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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2302020

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2302020

lundi 20 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2302020
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation10ème chambre
Avocat requérantCABINET DE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2023 sous le n° 2302020, et deux mémoires enregistrés les 21 mars et 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Sabatakakis, demande au tribunal :

1°) d'annuler :

- la décision référencée " 48 SI " du ministre de l'Intérieur en date du 14 janvier 2023 constatant son solde de points nul et portant invalidation de son permis de conduire ;

- les 5 décisions de retrait de points figurant dans cette décision " 48 SI " ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document " 48 SI " querellé ;

- il conteste la réalité des infractions mentionnées dans la décision " 48 SI " querellée ;

- la décision " 48 SI " viole les dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route dès lors qu'il a suivi un stage de récupération de points les 25 et 26 novembre 2022 et qu'il devait donc voir son permis de conduire être crédité de 4 points supplémentaires et non de e seul point.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2024, le ministre de l'Intérieur conclut :

- au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " et du retrait de points consécutif à l'infraction constatée le 23 juillet 2022 à 9 heures 48 ;

- au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Le ministre de l'Intérieur fait valoir que :

- les mentions relatives à l'infraction du 23 juillet 2022 à 9 heures 48 ont été supprimées du relevé d'information intégral du requérant ; par suite, son solde de points est redevenu positif ;

- les différents moyens soulevés sont infondés.

Vu :

- les décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Mme Bouchet, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 7 janvier 2025, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, le rapport de M. Freydefont.

Ni M. A, requérant, ni le ministre de l'Intérieur, défendeur, ne sont présents ou représentés.

DatesInfractionsCNT/TPPointsRIIRestitutionRemarques16-04-2021V ( 40 km/hPVE-3AF30-09-2021V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AMOUI le 07-09-2022Irrecevable08-11-2021V ( 20 km/hContrôle automatisé-1AF23-07-2029h45V ( 40 km/hPVE-3AMAvec interpellation23-07-2029h48-3Supprimée du R2INLSTOTAL-11

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que M. B A, né le 15 avril 2002, s'est vu successivement retirer 3, 1, 1, 3 et 3 points (soit 11 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 16 avril 2021, 30 septembre 2021, 8 novembre 2021, 23 juillet 2022 à 9 heures 45 et 23 juillet 2022 à 9 heures 48. Constatant que le solde de points de son permis probatoire était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 14 janvier 2023, constaté que son permis était devenu invalide et qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision " 48 SI " du 14 janvier 2023 et des 5 décisions de retrait de points y figurant.

Sur l'étendue du litige :

2. L'infraction du 23 juillet 2022 à 9 heures 48 ayant donné lieu à un retrait de 3 points a été supprimée du dossier du permis de conduire du requérant, ainsi qu'il résulte de son relevé d'information intégral (R2I) édité le 11 mars 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête. Il s'en déduit que cette décision de retrait de 3 points doit donc être regardée comme ayant été retirée par le ministre de l'Intérieur postérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision de retrait de points sont devenues sans objet ; il n'y a donc plus lieu d'y statuer. De même, il résulte de R2I du requérant édité le 11 mars 2023 que son solde de points, égal à 3, n'est plus nul. Il s'en déduit que la décision " 48 SI " du 14 janvier 2023 doit donc être regardée comme ayant été retirée par le ministre de l'Intérieur postérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision " 48 SI " sont devenues sans objet ; il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. Restent donc en litige les 4 décisions de retraits de 8 points consécutives aux 4 infractions constatées les 16 avril 2021, 30 septembre 2021, 8 novembre 2021 et 23 juillet 2022 à 9 heures 45.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'infraction du 30 septembre 2021 :

4. Il résulte du R2I relatif à la situation du requérant au 11 mars 2024, et produit par le ministre de l'Intérieur en défense, que le point retiré suite à l'infraction du 30 septembre 2021 a été restitué le 7 septembre 2022, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête. Cette décision doit donc être regardée comme ayant été retirée par le ministre de l'Intérieur antérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées comme irrecevables.

En ce qui concerne les autres infractions restant en litige :

5. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de M. A est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive " ; qu'aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () " ;

7. Il résulte des dispositions précitées que, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. D'autre part, en application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.

