vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2212546 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre DALO |
| Avocat requérant | ULUCAN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2217982 du 29 décembre 2022, le président de la 8ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a renvoyé au tribunal administratif de Melun le dossier de la requête de Mme C A.
Par cette requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil le 16 décembre 2022 et le 29 décembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Melun sous le n° 2212546, Mme A, représentée par Me Ulucan demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 24 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- par une décision du 24 mai 2018, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- l'intéressée a droit à l'indemnisation des préjudices subis ; elle attend un logement social depuis presque sept ans ; son appartement présente les caractères d'un logement insalubre ; elle a deux enfants mineurs, et elle est enceinte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- une proposition de relogement a été adressée à l'l'intéressée pour un logement de type T4 à Noisy-le-Grand pour un loyer de 655 euros ;
- le droit au logement opposable de l'intéressée résulte de ce que son délai d'attente d'un logement social a dépassé le délai normal fixé par arrêté préfectoral ; elle n'a pas subi de préjudice ; le logement dans lequel elle réside n'est pas celui qu'elle habitait quand la commission de médiation s'est prononcée ; la date d'entrée dans ce logement n'est pas connue ; la superficie du logement était de 49 mètres carrés, pour un seuil de suroccupation de 34 mètres carrés pour quatre personnes ; en outre, la composition de son foyer car à la date de la décision de la commission de médiation elle vivait seule avec un enfant, et désormais elle vit avec son concubin et un deuxième enfant à Aubervilliers ;
- l'insalubrité du logement n'est pas établie par la lettre du service de la direction de l'habitat qui ne traite pas de l'état du logement, et à défaut de rapport du service d'hygiène de la commune.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence dans un logement de type T2, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 24 mai 2018 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressée, le tribunal a, par un jugement n° 1901700 du 3 juin 2019, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code, enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer son relogement, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er août 2019 sous une astreinte. En l'absence de relogement, Mme A a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 26 septembre 2022, par l'administration. Le silence conservé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par la requête susvisée, Mme A demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 24 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.
3. La préfète du Val-de-Marne fait valoir qu'une proposition de relogement a été adressée en juin 2023 à Mme A pour un logement à Noisy-le-Grand répondant à ses besoins et à ses capacités financières. Toutefois, l'extrait de la base de suivi " SYPLO " concernant une proposition relative à un logement de type T4 situé au 6 allée des érables à Noisy-le-Grand indique seulement que le dossier de l'intéressée est " actif ". La seule circonstance que la commission d'attribution des logements de l'opérateur Cdc Habitat Social examiné la demande de Mme A le 17 juillet 2023 et l'a classée en rang de priorité n° 1 ne suffit pas à établir que la requérante et sa famille auraient été relogées dans ce logement. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En second lieu, lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission. Dans le cas où le demandeur a été reconnu prioritaire au seul motif que sa demande de logement social n'avait pas reçu de réponse dans le délai réglementaire, son maintien dans le logement où il réside ne peut être regardé comme entraînant des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation que si ce logement est inadapté au regard notamment de ses capacités financières et de ses besoins (Conseil d'Etat, 31 décembre 2019, n° 424658).
5. Il résulte de l'instruction que Mme A s'est vue reconnaître le 24 mai 2018 un droit au logement opposable par la commission de médiation pour le motif suivant : " attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral ". Ainsi, pour pouvoir prétendre à une indemnisation, il appartient à Mme A de démontrer que le logement qu'elle occupe est inadapté à ses capacités financières ou aux besoins de son foyer familial.
6. D'une part, la préfète du Val-de-Marne soutient sans être contredite que la superficie du logement de Mme A mesure 49 mètres carrés. Compte tenu de ce qu'il n'est pas contesté que la surface habitable de cet appartement coïncide avec sa superficie, une telle surface est supérieure aux seuils de suroccupation qui sont fixés par les dispositions de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation à 34 mètres carrés pour un foyer de quatre personnes et à 43 mètres carrés pour un foyer de cinq personnes. D'autre part, si Mme A fait valoir que son appartement présente les caractères d'un logement insalubre, elle ne l'établit pas par la lettre du 23 juin 2022 par laquelle la direction de l'habitat de la commune d'Aubervilliers retient la difficulté de sa situation locative sans toutefois faire mention du caractère insalubre de son logement. Ce caractère n'est pas davantage établi par les autres pièces versées au dossier. Par ailleurs, les pièces médicales produites à l'instance par Mme A ne permettent pas davantage d'établir que son logement serait inadapté à sa situation de handicap locomoteur. Dans ces conditions, Mme A ne peut être regardée comme ayant établi que son logement serait inadapté aux besoins de son foyer familial.
7. Enfin, Mme A ne donne aucune indication quant au loyer et aux charges du logement qu'elle occupe. En outre, elle ne précise pas davantage si elle bénéficie d'une allocation de logement. Ainsi, elle n'apporte pas suffisamment d'élément permettant d'apprécier son taux d'effort au regard de ses ressources. Par suite, Mme A ne démontre pas que le logement qu'elle occupe avec son concubin et ses enfants ne serait pas adapté aux capacités financières de son foyer. Dès lors, la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée pour carence fautive à reloger la requérante et sa famille.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme A ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquences, de rejeter ses conclusions tendant à ce qu'une indemnité lui soit versée sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
S. DELMAS
La greffière,
M. B La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2212546
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026