Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2023, Mme A... B... demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe sur les logements vacants mise à sa charge au titre de l’année 2022 pour un immeuble situé à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).
La requérante soutient qu’elle a acquis l’immeuble en cause dans un état délabré et qu’elle n’a pas d’argent pour faire les travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que le moyen développé n’est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
En sa qualité de propriétaire d’un immeuble d’habitation situé à Ivry-sur-Seine, qu’elle a acquis le 8 janvier 2016, Mme B... a été assujettie à une cotisation de taxe sur les logements vacants au titre de l’année 2022 d’un montant en principal de 2 554 euros. Elle a présenté une réclamation d’assiette le 18 novembre 2022, rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne du 12 janvier 2023. Par la requête susvisée, l’intéressée demande la décharge de cette imposition.
Aux termes de l’article 232 du code général des impôts : « La taxe annuelle sur les logements vacants est applicable dans les communes appartenant à une zone d’urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d’accès au logement sur l’ensemble du parc résidentiel existant, qui se caractérisent notamment par le niveau élevé des loyers, le niveau élevé des prix d’acquisition des logements anciens ou le nombre élevé de demandes de logement par rapport au nombre d’emménagements annuels dans le parc locatif social (…). II. - La taxe est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l’année d’imposition (…). VI. - La taxe n’est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable (…) ». Le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 98-403 DC du 29 juillet 1998, n’a admis la conformité à la Constitution des dispositions instituant la taxe sur les logements vacants que sous certaines réserves, dont la réserve suivante : la taxe ne peut « frapper que des logements habitables, vacants et dont la vacance tient à la seule volonté de leur détenteur (…) » et « ne sauraient être assujettis à cette taxe des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu’au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur (…) ».
Il appartient donc au contribuable d’établir que la vacance de son logement au cours de l’année en litige aurait été indépendante de sa volonté, eu égard notamment à la nécessité de travaux pour rendre le logement habitable et au coût de tels travaux éventuels compte tenu de ses capacités financières.
En se bornant à soutenir que le bien immobilier qu’elle a acquis en 2016 est délabré et nécessite d’importants travaux qu’elle évalue à 100 000 euros qui doivent être réalisés par son mari, artisan, et qu’elle ne dispose pas des moyens pour les financer et à produire quatre photographies non datées de ce qu’elle présente comme la maison en cause, ainsi qu’une facture de 7 955,60 euros du 20 novembre 2022 sans indication du lieu des travaux en cause, la requérante ne justifie pas l’absence d’habitabilité de cette maison qu’elle a acquis en 2016 pour un prix de 680 000 euros, ni par conséquent le coût des travaux nécessaires pour le rendre habitable et n’apporte aucun document de nature à déterminer ses capacités financières, alors qu’elle indique elle-même disposer de revenus importants. Mme B... n’établit donc pas répondre aux conditions pour être exonérée de cette taxe.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge de la cotisation de taxe sur logements vacants en cause doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l’audience du 17 juin 2026, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
M. Fanjaud, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
Le rapporteur,
P. MeyrignacLe président,
N. Le Broussois
La greffière,
C. Rouillard
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,