mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2305843 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BOIZARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023, Mme B D épouse E, agissant en tant en son nom personnel qu'en celui de représentante légale A E, représentée par Me Ferre, demande au tribunal de prescrire une expertise médicale sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ayant pour objet de déterminer les responsabilités encourues à la suite de la prise en charge médicale dont elle a été l'objet du 1er au 2 décembre 2021 au site de Melun du groupe hospitalier Sud Ile-de-France et de déterminer l'étendue du préjudice qui en a résulté ;
Elle soutient que sa fille, A E, a été victime de diverses complications à la suite de la prise en charge de son accouchement du 1er au 2 décembre 2021, en sorte qu'une expertise médicale doit être réalisée au contradictoire du groupe hospitalier Sud Ile-de-France afin de déterminer la cause de ses complications et d'évaluer le préjudice qui en a résulté.
Par un mémoire, enregistré le 21 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Marne, représentée par son directeur, demande au tribunal d'être mise en mesure de participer à l'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Welsch, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2023, la société Relyens Mutual Insurance, représentée par Me Budet, demande au tribunal de prononcer sa mise hors de cause ; elle soutient qu'elle n'est pas l'assureur du groupe hospitalier Sud Ile-de-France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2023, le groupe hospitalier Sud Ile-de-France, représenté par Me Boizard déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise, demande au tribunal de prescrire à l'expert de lui adresser un pré-rapport afin de leur permettre de présenter leurs observations avant le dépôt du rapport définitif et d'ordonner que le centre hospitalier intercommunal André-Grégoire et l'Assistance-publique-hôpitaux de Paris participent aux opérations d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2023, l'Assistance-publique-hôpitaux de Paris déclare qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et demande au tribunal d'ordonner que le centre hospitalier intercommunal Robert-Ballanger participe aux opérations d'expertise.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Timothée Gallaud,
vice-président, pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La demande d'expertise présentée par Mme E, à l'effet d'établir si la prise en charge médicale dont elle a été l'objet le 1er et 2 décembre 2021 au site de Melun du groupe hospitalier Sud Ile-de-France, a été faite dans les règles de l'art, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
3. La société Relyens Mutual Insurance, qui vient aux droits et obligations de la Société hospitalière d'assurances mutuelles, fait valoir qu'elle n'est pas l'assureur du groupe hospitalier Sud Ile-de-France. La requérante n'apporte aucune précision à l'appui de sa demande tendant à ce que l'expertise ordonnée soit réalisée contradictoirement avec la société Relyens Mutual Insurance. Par suite, il y a de mettre hors de cause cette dernière.
4. Il apparaît utile que l'expertise prescrite au point précédée se déroule contradictoirement avec le centre hospitalier intercommunal André-Grégoire et l'Assistance publique-hôpitaux de Paris dès lors que l'enfant A E a été prise en charge, après sa naissance, par des services relevant de ces établissements. En revanche, il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, que soit utile la présence aux opérations d'expertises du centre hospitalier intercommunal Robert-Ballanger, ce sur quoi l'Assistance publique-hôpitaux de Paris n'apporte aucune précision suffisante.
5. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport et de le soumettre préalablement aux parties. Il en résulte que les conclusions du groupe hospitalier Sud Ile-de-France tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport et l'adresse à chacune des parties ne peuvent qu'être rejetées. Il appartiendra à l'expert, dans la conduite des opérations qui lui sont confiées et dont il définira librement les modalités pratiques, d'apprécier s'il y a lieu d'établir un pré-rapport et de l'adresser aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations.
O R D O N N E :
Article 1er : La société Relyens Mutual Insurance est mise hors de cause.
Article 2 : M. F C, exerçant au 20, rue de Verdun à Saint-Leu-la-Forêt (95320), est désigné, comme expert avec pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme D épouse E et de sa fille A E et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de sa prise en charge au site de Melun du groupe hospitalier Sud Ile-de-France, le 1er et 2 décembre 2021 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen clinique de Mme D épouse E et de sa fille A E ;
2°) décrire l'état de santé de Mme D épouse E et les soins et prescriptions antérieurs à son admission, les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée dans cet établissement ; décrire l'état pathologique de la patiente ayant conduit aux soins et aux traitements pratiqués ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis, les traitements et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme D épouse E ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales du groupe hospitalier Sud Ile-de-France et l'utilité des gestes pratiqués ;
4°) si tout ou partie du dommage n'est pas imputable à un manquement aux règles de l'art, dire s'il a pour origine un accident médical et dire si cet accident a entraîné des conséquences anormales à l'aune de la probabilité (à définir précisément en pourcentage) habituelle de réalisation de l'un des risques liés à l'intervention, de l'exposition particulière de l'enfant de la patiente en raison de son état de initial comme de son évolution prévisible, enfin évaluer précisément le niveau de gravité des séquelles présentées ;
5°) dans tous les cas, donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté de l'enfant présente un lien direct, certain avec le manquement ou l'accident constaté ou bien s'ils n'ont entraîné qu'une perte de chance de se soustraire à ce dommage ou d'en éviter une aggravation et fixer dans cette dernière hypothèse l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par l'enfant en le justifiant au regard des données de la science médicale ; en excluant dans l'un ou dans l'autre cas, la part des séquelles qui serait, le cas échéant, à mettre en relation avec toute cause étrangère à la prise en charge de Mme D épouse E et de son enfant par les services du groupe hospitalier Sud Ile-de-France ;
6°) dans le cas d'une pluralité de causes à l'origine du dommage, indiquer la part imputable à chacune d'elles ;
7°) dire si l'état de santé de l'enfant A E est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et, dans le cas où de nouveaux examens seraient nécessaires, mentionner dans quel délai ;
8°) décrire précisément la nature et l'étendue du préjudice actuel subi par l'enfant A E selon la nomenclature usuelle en distinguant les postes de préjudice temporaire, patrimonial et extrapatrimonial, avant consolidation et les postes de préjudice permanent, patrimonial et extrapatrimonial, après consolidation ou pouvant être considérés comme définitivement acquis ;
9°) recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 3 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 4 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre Mme D épouse E, la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Marne, le groupe hospitalier Sud Ile-de-France, l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et le centre hospitalier intercommunal André-Grégoire. L'expert avertira les parties quatre jours au moins à l'avance par lettre recommandée des dates, heures et lieux auxquels ils procèderont aux opérations d'expertise.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance et le notifiera aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D épouse E, à la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Marne, au groupe hospitalier sud Ile-de-France, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, au centre hospitalier intercommunal André-Grégoire et à M. F C, expert.
Copie pour information en sera transmise au centre hospitalier intercommunal Robert-Ballanger.
Fait à Melun, le 15 mai 2024.
Le juge des référés,
T. Gallaud
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026