LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2211437

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2211437

mercredi 2 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2211437
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantMICHALLON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de M. et Mme A B, qui contestaient des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour 2015 et 2016. Ces impositions faisaient suite à la requalification de sommes perçues par M. A B comme des revenus distribués par la SARL BM Décoration, sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts. Le tribunal a écarté les moyens d'irrégularité de la procédure, jugeant la proposition de rectification suffisamment motivée et l'administration ayant répondu aux observations des contribuables. Il a également rejeté le fond du litige, considérant que les requérants n'établissaient pas que les sommes litigieuses correspondaient au remboursement d'avances.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 novembre 2022, M. D A B et Mme C A B, représentés par Me Michallon, demandent au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016.

Ils soutiennent que :

- la procédure est irrégulière dès lors que l'administration n'a pas répondu aux observations qu'ils ont présentées en réponse à la proposition de rectification du 3 octobre 2018 ;

- la proposition de rectification du 3 octobre 2018 est insuffisamment motivée ;

- ils sollicitent la communication des réponses formulées par la SARL BM Décoration ;

- les sommes imposées au titre des revenus de capitaux mobiliers correspondent au remboursement de sommes avancées par M. A B qui avait la qualité de conseiller commercial pour le compte de la société BM Décoration ;

- la majoration de 40 % est insuffisamment motivée et n'est pas justifiée en l'absence de manquement délibéré de leur part.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A B ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 12 mai 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 27 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jean,

- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de la vérification de comptabilité de la société à responsabilité limitée (SARL) BM Décoration, l'administration a, par une proposition de rectification n° 2120-SD en date du 3 octobre 2018, notifié à M. et Mme A B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016 en estimant qu'ils avaient bénéficié de sommes regardées comme distribuées sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts. Par la présente requête, M. et Mme A B demandent au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs du redressement envisagé. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.

3. M. et Mme A B soutiennent que la proposition de rectification du 3 octobre 2018 est insuffisamment motivée. Il résulte toutefois de l'instruction que ladite proposition de rectification explicite les motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde et précise le montant des rehaussements envisagés, la catégorie de revenus dans lesquelles ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Elle contient des extraits de la proposition de rectification du 13 août 2018 adressée à la société BM Décoration et indique en particulier qu'à l'occasion de la vérification de comptabilité de ladite société, cette dernière a présenté des factures de sous-traitance qui ont été qualifiées de factures de complaisance dès lors qu'elles ont été réglées, non aux sociétés prestataires, mais à des personnes physiques sans lien avec celles-ci, ni avec la société BM Décoration. Elle précise que l'exercice du droit de communication auprès de l'établissement bancaire de ladite société, Le Crédit Lyonnais, a révélé que M. A B était le bénéficiaire de chèques émis par celle-ci, alors qu'il n'en était ni associé, ni salarié, pour un montant de 20 200 euros en 2015 et 94 339 euros en 2016 et que ses sommes, qualifiées de revenus distribués au sens du c. de l'article 111 du code général des impôts, étaient par conséquent imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Il n'est par ailleurs pas contesté que le service a fait parvenir aux requérants la copie de chèques obtenus dans le cadre du droit de communication. Par suite, et alors que les requérants ne sont pas fondés à solliciter la communication des documents concernant les suites de vérification de comptabilité concernant la société BM Décoration dont ils ne sont ni dirigeants, ni associés, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification doit être écarté.

4. En second lieu, si les requérants soutiennent que la procédure d'imposition est irrégulière faute pour l'administration d'avoir répondu à leurs observations en réponse à la proposition de rectification du 3 octobre 2018, il résulte de l'instruction que le service a, par une lettre n° 3926 du 3 janvier 2019 dont il a été accusé réception le 7 janvier suivant, répondu aux observations des contribuables datées du 17 décembre 2018, en ce qui concerne la qualité de conseiller commercial de M. A B et le remboursement d'avances allégués par les requérants dans leurs observations. Le moyen doit donc être écarté comme manquant en fait.

Sur le bien-fondé des impositions :

5. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ". Il résulte de l'instruction et en particulier des mentions de la proposition de rectification du 3 octobre 2018 que des chèques émis par la société BM Décoration, pour un montant total de 20 200 euros en 2015 et 94 339 euros en 2016, ont été encaissés par M. A B. Si les requérants soutiennent que ces sommes correspondent au remboursement de sommes avancées par M. A B qui avait la qualité de conseiller commercial pour le compte de la société BM Décoration, ils ne produisent aucun justificatif permettant de corroborer leurs allégations alors même qu'aucune inscription de ces paiements n'a été enregistrée dans la comptabilité de la société BM Décoration et que M. A B ne figure pas sur les déclarations sociales de la société. Par suite, c'est à bon droit que le service a réintégré les sommes correspondant aux chèques encaissés par M. A B à son revenu imposable au titre des 2015 et 2016 et les a imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

Sur les pénalités :

6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Pour établir le manquement délibéré du contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.

7. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 3 octobre 2018, qui indique les motifs de droit et de fait justifiant l'application de la pénalité prévue par les dispositions précitées, est suffisamment motivée. Elle précise en effet que M. A B n'avait pas déclaré à l'impôt sur le revenu les sommes perçues de la société BM Décoration, qu'il ne pouvait ignorer que les revenus litigieux étaient occultes étant la contrepartie de factures de complaisance et qu'il avait encaissé sur son compte bancaire personnel au cours des années 2015 et 2016 trente chèques émis par la société BM Décoration. Eu égard à ces éléments, l'intention d'éluder l'impôt doit par ailleurs être regardée comme établie. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à solliciter la décharge des pénalités qui leur ont été infligées à ce titre.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A B ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions en litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B, à Mme C A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2025, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2025.

La rapporteure,

Signé : A. JeanLe président,

Signé : N. Le Broussois

La greffière,

Signé : S. Chafki

La République mande et ordonne à la ministre chargée des comptes publics en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions