LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2209855

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2209855

lundi 11 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2209855
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre DALO
Avocat requérantDELGADO MARIE-ISABELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2022, Mme B F A, représentée par Me Delgado demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 25 200 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation, avec intérêt au taux légal à compter du 4 avril 2019 et capitalisation ;

2°) d'ordonner l'exécution provisoire du jugement à intervenir au regard de l'ancienneté de la décision rendue par la commission de médiation le 4 avril 2019 ;

3°) de condamner l'Etat aux entiers frais et dépens ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- par une décision du 4 avril 2019, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis ; elle est hébergée dans un logement de transition depuis 2014, puis en foyer depuis le 13 avril 2017 ; elle occupe une pièce de 13 mètres carrés incompatible avec sa vie sociale et le stockage de ses affaires ; ce local est envahi par les cafards ; la résidence est majoritairement occupée par des hommes (3 femmes sur les 25 chambres), ce qui l'oppresse ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requérante a refusé un relogement en juillet 2019 dans un logement de type T2 pour un loyer de 260 euros à Gentilly ; elle a refusé ce logement pour des motifs non impérieux, à savoir en raison de son asthme et d'une pathologie de la thyroïde, de ce que la cuisine et le séjour sont trop petits et que la cuisine donne sur le séjour ; en dépit de ce refus, l'administration lui a proposé un relogement dans un logement de type T1 à Arcueil, qui ne lui a pas été attribué car ce logement serait inadapté à son projet personnel ;

- l'angoisse que ressent la requérante en raison de la surreprésentation de la population masculine dans sa résidence sociale lui est imputable dans la mesure où elle se maintient dans cette situation du fait de son refus de relogement en juillet 2019.

Mme B F A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.

L'instruction a été clôturée après l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B F A a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence dans un logement de type T1, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 4 avril 2019 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. En l'absence de relogement, Mme F A a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 7 avril 2022, par la préfète du Val-de-Marne. Le silence conservé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par la requête susvisée, Mme F A demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 25 200 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.

3. Le refus, sans motif impérieux, d'une proposition de logement adaptée est de nature à faire perdre à l'intéressé le bénéfice de la décision de la commission de médiation, pour autant qu'il ait été préalablement informé de cette éventualité conformément à l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation.

4. La préfète du Val-de-Marne fait valoir que la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée pour carence fautive à reloger Mme F A dès lors que cette dernière a refusé un relogement en juillet 2019 dans un logement de type T2 correspondant aux besoins de son foyer et à ses capacités financières pour des motifs non impérieux.

5. D'une part, il résulte de l'instruction que Mme F A s'est vue reconnaître le 4 avril 2019 un droit au logement opposable pour un logement de type T1 par la commission de médiation pour le motif suivant : " logée dans un logement de transition, dans un logement foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale ". Par suite, l'administration était tenue d'une obligation de résultat de relogement de la requérante dans un délai de six mois à compter de l'édiction de la décision précitée, soit à compter du 4 octobre 2019.

6. D'autre part, la préfète verse aux débats un extrait de l'application " SYPLO " qui indique que la requérante s'est vue proposer le 26 juillet 2019 un relogement dans un appartement de type T2 au 162 rue Gabriel Péri à Gentilly à la suite de la réunion

du 30 septembre 2019 de la commission d'attribution des logements de la société anonyme " HLM Efidis ", et que Mme F A a refusé cette proposition sans motif impérieux. Or, il ressort de la page 2 de la décision du 4 avril 2019 de la commission de médiation que l'administration a prévenu la bénéficiaire de ce que " le refus d'une proposition adaptée " peut " faire perdre le caractère de priorité et d'urgence " du " relogement qui est reconnu commission de médiation ". Ainsi, la requérante ne pouvait ignorer les conséquences d'un refus de relogement, s'il n'était pas assorti de motifs impérieux. En outre, dans son mémoire en défense, la préfète soutient sans être contredite que la proposition de relogement a été refusée par la requérante pour deux séries de motifs tirés de son état de santé (asthme, pathologie de la thyroïde) et de l'aménagement du logement. Si Mme F A produit un certificat médical établissant qu'elle souffre d'une pathologie thyroïdienne et d'une pathologie hépatique chronique, elle ne démontre pas que ces pathologies étaient incompatibles avec l'accès ou l'occupation du logement proposé en juillet 2019. De même, si la requérante prétend que la cuisine et le séjour du logement proposé étaient trop petits et que la cuisine donnait sur le séjour, elle n'établit pas qu'en l'espèce ces circonstances constitueraient des motifs impérieux de nature à justifier un refus de relogement.

7. Enfin, en réponse au mémoire en défense et à ses pièces jointes, Mme F A a produit un bordereau de pièces enregistré le 6 septembre 2023. Si la requérante fait état de ce que la proposition de relogement du 23 juin 2021 concernant un logement de type T2 situé au 60 rue des Champs-Elysées à Arcueil n'a pu aboutir pour des raisons étrangères à sa volonté et de ce que la proposition de relogement du 13 janvier 2023 concernant un logement de type T1 situé au 5 rue Aspasie à Arcueil n'a pu aboutir en raison de ce que le projet de la résidence de relogement était " en inadéquation avec le projet de vie " de la requérante, ces circonstances sont sans incidence sur le refus de la proposition de relogement émis

le 26 juillet 2019. Dans ces conditions, que Mme F A n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité de l'Etat est engagée à son égard au titre de la carence fautive à la reloger.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme F A ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les autres conclusions :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Par principe, les jugements rendus par la juridiction administrative acquièrent l'autorité de chose jugée à partir de la date de leur lecture et deviennent exécutoires à compter de leur notification aux parties par le greffe et aucune disposition légale ou réglementaire n'instaure de dérogation s'agissant du présent litige.

10. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit ordonné, l'exécution provisoire du jugement à intervenir au regard de l'ancienneté de la décision rendue par la commission de médiation le 4 avril 2019, ne peuvent qu'être rejetées.

11. En deuxième lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

12. En troisième lieu, en l'absence de justification de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2023.

Le magistrat désigné,

S. DELMAS

La greffière,

M. E La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2209855

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions