mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210661 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARLU LAURENT SERY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2022, l'établissement public d'aménagement de Sénart (EPA Sénart), représenté par Me V Séry, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1° de désigner un expert avec pour mission de :
- prendre connaissance du programme de construction après communication de tous les documents techniques relatifs au projet ;
- convoquer les parties, au besoin par télécopie ou par courrier électronique avec demande d'avis de réception, en adressant copie par lettre simple aux avocats des parties ;
- se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
- se rendre sur le site du projet de construction en présence des parties ou celles-ci dûment appelées ;
- visiter le site du programme de construction ainsi que les immeubles, voies et trottoirs, réseaux, ouvrages publics ou autres éléments de construction constituant la propriété des défendeurs ;
Etat des existants :
- dresser un état des voiries publiques existantes et qui seront empruntées par les engins de chantier, et plus précisément la rue Maurice Creuset et la rue du Verger, uniquement à compter de l'angle de la rue Charles Monier jusqu'à l'intersection avec la rue du Verger, puis la rue du Verger jusqu'à la route de Saint-Leu ;
- visiter chacun des immeubles riverains et terrains voisin du site du chantier - voisin de la rue Maurice Creuset, et de la rue du Verger en parties communes et en parties privatives, d'une part, et des immeubles existants éventuellement sur le site, d'autre part ;
- donner son avis sur le risque éventuellement encourus par les immeubles et terrain des défendeurs en raison du mode opératoire prévu pour les travaux envisagés notamment par l'emprunt des engins de chantier de la rue Maurice Creuset et de la rue du Verger ;
- dresser tous états descriptifs et qualitatifs nécessaires desdits immeubles, voies et trottoirs, réseaux, ouvrages publics ou autres éléments de construction constituant la propriété des défendeurs et dire si, à son avis, ceux-ci présentent ou non des dégradations et désordres inhérents à leur structure, leur mode de construction, ainsi que leur mode de fondations ou leur état de vétusté, ou encore consécutifs à la nature du sous-sol sur lequel ils reposent et également, éventuellement, consécutifs aux travaux qui auront pu être entrepris au moment de l'expertise pour le compte de la demanderesse ;
- au cas où l'état des certains immeubles voisins nécessiteraient des mesures de suivi, de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, en préciser la consistance, le coût et la durée probable et fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, à la juridiction compétente, de déterminer les responsabilités encourues et les préjudices subis ;
- prendre toutes photographies utiles, faire vérifier tous réseaux enterrés et définir éventuellement les mesures préventives complémentaires de suivi des avoisinants à mettre en œuvre pendant les travaux ;
- dire, à son avis, s'il convient ou non, en cas d'urgence constatée et de réel danger, de procéder à la mise en place et à la réalisation de telles mesures de sauvegarde ou de travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de l'état qu'ils présentent actuellement ;
- apprécier tous problèmes de mitoyenneté, d'emprise et de voisinage que soulèverait l'exécution des travaux ;
Constatations de désordres rattachables aux travaux :
- procéder à toutes constatations utiles relatives aux désordres pouvant survenir en cours de chantier, en indiquer les causes et décrire les travaux à réaliser afin de faire cesser les désordres constatés et tout risque de dommages, en évaluer le coût ;
- d'une façon générale, fournir tous éléments techniques et de fait nécessaires à la juridiction compétente pour déterminer les responsabilités éventuellement encourues du fait de ces dommages survenus en cours de travaux ;
- A ces diverses fins, entendre tous sachants, se faire remettre toutes pièces par quiconque et, de façon générale, procéder à toute investigation utile.
2°dire qu'en cas de besoin, et pour procéder aux travaux estimés indispensables par l'expert judiciaire, la demanderesse ou toute autre partie plus diligente pourra éventuellement faire passer sur les propriétés voisines concernées ses architectes et entrepreneurs à telles fins techniques que l'expert judiciaire estimera nécessaires ou seulement utiles et qu'en cas de difficultés il vous en sera à nouveau référé ;
3° dire que l'expert dressera un compte rendu de ses constatations à l'issue de sa première visite ;
4° dire que l'expert judiciaire poursuivra sa mission jusqu'à l'achèvement des travaux, et déposera son rapport dans le délai d'un mois à compter de la clôture de ses opérations ;
5° dire que l'expert judiciaire sera saisi et effectuera sa mission conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R.621-14 du Code de justice administrative et qu'il déposera l'original de son rapport au greffe du tribunal de céans, dans le délai fixé ;
6° réserver les dépens.
Il soutient que :
- dans le cadre de l'exercice de ses compétences, il est chargé de la réalisation, en qualité de maître d'ouvrage, d'une opération d'aménagement de la ZAC Cesson Centre d'environ 4,4 hectares afin d'accueillir environ 415 logements sur le territoire de la commune de Cesson ;
- la première phase de la tranche 1 des travaux débutera en début d'année 2023 pour une durée d'environ 8 mois et consiste en la réalisation des travaux de viabilisation des lots E1-E2 (voieries et réseaux) ainsi que du bassin de rétention (parc du Verger) ;
- la seconde phase de la tranche 1 (travaux de finitions des voieries) aura lieu une fois que les travaux des lots seront finis ;
- l'opération envisagée aura lieu à proximité d'habitations, des infrastructures de voirie publique et des réseaux d'assainissement notamment ;
- elle va générer des contraintes liées notamment : au maintien d'une partie du terrain du verger ainsi que la création d'un jardin public qui participent à la modification dans la gestion des eaux de pluies ; à l'usage de la voirie publique ; à la présence d'habitations dans un espace direct ou plus ou moins proche ; à l'emprunt des rues Maurice Creuset et du Verger et leurs configurations : faible largeur et la proximité des habitations.
