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 300 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- par une décision du 30 juin 2016, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; par un jugement du 20 mars 2017, le tribunal
a enjoint sous astreinte à l'autorité préfectorale de lui attribuer un logement avant
le 1er mai 2017 ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis ; son logement n'est pas décent et ne mesure de 14 mètres carrés, alors que sa famille comporte quatre personnes ; l'allocation logement a été suspendue par la caisse des allocations familiales en raison du constat de non décence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête de M. A.
Elle fait valoir que :
- le requérant a bénéficié de quatre propositions de relogement, dont une proposition auquel il n'a pu être donné suite faute pour ce dernier de ne pas avoir constitué un dossier complet auprès de la commission d'attribution des logements car il manquait l'attestation de la caisse des allocations familiales ; le requérant avait été informé de ce qu'en cas de dossier incomplet son dossier ne serait pas étudié par la commission d'attribution des logements ; le tribunal administratif de Melun a jugé le 15 septembre 2020 qu'il devait être mis fin à l'astreinte en raison de ce que le requérant a fait obstacle à son relogement le 18 mars 2019 ;
- une première période d'engagement de la responsabilité de l'Etat a fait l'objet d'une indemnisation, à la suite du jugement de condamnation du 8 juillet 2019 ; cette indemnisation couvrait la période du 1er janvier 2017 au 7 février 2019 ;
- le requérant a été relogé le 13 février 2023 dans un logement de type T3 pour un loyer
de 310 euros ;
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
du 31 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement de type T2-T3, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 30 juin 2016 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Par un jugement du 20 mars 2017, le tribunal a enjoint au préfet du Val-de-Marne d'assurer le relogement de M. A avant le 1er mai 2017 sous astreinte de 450 euros par mois de retard. En l'absence de relogement, le tribunal a, par un jugement du 8 juillet 2019, condamné l'Etat à verser à M. A une indemnité de 3 000 euros, en réparation des préjudices subis en raison de son absence de relogement. Compte tenu de la persistance de la situation, M. A a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue
le 9 juin 2022, par la préfète du Val-de-Marne qui l'a rejetée implicitement. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme
de 6 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.
3. Il résulte de l'instruction que M. A s'est vu reconnaître le 30 juin 2016 un droit au logement opposable par la commission de médiation du Val-de-Marne pour le motif suivant : " logement sur-occupé et avec enfant mineur à charge ".
4. La préfète du Val-de-Marne fait valoir dans son mémoire en défense que M. A a bénéficié par un jugement du 8 juillet 2019 d'une première indemnisation pour défaut de relogement couvrant la période du 1er janvier 2017 au 7 février 2019.
5. D'une part, par un jugement n° 1806087 du 8 juillet 2019, le Tribunal administratif de Melun a condamné l'Etat à verser à M. A une indemnité de 3 000 euros en réparation des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence résultant de la carence fautive de l'Etat à le reloger au jour de cette décision de justice. Ainsi, M. A doit être regardé comme ayant été indemnisé de ses troubles dans les conditions d'existence et de son préjudice moral en raison de la carence fautive à le reloger ainsi que les membres de sa famille du 1er janvier 2017
au 7 juillet 2019. Dans ces conditions, il y a lieu dans la présente instance d'examiner la responsabilité de l'Etat pour carence fautive à reloger M. A et sa famille seulement à compter du 8 juillet 2019.
6. D'autre part, la préfète du Val-de-Marne verse aux débats un extrait de l'application " SYPLO " qui indique que le requérant s'est vu attribuer un relogement dans un appartement de type T3 situé au 84 bis rue du pont de Créteil à Saint-Maur-des-Fossés par la commission d'attribution des logements de la société anonyme " HLM Immobilière 3F " qui s'est réunie
le 7 février 2019 et que cette proposition assortie d'un rang de priorité n° 1 n'a pu aboutir en raison de ce que l'intéressé a fourni un dossier incomplet. En outre, la préfète produit au dossier une ordonnance du 15 septembre 2020 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Melun qui indique que la préfète du Val-de-Marne devait être regardé comme ayant exécuté le jugement du 20 mars 2017 lui enjoignant d'attribuer un logement à M. A aux motifs que ce dernier a fait obstacle à son propre relogement le 18 mars 2019. Cette ordonnance précise que M. A s'est vu proposer le 18 mars 2019 une offre de relogement dans un logement social adapté à ses besoins et à ses capacités, et que ce dernier n'a pas fourni au bailleur social un dossier complet en vue de l'examen de sa demande par la commission d'attribution des logements faute d'avoir fourni une attestation de la caisse des allocations familiales. Si le requérant a objecté dans cette instance, comme dans la présente instance, qu'il n'avait pas d'imprimante, que son assistante sociale était injoignable et que son épouse avait des problèmes de santé à cette époque, le magistrat désigné a estimé que M. A ne pouvait être regardé comme ayant justifié être dans l'impossibilité d'obtenir un duplicata de cette attestation. Par ailleurs, M. A, auquel le mémoire en défense a été communiqué, n'a pas apporté d'élément supplémentaire de nature à contredire l'extrait " SYPLO " et l'ordonnance du 15 septembre 2020. Dans ces conditions, si la responsabilité de l'Etat est susceptible d'être engagée à l'égard de M. A au titre de la carence fautive à le reloger, la période d'engagement de cette responsabilité doit être regardée comme s'achevant le 7 février 2019.
7. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de l'Etat engagée à l'égard
de M. A pour carence fautive à le reloger s'étant le 7 février 2019, le requérant n'est pas fondé à solliciter une indemnisation supplémentaire à ce titre pour la période débutant
au 9 février 2019. Ainsi, les conclusions présentées par M. A tendant à la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à compter
du 8 juillet 2019 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. En premier lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
9. En second lieu, en l'absence de justification de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
S. DELMAS
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2209533
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026