jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2302305 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, la société Com.sports et la société Aquaprovinois.com, représentées par le cabinet d'avocats Palmier - Brault et associés, demandent au juge des référés :
1°) de condamner la communauté de communes du Provinois à leur verser une provision d'un montant de 208 945,09 euros TTC, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Provinois la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, la communauté de communes du Provinois, représentée par la Selarl Landot et associés, conclut :
- à titre principal au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire à ce qu'une expertise soit prescrite afin de permettre au juge des référés de se prononcer sur le caractère sérieusement contestable ou non de l'obligation ;
- à la mise à la charge des sociétés Com.sports et Aquaprovinois.com la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un contrat du 28 juillet 2017, la communauté de communes du Provinois a confié à la société Com.sports la gestion et l'exploitation de son équipement aquatique pour une durée de quatre années à compter du 17 septembre 2017. Conformément à ce contrat, cette dernière a créé la société Aquaprovinois.com et lui a cédé le contrat. La société Com.sports et Aquaprovinois.com demandent au juge des référés de condamner la communauté de communes du Provinois à leur verser une provision.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
S'agissant de l'indemnité d'imprévision :
3. Une indemnité d'imprévision suppose un déficit d'exploitation qui soit la conséquence directe d'un évènement imprévisible, indépendant de l'action du cocontractant de l'administration et ayant entraîné un bouleversement de l'économie du contrat. Le concessionnaire est alors en droit de réclamer au concédant une indemnité représentant la part de la charge extracontractuelle que l'interprétation raisonnable du contrat permet de lui faire supporter. Cette indemnité est calculée en tenant compte, le cas échéant, des autres facteurs qui ont contribué au bouleversement de l'économie du contrat, l'indemnité d'imprévision ne pouvant venir qu'en compensation de la part de déficit liée aux circonstances imprévisibles.
4. Les sociétés requérantes demandent le versement d'une indemnisation d'imprévision au titre du Covid-19. Toutefois, d'une part, le déficit d'exploitation est déterminé en fonction des résultats d'exploitation et non du chiffre d'affaire. Les sociétés requérantes ne sont donc pas fondées à invoquer une baisse de leur chiffre d'affaire pour demander le versement d'une indemnité d'imprévision. D'autre part, elles ne produisent aucun élément permettant d'établir que la situation sanitaire a entraîné un bouleversement de l'économie du contrat. Par ailleurs, elles n'apportent aucun élément permettant d'établir le quantum de la somme demandée. Dans ces conditions, la créance dont se prévalent les sociétés requérantes au titre de l'indemnité d'imprévision est sérieusement contestable.
S'agissant des compensations financières dues au titre du contrat de concession :
5. Aux termes de l'article 4.2 " Compensations financières " du contrat de délégation : " Article 4.2.1 Compensations pour contraintes de service public / Le délégataire, compte tenu des contraintes de service public, percevra une convention forfaitaire égale à : 375 000 euros pour la première année d'exploitation / 375 000 euros pour la deuxième année d'exploitation /
375 000 euros pour la troisième année d'exploitation / 375 000 euros pour la quatrième année d'exploitation / Ces montants figurent au compte prévisionnel d'exploitation () Article 4.2.2 Compensation pour contraintes institutionnelles / Aux termes des articles 1.2.1.5 et 2.5.1 du présent contrat, le délégataire met à disposition les espaces de pratique et la surveillance aux établissements du 1er degré de la collectivité. / Afin de tenir compte de cette obligation, le délégant s'engage à verser au délégataire une compensation annuelle pour contraintes institutionnelles, égale à 78 342 euros HT, sur la base de 1106 séances par année scolaire. () ".
6. Les sociétés requérantes demandent le versement du reliquat des compensations financières pour les années 2019 et 2020. D'une part, il résulte de l'article 4.2.2 cité au point précédent que la compensation pour contraintes institutionnelles est la contrepartie de la mise à disposition des espaces de pratiques et de la surveillance aux établissements du 1er degré. Les sociétés requérantes n'allèguent pas qu'elles ont effectivement procédé à cette mise à disposition. D'autre part, s'agissant de la compensation pour contraintes de service public, les écritures des requérantes sont entachées d'une incohérence, dès lors qu'elles soutiennent n'avoir perçu que la somme de 307 569 euros pour l'année 2019 et, dans le même temps, que la communauté de communes du Provinois ne leur a versé que la somme totale de 243 315 euros au titre des
années 2019 et 2020. En tout état de cause, la communauté de communes du Provinois fait valoir qu'elle a versé, pour l'année 2020, les sommes de 80 465,08 euros pour les contraintes institutionnelles et de 353 065,68 euros pour les contraintes de service public. Dans ces conditions, la créance dont se prévalent les sociétés requérantes au titre des compensations financières est sérieusement contestable.
S'agissant de l'indemnité correspondant à la valeur non amortie des installations hors annexe n° 19 du contrat :
7. Aux termes de l'article 8.2 du contrat : " A la date d'expiration du contrat, les investissements qui figurent à l'annexe n° 19 sont réputés être intégralement amortis. () Les installations qui ont fait l'objet d'investissements par le délégataire en cours de contrat et non décrits à l'annexe n° 19 et, dans la mesure où elles font partie intégrante du contrat, sont remises à la collectivité moyennant le versement par celle-ci d'une indemnité correspondant à la valeur non amortie desdites installations. () Six mois avant l'expiration de la convention, les parties arrêtent un montant provisoire de cette indemnité et les modalités de paiement. Pendant cette période, le délégataire devra informer préalablement la collectivité des investissements qu'il se propose de réaliser. Le montant définitif de l'indemnité sera fixé au moment de l'expiration de la convention. () ".
8. Les sociétés requérantes se bornent à soutenir qu'elles ont adressé une facture à la communauté de communes du provinois, sans apporter de précisions sur les investissements réalisés, sur leur absence de description dans l'annexe n° 19 ou sur le fait que les installations font partie intégrante du contrat. Par ailleurs, la facture date du 31 décembre 2021 et n'a donc pas été émise six mois avant l'expiration de la convention, qui intervenait le 17 septembre 2021, conformément aux stipulations citées au point précédent. Enfin, les sociétés requérantes n'apportent aucun élément permettant d'établir que le montant de l'indemnité aurait été arrêté avec la communauté de communes du Provinois, comme le prévoient ces mêmes stipulations. Dans ces conditions, la créance des sociétés requérantes est sérieusement contestable.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à la condamnation de la communauté de communes du Provinois à verser aux sociétés Com.sports et Aquaprovinois.com une provision doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions présentées par la société Com.sports.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. La communauté de communes du Provinois n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par les sociétés requérantes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
11. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des sociétés requérantes la somme de 1 500 euros à verser à la communauté de communes du Provinois au titre de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Com.sports et de la société Aquaprovinois.com est rejetée.
Article 2 : La société Com.sports et la société Aquaprovinois verseront la somme de
1 500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la communauté de communes du Provinois est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Com.sports, à la société Aquaprovinois.com et à la communauté de communes du Provinois.
Fait à Melun, le 11 mai 2023.
La juge des référés,
J. A
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026