vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2308168 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | DEHAN SCHINAZI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2023 sous le n° 2308168, et un mémoire en réplique enregistré le 1er décembre 2023, M. A B, représenté par Me Siksik, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler :
- les 3 décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 8 avril 2012, 18 août 2016 et 29 janvier 2017 à 0 heure 53 ;
- la décision de rejet de son recours gracieux réceptionné le 12 juillet 2023 par le ministre de l'Intérieur ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés suite aux infractions susmentionnées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, le ministre de l'Intérieur conclut :
- à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête en faisant valoir qu'elle est tardive puisque M. B s'est vu notifier le 19 octobre 2017 une décision " 48 SI " récapitulant les retraits de points en litige ;
- à titre subsidiaire, au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : " 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () "
2. Il résulte de l'instruction que M. A B, né le 8 décembre 1987, a constaté qu'il avait fait l'objet de 3 décisions de retrait de points consécutives aux infractions routières relevées les 8 avril 2012, 18 août 2016 et 29 janvier 2017 à 0 heure 53. Par la requête susvisée, M. B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler ces 3 décisions de retrait de points, ainsi que la décision par laquelle le ministre de l'Intérieur a implicitement rejeté son recours gracieux réceptionné le 12 juillet 2023.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le ministre en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " ; aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Aux termes de l'article L. 410-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Pour l'application du présent titre, on entend par : () / 2° Recours gracieux : le recours administratif adressé à l'administration qui a pris la décision contestée () " ; aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. " ; enfin aux termes de l'article L. 231-4 de ce code, une décision implicite de rejet naît du silence gardé pendant plus de deux mois par l'administration.
4. Il résulte de l'instruction que M. B s'est vu adresser par le ministre de l'Intérieur une décision " 48 SI " à l'adresse de M. B, soit le 35 rue des Eglantiers à Thiais (94320), par courrier recommandé n° LP 2C 122 783 8238 2. Ce courrier a été distribué le 19 octobre 2017 à M. B ainsi qu'il ressort de l'avis de réception comportant la date de distribution au 19-10-17 et signé par le destinataire. Il ressort du relevé d'information intégral (R2I) afférent au permis de conduire de M. B que les 3 infractions ayant donné aux 3 retraits de points qu'il conteste ont été constatées antérieurement à la décision " 48 SI " ; par suite, celle-ci faisait nécessairement mention de ces 3 infractions et donc des 3 retraits de points litigieux. Cette décision " 48 SI ", formalisée sur formulaire type produit en défense contenait sur son verso mention des voies et délais de recours.
5. Il s'ensuit que M. B avait, en application des dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative, deux mois à compter de la notification de la décision " 48 SI ", soit jusqu'au 19 décembre 2017 pour présenter soit une requête contentieuse au tribunal compétent, soit un recours gracieux à l'auteur de la décision. Or, la présente requête n'a été enregistrée que le 3 août 2023 et le recours gracieux qui l'a précédée n'a été réceptionné que le 12 juillet 2023, ainsi qu'il ressort des pièces produites par le requérant lui-même. Il s'ensuit que l'un comme l'autre ont été formulés bien au-delà de l'expiration du délai du recours contentieux. Par suite, c'est à bon droit que le ministre oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation des 3 retraits de points consécutifs aux infractions des 8 avril 2012, 18 août 2016 et 29 janvier 2017 à 0 heure 53. En réplique, M. B soutient que le ministre ne peut lui opposer la tardiveté de sa requête au vu de la notification le 19 octobre 2017 d'une décision " 48 SI " puisqu'il ne conteste pas cette décision mais la décision implicite de rejet de son recours du 12 juillet 2023 ; toutefois, ainsi qu'il été dit au point précédent, les 3 retraits de points litigieux figuraient nécessairement dans la décision " 48 SI " notifiée le 19 octobre 2017 ; par suite, son recours du 12 juillet 2023 par lequel il contestait les mêmes décisions de retraits de points était bien tardif. Par voie de conséquence, sa requête l'était aussi.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation contenues dans la requête de M. B sont irrecevables ; elles doivent donc être rejetées en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'Intérieur.
Fait à Melun le 14 février 2025.
Le président
Signé : C. Freydefont
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026