lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BARROIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2023, M. C E et Mme D F, représentés par Me Cécile Barrois, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de :
1° désigner un expert spécialisé en particulier en matière de réseaux d'assainissement d'hydrologie avec pour mission de :
a) convoquer les parties ;
b) se rendre sur les lieux ;
c) prendre connaissance des documents joints à la requête et d'une manière générale de tous documents utiles qui pourront être demandés aux parties ;
d) entendre les observations de tous les intéressés et de tout sachant ;
e) autoriser toute mesure, tous travaux conservatoires imposés par l'urgence ;
f) dresser tout constat utile au titre des dysfonctionnements constatés ;
g) donner tous les éléments utiles d'appréciation permettant au Tribunal éventuellement saisi de déterminer les causes et origines des désordres, les responsabilités encourues ainsi que les préjudices subis par les requérants ;
h) déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres et pour prévenir de nouveaux incidents ;
i) dresser un rapport après avoir préalablement soumis aux parties un pré-rapport et leur avoir permis de formuler sur celui-ci leurs observations.
2° dire que l'expert désigné pourra en cas de nécessité s'adjoindre le concours de tout spécialiste de son choix dans un domaine distinct du sien, après en avoir avisé les conseils des parties.
M. E et Mme F soutiennent que :
- ils sont propriétaires d'une maison d'habitation édifiée depuis 1987 sur une parcelle cadastrée section OB316 de 962 m² sise 1 rue des Petits Clos à 77260 Sept-Sorts ;
- ils ont constaté, à partir de l'année 2016, qu'à chaque épisode de pluies très fortes, les deux regards de visite du réseau d'assainissement, implantés en fond de parcelle, débordaient et occasionnaient des dégâts sur leur terrain et dans leur garage, du fait du déversement d'eaux et de matières, émanant en particulier du réseau d'eaux usées ;
- ils ont alerté la commune de Sept-Sorts puis la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, gestionnaire du réseau litigieux ;
- ils furent informés en juillet 2021 d'un projet de création d'un point de délestage du réseau d'eaux pluviales ;
- un rapport d'expertise commandité à un bureau d'études par la communauté d'agglomération, remis en novembre 2020 et fut déposé en avril 2022 ;
- malgré leurs diligences et relances et la tenue de réunions d'expertise avec leur assureur la Matmut, aucune opération de travaux de nature à supprimer les désordres n'a été entreprise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, représentée par Me Phelip, demande au juge des référés de constater les plus expresses protestations et réserves qu'elle exprime et s'en remet à lui quant à l'utilité de la mesure d'instruction sollicitée.
Elle fait valoir que :
- elle s'en rapporte, sous les plus expresses protestations et réserves d'usage, à la sagesse du Tribunal quant à l'appréciation de l'utilité de la mesure d'instruction demandée ;
- elle entend néanmoins rappeler que les opérations d'expertise amiables n'ont pas permis aux parties de s'entendre sur les causes des dommages et les solutions à mettre en œuvre pour y remédier ;
- il y a lieu que la mesure d'instruction se tienne au contradictoire de la commune eu égard notamment à la compétence qu'elle tient du code de l'environnement.
Vu les pièces jointes à la requête.
Vu :
- le code de procédure civile ;
- le code de justice administrative, dans sa rédaction issue du décret n° 2023-468 du 16 juin 2023 relatif à l'expertise devant les juridictions administratives et judiciaires.
Le président du Tribunal administratif de Melun a délégué M. B, premier vice-président, pour statuer sur les référés relevant du Livre V du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission (). ".
2. En application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée. A cet égard, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. Il résulte de l'instruction que M. E et Mme F soutiennent que leur terrain cadastré section OB316 de 962 m², sis 1 rue des Petits Clos à 77260 Sept-Sorts (77260), supportant une maison d'habitation édifiée en 1987, est l'objet, depuis 2016, à chaque épisode de pluies très fortes, de dégâts et désordres occasionnés à leur jardin d'agrément et à leur garage, résultant du débordement d'eaux et de matières, en particulier d'eaux usées, provenant de deux regards de visite du réseau d'assainissement implantés en fond de parcelle et gérés par la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, gestionnaire du réseau litigieux. Il résulte également de l'instruction qu'une étude hydraulique du réseau de collecte des eaux usées sur le bourg de Sept-Sorts, réalisée en novembre 2020 par le bureau d'études " Test Ingénierie " à la demande de la communauté d'agglomération ci-dessus, diffusée ultérieurement, retient et compare deux solutions pour " supprimer les problèmes de débordement du réseau d'eaux usées " constatés : la mise en place d'un trop-plein en DN500 au niveau du regard 19 vers le ru de la Merlette, et la mise en place d'un déversoir d'orage au niveau du regard 19.1. Si les requérants disposent ainsi d'éléments de solutions, dont celle relative au trop-plein sur le réseau d'usées a d'ailleurs été refusée par la direction départementale des territoires, il ne résulte pas de l'instruction que des remèdes auraient été apportés par la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, au demeurant peu diligente, aux fins de mettre fin aux débordements constatés à partir des ouvrages publics ci-dessus, ni que les dommages affectant la propriété des requérants auraient été analysés.
4. Dans la mesure où il importe de pouvoir constater et décrire la réalité, la nature, l'étendue et les causes et conséquences des dommages et autres désordres matériels ci-dessus, la demande d'expertise présente un caractère utile.
5. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à cette demande sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande portant sur les protestations et réserves :
6. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de protestations ni de réserves. Par suite, les conclusions de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie tendant à ce qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A G est désigné en qualité d'expert.
Article 2 : M. A G aura pour mission de :
a) convoquer les parties ;
b) se rendre sur les lieux ;
c) prendre connaissance des documents joints à la requête et d'une manière générale de tous documents utiles qui pourront être demandés aux parties ;
d) entendre les observations de tous les intéressés et de tout sachant ;
e) autoriser toute mesure, tous travaux conservatoires imposés par l'urgence ;
f) dresser tout constat utile au titre des dysfonctionnements constatés ;
g) donner tous les éléments utiles d'appréciation permettant au Tribunal éventuellement saisi de déterminer les causes et origines des désordres, les responsabilités encourues ainsi que les préjudices subis par les requérants ;
h) déterminer et chiffrer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres et pour prévenir de nouveaux incidents ;
i) dresser un rapport après avoir préalablement soumis aux parties un pré-rapport et leur avoir permis de formuler sur celui-ci leurs observations.
Article 3 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence, outre de M. A G, expert, de M. C E et Mme D F, de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie et de la commune de Sept-Sorts.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera au greffe ses dires, notes et rapports exclusivement sous forme électronique, dans les conditions suivantes : un pré rapport sur les constatations effectuées et sur les dommages évalués sera versé au contradictoire des parties, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance ; le rapport définitif sera remis deux mois après la réception des éventuelles observations sur le pré rapport.
Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification sera faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.
Article 6 : La première réunion d'expertise interviendra au plus vite à la diligence de l'expert,
M. A G.
Article 7 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 8 : Les dépens de l'instance sont réservés.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C E et Mme D F, à la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, à la commune de Sept-Sorts et à
M. A G, expert.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 3 juillet 2023.
Le juge des référés,
B. B
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026