LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2305868

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2305868

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2305868
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationChambre DALO
Avocat requérantBROCHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juin 2023 et 12 mars 2024, Mme C E, représentée par Me Brochard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 20 000 euros, actualisée à la date de relogement en juillet 2023 inclus, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation, avec intérêts au taux légal à compter du 23 janvier 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- par une décision du 12 septembre 2019, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente pour un logement, dès lors qu'elle était demandeuse d'un logement social depuis un délai anormalement long ; par un jugement du 29 juin 2020, le tribunal a enjoint à l'autorité préfectorale de lui attribuer un logement de type T4-T5 ; par un jugement du 22 juillet 2022, le tribunal a reconnu la carence fautive de l'Etat et a condamné l'Etat à verser à la requérante la somme de 2 812 euros au titre de l'indemnisation du préjudice causé par les troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- elle a droit à l'indemnisation des préjudices subis, notamment du fait qu'elle a occupé un logement de type T2 de 45 mètres carrés avec son mari, leurs deux filles, âgées de 12 et 8 ans, ainsi que leur fils, âgé de 5 ans, rendant la cohabitation difficile pour chacun des membres de la cellule familiale du fait de la sur-occupation manifeste de ce logement ; les photographies du logement attestent de la promiscuité de vie de ses occupants ;

- elle n'a pas refusé la proposition de logement qui lui a été faite car, en raison des restrictions sanitaires en vigueur à compter du mois de mars 2020, le bailleur immobilier 3F l'avait informée de l'impossibilité de procéder à la visite du logement et celle-ci n'a jamais été reprogrammée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- l'intéressée a été relogée le 3 juillet 2023, soit 3 ans et 3 mois après l'expiration du délai dont disposait la préfète pour la reloger, dans un logement de type T4 à Quincy-sous-Sénart (91480), dont le loyer est de 745 euros ;

- la candidature de la requérante a été examinée en commission d'attribution des logements le 15 mars 2020, soit dans le délai de six mois dont disposait la préfète, pour un logement du parc social de type T4 adapté à sa composition familiale et situé dans une commune de son choix, mais l'intéressée a refusé, en toute connaissance de cause, cette proposition de logement sans invoquer de motif impérieux ;

- la requérante, qui a été reconnue prioritaire par la commission de médiation au motif qu'elle était en attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral, n'établit ni le caractère inadapté du logement occupé à ses ressources et à ses besoins, ni le caractère de sur-occupation ;

- le taux d'effort du foyer, avant son relogement, s'élevait à 17%, ce qui ne permet pas de caractériser un taux d'effort excessif au sens de la jurisprudence.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R. 222-13 (1°) du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.

L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence dans un logement de type T4-T5, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 12 septembre 2019 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressée, le tribunal a, par un jugement du 29 juin 2020, prise sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code, enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer le relogement de l'intéressée, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er septembre 2020. Par un jugement du 22 juillet 2022, le tribunal a reconnu la carence fautive de l'Etat et a condamné l'Etat à verser à la requérante la somme de 2 812 euros au titre de l'indemnisation du préjudice causé par les troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence. En l'absence de relogement, Mme E a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 23 janvier 2023, par la préfète du Val-de-Marne. Le silence conservé par l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par la requête susvisée, Mme E demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 20 000 euros actualisée à la date du jugement en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'absence de relogement, avec intérêts au taux légal.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.

En ce qui concerne le principe de la responsabilité :

3. Dans le cas où le demandeur a été reconnu prioritaire au seul motif que sa demande de logement social n'avait pas reçu de réponse dans le délai réglementaire, son maintien dans le logement où il réside ne peut être regardé comme entraînant des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation que si ce logement est inadapté au regard notamment de ses capacités financières et de ses besoins. La circonstance que l'absence de relogement a contraint le demandeur à supporter un loyer manifestement disproportionné au regard de ses ressources, si elle ne peut donner lieu à l'indemnisation d'un préjudice pécuniaire égal à la différence entre le montant du loyer qu'il a payé durant cette période et celui qu'il aurait acquitté si un logement social lui avait été attribué, doit, si elle est établie, être prise en compte pour évaluer le préjudice résultant des troubles dans les conditions d'existence.