Par un mémoire, enregistré le 24 janvier 2023, la communauté d'agglomération Grand Paris Sud, représentée par son président en exercice dûment habilité, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves d'usage.
Elle fait valoir que :
- elle est gestionnaire de la voirie et concessionnaire des infrastructures électriques, de l'éclairage public extérieur et des réseaux d'assainissement situés à proximité de l'opération projetée ;
- elle n'entend pas s'opposer à la demande d'expertise à l'encontre de laquelle elle formule toutes les protestations et réserves d'usage.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal administratif de Melun a délégué M. L, premier vice-président, pour statuer sur les référés expertise.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ".
2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.
3. Dans le cadre de l'exercice de ses compétences, l'EPA de Sénart est chargé de réaliser, en qualité de maître d'ouvrage, sur le territoire de la commune de Cesson, l'opération d'aménagement de la ZAC Cesson Centre d'environ 4,4 hectares afin notamment de bâtir environ 415 logements, créer des liaisons douces, renforcer les cheminements piétons et mettre en place une gestion intégrée des eaux pluviales. En raison de sa proximité avec en particulier des habitations, des infrastructures de voirie publique et des réseaux d'assainissement et de l'utilisation de voies publiques, cette opération est susceptible de générer des contraintes et inconvénients pour les riverains des chantiers et les usagers de la voirie publique.
4. L'EPA de Sénart sollicite du juge des référés la désignation d'un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de constater et décrire l'état existant des immeubles voisins des chantiers et des infrastructures, réseaux et voies publics concernés par les travaux, ainsi que les éventuels désordres occasionnés lors ou à l'occasion des travaux d'aménagement eux-mêmes.
5. La demande d'expertise présentée par l'EPA de Sénart à raison de l'exécution de travaux publics n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative. Compte tenu des conséquences possibles des travaux envisagés sur les immeubles voisins des chantiers et sur les infrastructures, réseaux et voies publics, cette demande présente un caractère utile.
6. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à cette demande sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les protestations et réserves :
7. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de protestations ni de réserves. Par suite, les conclusions de la communauté d'agglomération Grand Paris Sud tendant à ce qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les frais et dépens de l'instance sont réservés.
O R D O N N E :
Article 1er : M. M I est désigné comme expert. Il aura pour mission de :
1° convoquer les personnes mentionnées à l'article 2 aux réunions d'expertise contradictoires ;
2° se rendre sur les lieux, d'entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;
3° visiter le site du programme de construction ainsi que les immeubles, voies et trottoirs, réseaux, ouvrages publics ou autres éléments de construction concernés par les travaux ;
4° prendre connaissance du programme de construction après communication de tous les documents techniques relatifs au projet ;
5° se faire communiquer tous autres documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;
6° constater et décrire l'état existant des immeubles voisins des chantiers et des infrastructures, réseaux et voies publics concernés par les travaux ;
7° décrire les risques de désordres susceptibles d'être occasionnés par les travaux et les mesures destinées à les prévenir ou atténuer ;
8° constater, décrire et expliquer les désordres occasionnés lors ou à l'occasion des travaux d'aménagement eux-mêmes ;
9° fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;
10° formuler toutes observations utiles ;
11° déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise à l'issue des travaux de démolition ci-dessus.
Article 2 : L'expertise se déroulera, en présence de l'expert désigné, au contradictoire de l'EPA de Sénart, de la commune de Cesson, de la communauté d'agglomération Grand Paris Sud, de l'établissement public foncier d'Ile-de-France, de la société Technys, de la société OTCI, de la société Atelier Tournesol, de M. et Mme C Y, de M. et Mme W D, de M. et Mme O AB, de M. et Mme X E, de M. et Mme AI AH, de M. et Mme S AD, de M. et Mme K F, de M. N AJ, de M. et Mme AF AA, de M. et Mme B T, de M. et Mme O J, de M. AE AC, de Mme AG Q, de M. U G, de M. et Mme V A, de M. et Mme R P, de Mme Z H, de la société Saraom et de la société Confluences.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.
Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra à la diligence de l'expert qui convoquera les personnes mentionnées à l'article 2.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires complets, dont un devra être rendu sous une forme numérisée, au greffe du tribunal dans le délai d'un mois à compter de la fin des travaux effectués par l'EPA de Sénart. Conformément à l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies numériques seront établies par l'expert et, sauf désaccord express de leur part, afin de limiter les frais de reproduction, leur notification devra être opérée sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par le demandeur et les personnes intéressées au moyen d'un procédé certifiant la réception de ces documents par son destinataire.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle. Les dépens sont donc réservés.
Article 7 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Grand Paris Sud relatives aux protestations et réserves sont rejetées.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EPA de Sénart, à la commune de Cesson, à la communauté d'agglomération Grand Paris Sud, à l'établissement public foncier d'Ile-de-France, à la société Technys, à la société OTCI, à la société Atelier Tournesol, à M. et Mme C Y, à M. et Mme W D, à M. et Mme O AB, à M. et Mme X E, à M. et Mme AI AH, à M. et Mme S AD, à M. et Mme K F, à M. N AJ, à M. et Mme AF AA, à M. et Mme B T, à M. et Mme O J, à M. AE AC, à Mme AG Q, à M. U G, à M. et Mme V A, à M. et Mme R P, à Mme Z H, à la société Saraom, à la société Confluences et à M. M I, expert.
Fait à Melun, le 1er mars 2023.
Le juge des référés
B. L
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026