S'agissant des 2 infractions des 16 avril 2021 et 8 novembre 2021 :

8. D'une part, il ressort du R2I afférent à la situation de M. A et produit par le ministre en défense que les 2 infractions des 16 avril 2021 et 8 novembre 2021 ont été acquittées par le requérant au stade de l'amende forfaitaire, ainsi qu'il ressort de la mention " AF " figurant sur son R2I. Ainsi, celui-ci a nécessairement reçu les courriers du ministre de l'Intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements, courriers qui comportent l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que le requérant n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information s'agissant des 2 infractions des 16 avril 2021 et 8 novembre 2021.

9. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il résulte du R2I afférent au permis de conduire de M. A et produit par le ministre, que le requérant s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant aux 2 infractions des 16 avril 2021 et 8 novembre 2021. Celui-ci ne soutient ni n'établit avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la réception de l'avis de contravention. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité desdites infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.

S'agissant de l'infraction du 23 juillet 2022 à 9 heures 45 :

10. D'une part, il ressort du R2I afférent à la situation du requérant et produit par le ministre en défense que l'infraction du 23 juillet 2022 à 9 heures 45 ayant entrainé la perte de 3 points a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique, ainsi qu'en atteste la mention " PVE ", avec interpellation du conducteur ainsi que le démontre le ministre qui produit copie du procès-verbal d'infraction mentionnant l'identité du conducteur, à savoir M. B A. Par suite, la mention de non apposition de signature par l'intéressé pour respecter les gestes barrières en période de pandémie de covid-19 et conservée par voie électronique établit, pour les infractions constatées à partir du 15 avril 2015, que les informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route lui ont bien été délivrées. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'information en violation des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté comme infondé s'agissant de l'infraction du 23 juillet 2022 à 9 heures 45.

11. D'autre part, il résulte du R2I afférent au permis de conduire de M. A que cette infraction a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée (AFM). Or, le requérant ne soutient ni n'établit avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, des réclamations ayant entraîné l'annulation de ce titre exécutoire. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ladite infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.

En ce qui concerne le stage de récupération de points :

12. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () / Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. Lorsque le titulaire du permis de conduire a commis une infraction ayant donné lieu à un retrait de points égal ou supérieur au quart du nombre maximal de points et qu'il se trouve dans la période du délai probatoire défini à l'article L. 223-1, il doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction. / Sans préjudice de l'application des alinéas précédents du présent article, les points retirés du fait de contraventions des quatre premières classes au présent code sont réattribués au titulaire du permis de conduire à l'expiration d'un délai de dix ans à compter de la date à laquelle la condamnation est devenue définitive ou du paiement de l'amende forfaitaire correspondante. " Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I.- Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II.- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III.- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. "

13. M. A soulève, dans son mémoire en réplique du 26 juin 2024, la violation de ces dispositions en soutenant qu'il a suivi un stage de récupération de points les 25 et 26 novembre 2022 et qu'il aurait donc dû récupérer 4 points sur son permis, et non un seul ainsi qu'il ressort du R2I édité le 11 mars 2024 et produit par le ministre en défense. Toutefois, il ressort de ce même R2I qu'à la date de la récupération de points, soit en novembre-décembre 2022, le plafond de points du permis de conduire probatoire du requérant était de 6, et son permis de conduire était affecté avant récupération d'un solde de 5 points. Par suite, en application des dispositions précitées du II de l'article R. 223-8 du code de la route aux termes duquel le stage donne droit à la récupération de 4 points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire, M. A ne pouvait récupérer qu'un seul point puisque son solde était plafonné à 6. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 223-6 du code de la route sera donc écarté comme infondé.

Sur les conclusions accessoires :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Le présent jugement ne prononçant aucune annulation, les conclusions à fin d'injonction seront donc rejetées.

15. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. A demande au titre des frais d'instance non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de 3 points consécutive à l'infraction du 23 juillet 2022 à 9 heures 48 ni sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle référencée " 48 SI " du 14 janvier 2023.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.

Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025.

Rendu public après mise à disposition au greffe le 20 janvier 2025.

Le magistrat désigné,

Signé : C. FreydefontLa greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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