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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2302327

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2302327

vendredi 29 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2302327
TypeDécision
Formation7ème chambre
Avocat requérantBERREBI-WIZMAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2023, M. A E et Mme D B épouse E, représentés par Me Berrebi-Wizman, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer à M. E un titre de séjour portant mention de sa nouvelle adresse ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention de sa nouvelle adresse ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à Mme D B, un titre de séjour en qualité de conjointe de réfugié ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Duhamel a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, né le 28 septembre 1987, de nationalité égyptienne, est titulaire d'une carte de résident de dix ans valable du 25 mars 2019 au 24 mars 2029. Son épouse, Mme D B, et ses enfants l'ont rejoint en France le 31 mars 2021 munis d'un visa D. Après que Mme B eût déposé une demande de titre de séjour, un récépissé valable jusqu'au 15 décembre 2021 lui a été remis. Le 31 mai 2022, M. E a déclaré sur la plateforme " ANEF " un changement de situation et a demandé à la préfète du Val-de-Marne la délivrance d'une carte de résidant portant mention de sa nouvelle adresse. En l'absence de réponse à cette demande, une décision implicite de rejet est née le 31 juillet 2022. Par la présente requête, M. et Mme E demandent l'annulation de cette dernière décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger, séjournant en France et titulaire d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an, est tenu, lorsqu'il transfère le lieu de sa résidence effective et permanente, d'en faire la déclaration, dans les trois mois de son arrivée, à l'autorité administrative territorialement compétente. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : () / 4° A compter du 13 septembre 2021, () les demandes de changement d'adresse () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. () ".

4. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 431-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que tout étranger titulaire d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an est tenu, lorsqu'il change de résidence effective et permanente, d'en faire la déclaration auprès de l'autorité administrative dans un délai de trois mois. A la suite de cette déclaration, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'autorité administrative de délivrer à l'intéressé un titre de séjour mentionnant la nouvelle adresse. En l'absence de délivrance d'une nouvelle carte de séjour, il reviendra seulement à l'intéressé de justifier par tout moyen avoir procédé à la déclaration de son adresse actuelle ou, s'il le souhaite, de solliciter la délivrance d'un duplicata de carte de séjour après avoir acquitté le droit de timbre prévu à l'article L. 436-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que si les requérants, qui n'établissent pas ni même n'allèguent avoir sollicité, à l'appui de leur déclaration, la délivrance d'un duplicata de titre de séjour et avoir acquitté le droit de timbre prévu à l'article L. 436-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, entendent contester la décision de la préfète du Val-de-Marne refusant de délivrer à M. E, après qu'il eût procédé à la déclaration de sa nouvelle adresse, un nouveau titre de séjour portant la mention de cette adresse, ce refus n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration concernant les décisions devant être motivées ou de toute autre disposition. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. et Mme E doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.

Sur les frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme E demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et Mme D B épouse E et à la préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. F, président,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Cabal, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.

Le rapporteur,

B. DUHAMEL

Le président,

M. F

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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