vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307001 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | DEHAN SCHINAZI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2023 sous le n° 2307001, M. B A, représenté par Me Dehan, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- les 6 décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 19 mars 2012, 29 octobre 2014 à 16 heures 06, 29 octobre 2014 à 16 heures 13, 2 juin 2017, 23 décembre 2017 et 12 août 2019 ;
- la décision de rejet implicite de son recours gracieux réceptionné le 14 avril 2023 par le ministre de l'Intérieur ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui créditer les points illégalement retirés suite aux 5 infractions susmentionnées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, le ministre de l'Intérieur conclut :
- à titre principal à l'irrecevabilité de la requête en faisant valoir qu'elle est tardive puisque M. A s'est vu notifier le 10 novembre 2021 une décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire et mentionnant les retraits de points litigieux ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 17 octobre 2023, M. A conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens en soutenant que la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la tardiveté de sa requête doit être écartée, car il conteste les 6 décisions de retrait de points consécutifs aux infractions des 19 mars 2012, 29 octobre 2014 à 16 heures 06, 29 octobre 2014 à 16 heures 13, 2 juin 2017, 23 décembre 2017 et 12 août 2019 et non la décision " 48 SI ".
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : " 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () "
2. Il résulte de l'instruction que M. B A, né le 8 août 1975, a constaté en consultant le relevé d'information intégral (R2I) afférent à son permis de conduire qu'il avait fait l'objet de 6 décisions de retrait de points consécutives aux infractions routières relevées les 19 mars 2012, 29 octobre 2014 à 16 heures 06, 29 octobre 2014 à 16 heures 13, 2 juin 2017, 23 décembre 2017 et 12 août 2019. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal d'annuler ces 6 décisions de retrait de points ainsi que la décision par laquelle le ministre de l'Intérieur a implicitement rejeté son recours gracieux réceptionné le 14 avril 2023.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le ministre en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " ; aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Aux termes de l'article L. 410-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Pour l'application du présent titre, on entend par : () / 2° Recours gracieux : le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée () " ; aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. " ; enfin aux termes de l'article L. 231-4 de ce code, une décision implicite de rejet naît du silence gardé pendant plus de deux mois par l'administration.
4. Il résulte de l'instruction que, suite à une nouvelle infraction du 16 juin 2020, postérieure aux 6 infractions ayant donné lieu aux retraits de points contestés, M. A s'est vu retirer 3 points supplémentaires. Actant le fait que le solde de points de son permis de conduire était nul, le ministre lui a adressé une décision référencée " 48 SI " par courrier recommandé n° LP 2C 155 434 4242 2. Ce courrier a été présenté le 10 novembre 2021 au domicile du requérant, soit au 87 avenue du général de Gaulle à Paray Vieille Poste (91550), puis retourné à l'expéditeur avec la mention " Pli avisé non réclamé ". Il s'ensuit que ce courrier est réputé avoir été notifié à M. A à sa date de présentation, soit le 10 novembre 2021. De plus, la décision " 48 SI ", formalisée sur formulaire type contenait sur son verso mention des voies et délais de recours. Enfin, cette décision " 48 SI " consécutive à l'infraction du 16 juin 2020 faisait nécessairement référence aux infractions qui l'avaient précédée, et notamment aux 6 infractions des 19 mars 2012, 29 octobre 2014 à 16 heures 06, 29 octobre 2014 à 16 heures 13, 2 juin 2017, 23 décembre 2017 et 12 août 2019 ayant donné lieu aux 6 retraits de points litigieux.
5. Il s'ensuit que M. A avait, en application des dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, deux mois à compter de la notification de la décision " 48 SI ", soit jusqu'au 10 janvier 2022 pour présenter soit une requête contentieuse au tribunal compétent, soit un recours gracieux à l'auteur de la décision. Or, la présente requête n'a été enregistrée que le 5 juillet 2023 et le recours gracieux qui l'a précédée n'a été réceptionné que le 14 avril 2023, ainsi qu'il ressort des pièces produites par le requérant lui-même. Il s'ensuit que l'un comme l'autre ont été formulés bien au-delà de l'expiration du délai du recours contentieux. Si le requérant soutient en réplique que la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de la tardiveté de sa requête doit être écartée, car il conteste les 6 décisions de retrait de points consécutifs aux infractions des 19 mars 2012, 29 octobre 2014 à 16 heures 06, 29 octobre 2014 à 16 heures 13, 2 juin 2017, 23 décembre 2017 et 12 août 2019 et non la décision " 48 SI ", il résulte de ce qui a été développé au point précédent que cette décision " 48 SI " faisait nécessairement mention des 6 décisions de retrait de points querellées. Par suite, c'est à bon droit que le ministre de l'Intérieur soulève en défense une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête de M. A. Il s'ensuit que celle-ci doit être rejetée comme irrecevable, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'Intérieur.
Fait à Melun le 14 février 2025.
Le président
Signé : C. Freydefont
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026