mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2303832 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre DALO |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 avril 2023, M. A D B, représenté par Me Aboukhater, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 10 200 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers frais et dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- par une décision du 23 janvier 2020, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; par une ordonnance du 31 mai 2021, le tribunal a enjoint à l'autorité préfectorale de lui attribuer un logement de type T3 ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis, notamment du fait que le logement qu'il occupe est non décent et nécessite de payer un loyer trop élevé par rapport à ses ressources.
La requête de M. B a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense, ni communiqué de bordereau de pièces.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R. 222-13 (1°) du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement de type T3, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 23 janvier 2020 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressé, le tribunal a, par ordonnance n° 2007830 du 31 mai 2021 prise sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code, enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer le relogement de l'intéressé, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er septembre 2021. En l'absence de relogement, M. B a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 14 novembre 2022 par l'unité territoriale de la direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement d'Ile de France. Le silence conservé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par sa requête, M. B demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 10 200 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. D'une part, lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.
3. D'autre part, dans le cas où le demandeur a été reconnu prioritaire au seul motif que sa demande de logement social n'avait pas reçu de réponse dans le délai réglementaire, son maintien dans le logement où il réside ne peut être regardé comme entraînant des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation que si ce logement est inadapté au regard notamment de ses capacités financières et de ses besoins. La circonstance que l'absence de relogement a contraint le demandeur à supporter un loyer manifestement disproportionné au regard de ses ressources, si elle ne peut donner lieu à l'indemnisation d'un préjudice pécuniaire égal à la différence entre le montant du loyer qu'il a payé durant cette période et celui qu'il aurait acquitté si un logement social lui avait été attribué, doit, si elle est établie, être prise en compte pour évaluer le préjudice résultant des troubles dans les conditions d'existence.
4. Enfin, il résulte de l'instruction que par une décision de la commission de médiation du Val-de-Marne en date du 23 janvier 2020, M. B s'est vu reconnaître un droit au logement opposable pour un logement de type T3 pour le motif suivant : " attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral ". Ainsi, pour pouvoir prétendre à une indemnisation, il appartient à M. B de démontrer que le logement qu'il occupe est inadapté à ses capacités financières ou aux besoins de son foyer familial.
5. En premier lieu, M. B fait valoir que le logement qu'il occupe est inadapté à ses besoins compte tenu qui n'est qu'un logement de type T2 qui est non décent en raison de l'humidité qui y règne, de la mauvaise isolation et de la présence de nuisibles. Toutefois, d'une part, M. B ne verse au débat aucun rapport ou constat établissant l'insalubrité ou l'indignité du logement qu'il occupe. Il ne produit pas davantage d'arrêté portant sur la dangerosité des lieux. D'autre part, si M. B fournit à l'appui de ses prétentions des photographies montrant d'importantes traces d'humidité sur des murs et montrant une pelle contenant une dizaine d'insectes, il n'établit ni la date des clichés produits ni le lieu où les photographies ont été prises. Dans ces conditions, et par les seules pièces produites à l'instance, M. B ne peut être regardé comme ayant établi que son logement serait non décent, insalubre, indigne ou dangereux. Enfin, le requérant verse au débat un contrat de bail dans lequel la mention relative à la surface habitable n'est pas renseignée. Ainsi, M. B n'établit pas davantage que la surface habitable de son logement serait inférieure au seuil prévu par les dispositions de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation qui est fixé à 25 mètres carrés pour trois personnes. Par suite, M. B ne démontre pas par les seules pièces qu'il produit que le logement qu'il occupe serait inadapté aux besoins de son foyer familial.
6. En second lieu, M. B soutient que le loyer excède ses capacités financières. Toutefois, il résulte de l'instruction que le loyer du logement occupé par le requérant, ainsi que ses charges locatives, s'élèvent à 745 euros par mois. En outre, il ressort de l'attestation établi le 2 mars 2023 par le directeur de la caisse des allocations familiales du Val-de-Marne que l'intéressé perçoit un montant d'une allocation de logement pour une valeur de 440 euros. Enfin, il ressort de cette même attestation que l'intéressé perçoit, outre son salaire, une prime d'activité pour un montant de 361 euros et une fraction du revenu de solidarité active pour un montant de 158 euros. Il ressort des bulletins de salaire versés au débat que M. B perçoit un salaire net d'environ 600 euros. Dans ces conditions, et compte tenu des éléments produits par le requérant, il ne résulte pas de l'instruction que le ratio entre le coût du logement et les ressources du ménage constituerait un taux d'effort excessif. Par suite, M. B ne démontre pas par les seules pièces qu'il produit que le logement qu'il occupe serait inadapté à ses capacités financières.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que celles présentées en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
S. DELMAS
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026