LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2300164

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2300164

vendredi 3 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2300164
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre DALO
Avocat requérantPARTOUCHE-KOHANA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés le 8 janvier 2023, le 10 octobre 2023 et le 11 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Partouche-Kohana demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 25 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- par une décision du 5 novembre 2020, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis ; il vit dans un foyer Adoma, qui ne constitue pas un logement autonome, dans une ambiance de stress qui trouble son sommeil et le rend anxieux ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- l'intéressé a été destinataire d'une proposition de relogement le 23 février 2021, mais le logement a finalement été attribué à un autre demandeur ; il a été rendu destinataire d'une autre proposition le 20 septembre 2021, mais il n'a pas répondu à cette proposition ;

- la demande de logement social de l'intéressé a été radiée le 24 juillet 2022 pour cause de non renouvellement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus à l'audience publique :

- le rapport de M. Delmas ;

- les observations de Me Cousin C qui substitue Me Partouche-Kohana, représentant le requérant absent. Me Cousin C précise que le mémoire du 10 octobre 2023 doit être écarté des débats, dès lors qu'il ne concerne pas le requérant mais un homonyme. Elle ajoute que son client n'a jamais été destinataire d'une proposition de relogement en date du 20 septembre 2021 qu'il aurait refusé. S'il a été radié de la liste des demandeurs de logement social, il a demandé sa réinscription avec le bénéficie de son ancienneté antérieure.

La préfète du Val-de-Marne n'était ni présente ni représentée.

L'instruction a été clôturée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement de type T1-T2, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 5 novembre 2020 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressé, le tribunal a, par une ordonnance n° 2108158 du 24 mai 2022, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code, enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer son relogement, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er août 2022 sous une astreinte. En l'absence de relogement, M. A a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 16 septembre 2022, par la préfecture du Val-de-Marne. Le silence conservé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 25 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.

3. En premier lieu, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que M. A s'est vu proposer un logement répondant à ses besoins et capacité le 23 février 2021. Toutefois, il ressort de l'extrait de l'application " SYPLO " que le requérant n'était classé qu'en rang de priorité n° 3 dans le cadre de l'examen de cette offre et que ce logement a été attribué à un solliciteur de logement social mieux classé que lui. Par suite, elle ne saurait s'en prévaloir pour exonérer l'administration de sa responsabilité pour carence fautive au relogement de l'intéressé.

4. En deuxième lieu, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que M. A a été rendu destinataire d'une proposition de relogement émise le 20 septembre 2021 pour un logement de type T1 situé au 5 allée Mendes France à l'Hay-les-Roses.

5. D'une part, M. A s'est vu reconnaître le 5 novembre 2020 un droit au logement opposable par la commission de médiation pour les motifs suivants : " attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral " et " logé dans un logement de transition, dans un logement foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale ". Par ailleurs, cette décision indique que " le refus d'une proposition adaptée " peut " faire perdre le caractère de priorité et d'urgence " du " relogement qui est reconnu commission de médiation ".

6. D'autre part, il ressort de l'extrait de l'application " SYPLO ", constituant la pièce-justificative n° 1 annexée au mémoire en défense, qu'une proposition de relogement émise le 20 septembre 2021 n'a pas été prise en compte par la commission d'attribution des logements de l'opérateur Valophis Habitat pour un motif " Autre ". Il ressort de la rubrique " commentaire de l'organisme gestionnaire ", figurant au sein de l'extrait de l'application constituant la pièce-justificative n° 2 annexée au mémoire en défense, que cette proposition de relogement a été classée sans suite pour " absence de réponse ". Or, si M. A, auquel le mémoire en défense et ses pièces jointes ont été communiqués, a produit un mémoire en défense le 11 octobre 2023, s'est borné dans ce mémoire à indiquer d'une manière générale qu'il n'a reçu aucune proposition de relogement et n'a apporté aucun démenti précis à cet élément d'information. Toutefois, le requérant n'a démenti avoir reçu la première proposition de relogement à Villejuif citée au point 3 du présent jugement. De même, M. A n'a ni établi, ni même allégué, qu'il aurait changé d'adresse ou qu'il n'a pu réceptionner la proposition du 20 septembre 2021 en raison d'une absence dont il aurait prévenu le service instructeur. Dans ces conditions, si M. A est fondé à soutenir que la responsabilité de l'Etat est engagée à son égard au titre de la carence fautive à le reloger, la période d'engagement de cette responsabilité doit être regardée comme s'achevant le 20 septembre 2021.

7. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, la responsabilité de l'Etat, qui a commencé à courir le 5 mai 2021 compte tenu de la carence de l'Etat à assurer le logement de M. A avant l'expiration du délai de six mois imparti au préfet pour y procéder, a pris fin le 20 septembre 2021. En outre, il résulte de l'instruction, et notamment de l'extrait de l'application " SYPLO " constituant la pièce-justificative n° 3 annexée au mémoire en défense, que la demande de logement social de M. A a été radiée le 24 juillet 2022. Par suite, s'il ressort de l'attestation d'enregistrement régional d'une demande de logement locatif social établie le 11 août 2023, que, postérieurement à sa radiation du fichier des demandeurs de logements sociaux, M. A a déposé le 7 août 2023 une nouvelle demande de logement, qui a donné lieu à l'attribution d'un nouveau numéro unique régional, cette nouvelle demande n'est pas de nature à engager de nouveau la responsabilité de l'Etat.

8. En quatrième lieu, compte tenu des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat à attribuer un logement au demandeur, de la durée de cette carence, soit quatre mois après la naissance de l'obligation pesant sur l'Etat, née à l'expiration d'un délai de six mois après la décision de la commission de médiation, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence et du préjudice moral en condamnant l'Etat à verser à M. A une somme de 100 euros (cent euros).

Sur les frais d'instance :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 (huit cent euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 100 euros au titre des dommages et intérêts.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.

Le magistrat désigné,

S. DELMAS

La greffière,

M. D La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2300164

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions