mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2307044 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LACOEUILHE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2023, M. C F et Mme D A épouse F, représentés par Me Clavier, demandent au juge des référés :
1°) de prescrire une expertise médicale sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ayant pour objet de déterminer les responsabilités encourues à la suite de la prise en charge médicale dont Mme A épouse F a été l'objet à compter du 23 janvier 2013 au site de Montereau-Fault-Yonne du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et de déterminer l'étendue du préjudice qui en a résulté ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la surveillance clinique de la grossesse de Mme A épouse F n'a pas été effectuée dans les règles de l'art et que les manquements dans son suivi ont entraîné une perte de chance de procéder à un dépistage anténatal de la trisomie 21 de leur enfant.
Par un mémoire, enregistré le 1er septembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Marne, représentée par son directeur, demande au tribunal d'être mise en mesure de participer à l'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2024, le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne déclare qu'il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée en émettant des réserves sur l'engagement de sa responsabilité, demande que les frais d'expertise soient mis à la charge des requérants et conclut au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Timothée Gallaud,
vice-président, pour statuer sur les demandes de référé présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. La survenue, chez les proches d'un enfant atteint d'une maladie, de pathologies portant atteinte à leur intégrité psychique, consécutives à la découverte de cette maladie, ne peut être regardée comme la conséquence directe de la faute éventuellement commise par la personne publique à l'origine de cette maladie et ne saurait, dès lors, ouvrir un droit à réparation des préjudices résultant de ces pathologies. Par suite, il n'apparaît pas que les pertes de gains professionnels et l'incidence professionnelle dont les requérants font état dans leur requête puissent faire l'objet d'une demande d'indemnisation. Quant au préjudice moral dont les requérants pourraient éventuellement être amenés à demander réparation, il appartiendra le cas échéant au juge du fond de l'évaluer sans que l'avis d'un expert soit nécessaire sur ce point. Dans ces conditions, la demande tendant à ce que la mission de l'expert porte sur les postes de préjudice dont font état les requérants est dépourvue d'utilité.
3. En revanche, la demande d'expertise présentée par les requérants, en ce qu'elle a pour objet d'établir si la prise en charge médicale dont cette dernière a été l'objet à compter du 23 janvier 2013 au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
4. Les dispositions des articles R. 621-12 et R. 621-13 du code de justice administrative font obstacle à ce que le juge des référés mette les frais d'expertise à la charge de l'une ou l'autre des parties. Il s'ensuit que les conclusions du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne tendant à ce qu'il soit statué sur la charge des frais d'expertise sont prématurées et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B E, exerçant au 4, rue Claude Bernard, à le Coudray (28630) est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme D A épouse F et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle, lors de sa prise en charge par le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne à compter du 23 janvier 2013 ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ;
2°) décrire les conditions dans lesquelles a été suivie la grossesse de Mme A épouse F par les services du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science ;
4°) en cas de manquement constaté, donner son avis sur le point de savoir si l'impossibilité dans laquelle ont été les requérants d'avoir connaissance, au cours de la grossesse de Mme A épouse F, de la maladie dont est atteint leur enfant, présente un lien direct, certain avec ce manquement ou bien s'il n'a entraîné qu'une perte de chance d'avoir cette information et fixer dans cette dernière hypothèse l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue en le justifiant au regard des données de la science médicale ; le cas échéant, fixer la date à laquelle une telle information aurait pu être portée à leur connaissance ;
5°) recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles à l'examen des questions précédemment définies.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 3 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre M. F, Mme A épouse F, la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Mane et le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne. L'expert avertira les parties quatre jours au moins à l'avance par lettre recommandée des dates, heures et lieux auxquels ils procèderont aux opérations d'expertise.
Article 4 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance et le notifiera aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 5 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C F, à Mme D A épouse F, à la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-et-Marne, au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne et à M. B E, expert.
Fait à Melun, le 15 mai 2024.
Le juge des référés,
T. Gallaud
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026