mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2306673 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre DALO 14 |
| Avocat requérant | COUSIN MIKOWSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2023, M. A B, représenté par Me Cousin E, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 3 000 euros, au jour du dépôt de la requête et sauf à parfaire, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 960 euros en application de
l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 13 euros au titre des frais de plaidoirie.
Il soutient que :
- par une décision en date du 1er avril 2021, la commission de médiation l'a reconnu prioritaire et urgente ; par un jugement du 30 juin 2022, le tribunal a enjoint à l'autorité préfectorale de lui attribuer un logement de type T1-T2 adapté à ses besoins et capacités ;
- l'intéressé a droit à l'indemnisation du préjudice subi, notamment du fait de l'ancienneté de sa demande de logement social et qu'il soit logé avec son fils mineur, depuis le 26 mars 2021, dans un logement de 16, 35 mètres carrés par l'association " Résidétapes Développement ", il a fait l'objet d'une procédure d'expulsion.
Par un mémoire en défense du 3 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- M. B est logé dans une résidence sociale pour actifs depuis le 26 mars 2021 ; la candidature du requérant a été examinée en commission d'attribution des logements le 9 août 2023, pour un logement du parc social de type T3 adapté à sa composition familiale et situé dans une commune de son choix, mais l'intéressé a refusé, en toute connaissance de cause, cette proposition de logement sans invoquer de motif impérieux ;
- le taux d'effort du foyer s'élève à 23%, ce qui ne permet pas de caractériser un taux d'effort excessif au sens de la jurisprudence.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. Delmas, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 1er avril 2021 de la commission de médiation du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressé, le tribunal a, par une ordonnance n° 2109763 du 30 juin 2022, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer son relogement, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er octobre 2022. En l'absence de relogement, M. B a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 13 juillet 2023, par la préfète du Val-de-Marne qui l'a rejetée implicitement. Par la requête susvisée, M. B demande au Tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser 3 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de son absence de relogement.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, la carence fautive de l'Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti, qui commence à courir, dans le Val-de-Marne, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation, engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.
En ce qui concerne le principe de la responsabilité :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B s'est vu reconnaître le 15 avril 2021 un droit au logement opposable par la commission de médiation pour le motif suivant : " dépourvu de logement/hébergé chez un particulier ". Il résulte de l'instruction que M. B s'est vu reconnaître le 15 avril 2021 un droit au logement opposable par la commission de médiation pour le motif suivant : " dépourvu de logement/hébergé chez un particulier ". S'il résulte de l'instruction que l'intéressé a bénéficié d'une chambre d'une surface de 16,35 mètres carrés dans une résidence sociale en vertu d'une convention d'occupation temporaire, un tel hébergement ne lui a pas conféré 'autonomie à laquelle il pouvait prétendre en vertu de la décision de la commission de médiation. En conséquence, un tel hébergement ne saurait délier l'administration de son obligation à exécuter la décision de la commission de médiation précitée, nonobstant la modicité relative du coût de la redevance d'occupation compte tenu des ressources de M. B.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le bailleur auquel le demandeur est désigné informe ce dernier ainsi que, le cas échéant, la personne assurant l'assistance prévue au troisième alinéa du II de l'article L. 441-23, dans la proposition de logement qu'il lui adresse, que cette offre lui est faite au titre du droit au logement opposable et attire son attention sur le fait qu'en cas de refus d'une offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités il risque de perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation en application de laquelle l'offre lui est faite. ". Le refus, sans motif impérieux, d'une proposition de logement adaptée est de nature à faire perdre à l'intéressée le bénéfice de la décision de la commission de médiation, pour autant qu'il ait été préalablement informé de cette éventualité conformément à l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation.
5. La préfète du Val-de-Marne oppose à M. B de s'être vu adresser une proposition de relogement dans un logement de type T3 adaptés à sa composition familiale, à Noisiel le 7 septembre 2023, candidature placée en première position, et que ce dernier a refusé sans motif légitime. Toutefois, si la décision du 1er avril 2021 de la commission de médiation du Val-de-Marne indique que " le refus d'une proposition adaptée " peut " faire perdre le caractère de priorité et d'urgence " du " relogement qui est reconnu commission de médiation ", il ne résulte pas de l'instruction que le bailleur social aurait spécialement attiré l'attention de M. A sur les conséquences d'un refus de cette proposition de relogement, comme le prévoient les dispositions de l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation. En conséquence, l'administration ne peut soutenir que la période d'engagement de sa responsabilité de l'Etat au titre de la carence fautive à reloger M. B s'achevait le 7 septembre 2023.
En ce qui concerne la réparation du préjudice :
6. En premier lieu, si M. B se prévaut d'une attestation établie par un responsable de la résidence " Résidétape " de Montévrain indiquant que le requérant vit avec son fils le jeune C depuis sa naissance le 5 avril 2023, cette attestation n'est pas suffisamment circonstanciée pour en déduire que l'intéressé a la charge de cet enfant au sens de la législation fiscale, et qu'il peut ainsi être regardé comme un membre du foyer de M. B.
7. En second lieu, compte tenu des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat à attribuer un logement au demandeur, de la durée de cette carence, soit trente et-un mois après la naissance de l'obligation pesant sur l'Etat, née à l'expiration d'un délai de six mois après la décision de la commission de médiation, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence en condamnant l'Etat à verser à M. B une somme de 650 euros.
Sur les frais d'instance :
8. En premier lieu, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, dès lors que les droits de plaidoirie ne sont pas au nombre des dépens énumérés par l'article R. 761-1 du code de justice administrative. En outre, en l'absence de justification de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
9. En second lieu, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat qui est, dans la présente instance, la partie perdante, la somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : L'Etat est condamné à verser à M. B une somme de 650 (six cent cinquante) euros au titre des dommages et intérêts.
Article 2 : L'Etat (préfecture du Val-de-Marne) versera à M. B une somme de 800 (huit cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Cousin E, au ministre en charge du logement et à la préfète du Val-de-Marne.
Le magistrat désigné,
Signé : S. DELMAS
La greffière,
Signé : M. D
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2306673
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026