4. En premier lieu, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que le logement qu'occupait Mme E et sa famille, avant son relogement, n'était pas en situation de suroccupation. Il résulte de l'instruction, et notamment du contrat de bail versé aux débats par la requérante, que ce logement comprenait une surface habitable de 45 mètres carrés, alors que le seuil de suroccupation est fixé à 43 mètres carrés pour un foyer de cinq personnes par les dispositions de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation. Toutefois, il est constant que la surface habitable de ce logement était proche du seuil et ne comptait que deux pièces principales. Dans ces conditions, et compte tenu de l'âge des enfants nés respectivement le 27 septembre 2010 pour la jeune D, le 15 octobre 2014 pour la jeune A et

le 29 mai 2018 pour le jeune B, le logement occupé par Mme E et sa famille doit être regardé comme étant inadapté aux besoins du foyer familial de la requérante. Dès lors, Mme E est fondée à demander l'engagement de la responsabilité de l'Etat au titre de la carence fautive à la reloger ainsi que sa famille.

5. En deuxième lieu, le refus, sans motif impérieux, d'une proposition de logement adaptée est de nature à faire perdre au demandeur de logement social le bénéfice de la décision de la commission de médiation, pour autant qu'il ait été préalablement informé de cette éventualité conformément à l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation.

6. La préfète du Val-de-Marne fait valoir que la candidature de Mme E a été examinée en commission d'attribution des logements le 15 mars 2020, soit dans le délai de six mois dont disposait l'Etat pour la reloger, pour un logement du parc social de type T4 adapté à sa composition familiale et situé dans une commune de son choix, mais que l'intéressée a refusé une telle proposition de relogement sans opposer de motif impérieux. Toutefois, il ressort du jugement n°2102434 du 22 juillet 2022, dont il n'est pas contesté qu'il est devenu définitif faute d'avoir été frappé d'appel, que si Mme E avait bien opposé un refus à la proposition de relogement qui lui avait été adressée le 15 mars 2020, l'administration n'a pas établi que Mme E aurait été informée des conséquences et qu'ainsi, un tel refus ne mettait pas fin à la période de responsabilité de l'Etat. Ce jugement ayant acquis l'autorité de la chose jugée, la préfète du Val-de-Marne ne saurait utilement soutenir qu'un tel refus pouvait encore délier l'Etat de sa responsabilité. Par suite, il n'y a pas lieu de limiter la période de carence fautive au 15 mars 2020.

7. En troisième lieu, la préfète du Val-de-Marne fait valoir que Mme E et sa famille ont été relogés le 3 juillet 2023 dans un logement de type T4 dont le loyer est de 745 euros. Elle produit à cette fin un extrait " Syplo " confirmant la signature d'un contrat de bail pour un logement à Quincy-sous-Sénart à cette date. Si la requérante produit un mémoire en réponse, elle ne dément pas une telle information. Par suite, si Mme E est fondée à demander l'engagement de la responsabilité de l'Etat pour carence fautive à la reloger, la période d'engagement de cette responsabilité doit être regardée comme s'achevant

le 3 juillet 2023.

En ce qui concerne la réparation du préjudice :

8. Il résulte de tout ce qui précède que, compte tenu des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat à attribuer un logement au demandeur, de la durée de cette carence, soit 39 mois après la naissance de l'obligation pesant sur l'Etat née à l'expiration d'un délai de six mois après la décision de la commission de médiation, et du nombre de personnes vivant au foyer pendant la période en cause, soit au total cinq personnes, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence en condamnant l'Etat à verser à la requérante une somme de 4 900 (quatre mille neuf cents) euros.

Sur les intérêts :

9. La requérante a droit aux intérêts au taux légal à compter du 23 janvier 2023, date de réception de sa demande préalable indemnitaire par les services préfectoraux.

Sur les frais d'instance :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme E une somme de 4 900 (quatre mille neuf cents) euros, assortie des intérêts au taux légal calculés à partir du 23 janvier 2023.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à la préfète du

Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.

Le magistrat désigné,

S. DELMAS

La greffière,

M. F

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

M. F

N°2305868

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions