mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2210793 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022 sous le n° 2210793, M. B A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision référencée " 48 SI " du ministre de l'Intérieur en date du 26 septembre 2022 constatant son solde de points nul et portant invalidation de son permis de conduire ;
- les 17 décisions de retrait de points figurant dans cette décision " 48 SI " ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- il n'a jamais reçu notification des retraits de points litigieux ;
- il conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document " 48 SI " querellé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, le ministre de l'Intérieur conclut :
- au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " du 26 septembre 2022 ;
- au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Le ministre de l'Intérieur fait valoir que :
- le requérant a récupéré 4 points suite à sa participation à un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui s'est déroulé les 30 septembre et 1er octobre 2022 ; par suite, son solde de points n'est plus nul ;
- les différents moyens soulevés sont infondés ; de plus, la réalité des infractions querellées est établie dans les conditions de l'article L. 223-1 du code de la route.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
M. Grand, rapporteur public, a été, sur sa proposition, dispensé de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Freydefont a été entendu au cours de l'audience publique, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience.
Ni le requérant, ni le ministre de l'Intérieur ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsR2IRestitutionRemarques17-03-2017Feu rougeContrôle automatisé-4AF27-03-2017-1OUI le 14-10-2017Irrecevable03-07-2017-1OUI le 19-03-2018Irrecevable09-01-2018-1OUI le 12-12-2018Irrecevable26-01-2018V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF07-11-2018-1OUI le 22-05-2019Irrecevable17-06-2019-1OUI le 07-07-2020Irrecevable29-07-2020V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF26-08-2020V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF22-09-2020-1OUI le 10-11-2021Irrecevable26-07-2021V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF14-11-2021V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF21-02-2022V ( 40 km/hContrôle automatisé-3AF28-02-2022V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AMAttestation comptable TCA : AFM réglée le 26-07-202224-03-2022V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF30-03-2022V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF13-06-2022V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AFTOTAL-22+6
1. Il résulte de l'instruction que M. A, né le 12 mars 1965, s'est vu successivement retirer 4, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 3, 1, 1, 1 et 1 points (soit 22 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 17 mars 2017, 27 mars 2017, 3 juillet 2017, 9 janvier 2018, 26 janvier 2018, 7 novembre 2018, 17 juin 2019, 29 juillet 2020, 26 août 2020, 22 septembre 2020, 26 juillet 2020, 14 novembre 2021, 21 février 2022, 28 février 2022, 24 mars 2022, 30 mars 2022 et 13 juin 2022. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 26 septembre 2022, constaté que son permis était devenu invalide et qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision " 48 SI " du 126 septembre 2022 et des 17 décisions de retrait de points y figurant.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte du relevé d'information intégral (R2I) afférent au permis de conduire de M. A, édité le 13 janvier 2023 et produit par le ministre en défense que, suite à la récupération de 4 points par M. A pour avoir participé à un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 30 septembre et 1er octobre 2022, le solde de points de son permis de conduire n'est plus nul puisqu'il s'établit à 5. Il s'en déduit que la décision " 48 SI " doit donc être regardée comme ayant été retirée par le ministre de l'Intérieur postérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ministérielle sont devenues sans objet ; il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3. Restent donc en litige les 17 décisions de retraits de points consécutives aux infractions mentionnées au point 1.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les 6 infractions des 27 mars 2017, 3 juillet 2017, 9 janvier 2018, 7 novembre 2018, 17 juin 2019 et 22 septembre 2020 :
4. Il résulte du R2I relatif à la situation du requérant au 13 janvier 2023, et produit par le ministre de l'Intérieur en défense, que les points retirés suite aux 6 infractions des 27 mars 2017, 3 juillet 2017, 9 janvier 2018, 7 novembre 2018, 17 juin 2019 et 22 septembre 2020 ont été restitués respectivement les 14 octobre 2017, 19 mars 2018, 12 décembre 2018, 22 mai 2019, 7 juillet 2020 et 10 novembre 2021, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête. Ces décisions doivent donc être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'Intérieur antérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces décisions doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne les autres infractions restant en litige :
5. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de M. A est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () ".
7. En application des dispositions précitées des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.
S'agissant des 10 infractions des 17 mars 2017, 26 janvier 2018, 29 juillet 2020, 26 août 2020, 26 juillet 2021, 14 novembre 2021, 21 février 2022, 24 mars 2022, 30 mars 2022 et 13 juin 2022 :
8. Il ressort du R2I afférent à la situation de M. A et produit par le ministre en défense que les 10 infractions des 17 mars 2017, 26 janvier 2018, 29 juillet 2020, 26 août 2020, 26 juillet 2021, 14 novembre 2021, 21 février 2022, 24 mars 2022, 30 mars 2022 et 13 juin 2022 ont été acquittées par le requérant au stade de l'amende forfaitaire, ainsi qu'il ressort de la mention " AF " figurant sur son R2I. Ainsi, celui-ci a nécessairement reçu les courriers du ministre de l'Intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements, courriers qui comportent l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que le requérant n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information s'agissant des 10 infractions des 17 mars 2017, 26 janvier 2018, 29 juillet 2020, 26 août 2020, 26 juillet 2021, 14 novembre 2021, 21 février 2022, 24 mars 2022, 30 mars 2022 et 13 juin 2022.
S'agissant de l'infraction du 28 février 2022 :
9. Il ressort du R2I afférent à la situation du requérant et produit par le ministre en défense que l'infraction du 28 février 2022 constatée par l'intermédiaire d'un radar automatique puis télétransmise au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA), a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée (AFM), ainsi que l'atteste la mention " AM " figurant sue le R2I. Par suite, un avis d'AFM comportant l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route a été adressé automatiquement au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation, soit en l'espèce M. A. Et le ministre rapporte la preuve de la réception par le requérant de cet avis d'AFM en produisant l'attestation de paiement au 26 juillet 2022 de l'AFM, attestation établie par le comptable public responsable de la trésorerie du contrôle automatisé (TCA) de Rennes. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable aux retraits de points sera écarté comme infondé s'agissant de l'infraction du 28 février 2022.
Sur les conclusions accessoires :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Aucune annulation n'étant prononcée par le présent jugement, les conclusions à fin d'injonction seront donc rejetées.
11. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A demande au titre des frais d'instance non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle référencée " 48 SI " du 26 septembre 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026