lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209795 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2022 sous le n° 2209795, M. B A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision référencée " 48 SI " du ministre de l'Intérieur en date du 27 septembre 2022 constatant son solde de points nul et portant invalidation de son permis de conduire ;
- les 15 décisions de retrait de points figurant dans cette décision " 48 SI " ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- il n'a jamais reçu notification des retraits de points litigieux ;
- il conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document " 48 SI " querellé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, le ministre de l'Intérieur conclut :
- au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation du retrait de points consécutif à l'infraction du 30 septembre 2020 ;
- au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Le ministre de l'Intérieur fait valoir que :
- le point retiré suite à l'infraction du 30 septembre 2020 a été restitué à M. A le 3 novembre 2021 ;
- les différents moyens soulevés sont infondés ; de plus, la réalité des infractions querellées est établie dans les conditions de l'article L. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 23 novembre 2022, M. A conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Les parties ont été informées, le 12 septembre 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation des retraits de points consécutifs aux infractions antérieures au 4 août 2021 sont tardives car introduites au-delà du délai raisonnable d'un an.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Deleplancque, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.
Ni le requérant, ni le ministre de l'Intérieur ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsR2IRestitutionRemarques25-10-2018V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM13-11-2018V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM29-11-2018V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI le 05-09-201906-06-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMAFM payée le 08-03-202229-06-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMAFM Payée le 08-03-202230-07-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI le 14-04-202029-09-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI le 14-07-202029-04-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI le 07-07-202130-09-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI le 03-11-202115-01-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMAFM : AR présenté le 22-07-202112-02-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM24-02-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM28-02-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM22-03-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM25-04-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMAFM : AR présenté le 29-09-2021TOTAL-15+5
1. Il résulte de l'instruction que M. B A, né le 19 août 1954, s'est vu successivement retirer un total de 15 points à la suite de 15 infractions routières commises respectivement les 25 octobre 2018, 13 et 29 novembre 2018, 6 et 29 juin 2019, 30 juillet 2019, 29 septembre 2019, 29 avril 2020, 30 septembre 2020, 15 janvier 2021, 12, 24 et 28 février 2021, 22 mars 2021 et 25 avril 2021. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 27 septembre 2022, constaté que son permis était devenu invalide et qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision " 48 SI " du 27 septembre 2022 et des 15 décisions de retrait de points y figurant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les 5 infractions des 29 novembre 2018, 30 juillet 2019, 29 septembre 2019, 29 avril 2020 et 30 septembre 2020 :
2. Il résulte du relevé d'information intégral (R2I) relatif à la situation du requérant au 21 novembre 2022, et produit par le ministre de l'Intérieur en défense, que les 5 points retirés suite aux 5 infractions des 29 novembre 2018, 30 juillet 2019, 29 septembre 2019, 29 avril 2020 et 30 septembre 2020 ont été restitués respectivement les 5 septembre 2019, 14 avril 2020, 14 juillet 2020, 7 juillet 2021 et 3 novembre 2021, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête. Ces décisions doivent donc être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'Intérieur antérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces décisions doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne les 10 autres infractions :
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. La règle énoncée ci-dessus, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient dès lors au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.
5. Il résulte du R2I relatif à la situation du requérant produit par le ministre de l'Intérieur en défense que M. A s'est vu attribuer 4 points supplémentaires sur son permis de conduire le 4 août 2021 à la suite de sa participation à un stage de sensibilisation à la sécurité routière. L'intéressé est donc présumé à l'occasion de ce stage avoir pris connaissance de son solde de points à cette date du 4 août 2021, et donc de tous les retraits de points figurant sur la décision " 48 SI " querellée relatifs à des infractions toutes antérieures au 4 août 2021. Par suite, en application du principe énoncé aux points 4 et 5, ses conclusions à fin d'annulation des retraits de points consécutifs aux infractions figurant dans la décision " 48 SI " doivent être rejetées comme ayant été introduites au-delà du délai de recours raisonnable d'un an.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des 15 retraits de points doivent être rejetées. Par suite, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " du 27 septembre 2022. Par voie de conséquence, seront également les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026