lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2308820 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GUELOT & BARANEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés les 24 août 2023, 27 septembre 2023,
24 octobre 2023 et 6 février 2024, la société I2C, représentée par Me Xavier Griffiths, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, ayant pour mission de :
- se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
- se rendre sur place et décrire, sous forme de pré-rapport, la nature et l'étendue des difficultés mentionnées dans la présente requête et ses pièces annexes ;
- fournir tous les éléments utiles d'appréciation sur les causes de ces difficultés, et donner son avis, sur un plan technique et factuel, sur le caractère abusif voire frauduleux de la demande des sociétés CMI Proserpol (renommée John Cockerill Proserpol) et Sources au titre de la garantie à première demande ;
- fournir de façon générale, tous éléments techniques et de faits de nature à permettre à la juridiction du fond, éventuellement saisie, de se prononcer sur les responsabilités encourues et les préjudices subis ;
- du tout, dresser un rapport en veillant à laisser aux parties un délai d'un mois au moins pour leurs observations sur son pré-rapport ;
2°) de mettre à la charge des sociétés CMI Proserpol et Sources la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- dans le cadre d'un marché de travaux publics portant sur l'exécution de travaux de génie civil et voirie réseaux divers sur l'usine d'épuration de Seine Amont située à Valenton, et attribué par le SIAAP et le SYCTOM à un groupement d'entreprises dont font partie les sociétés CMI Proserpol et Sources, ces dernières ont conclu un contrat de sous-traitance avec la société I2C
le 12 mars 2021 pour l'exécution de ces travaux ; lors de l'exécution de son contrat de sous-traitance, elle a rencontré diverses difficultés, principalement de trois ordres, à savoir des retards de règlement, des travaux supplémentaires/modificatifs impayés, et des frais liés aux retards sur le chantier, qui ne lui sont pas imputables ;
- en dépit des explications apportées par la société I2C, les sociétés CMI Proserpol et Sources ont sollicité le 13 juillet 2023 la société Coface, en sa qualité de débitrice de la garantie à première demande souscrite par la société I2C, en sollicitant le versement d'une somme correspondant à 10% du contrat de sous-traitance, alors que cette demande n'est ni recevable (car la sté I2C bénéficie du paiement direct) ni justifiée dans son montant (la somme réclamée dépassant largement le montant nécessaire pour les travaux de finition restant à réaliser) ; la société John Cockerill Proserpol lui a ensuite notifié la résiliation de son contrat de sous-traitance à ses torts exclusifs ;
- la mesure d'expertise permettra de faire la lumière, d'un point de vue technique et factuel, sur les préjudices de la société I2C, les responsabilités de chacun, les circonstances de la résiliation du marché de sous-traitance, et sur le caractère abusif voire frauduleux de la demande des sociétés CMI Proserpol et Sources au titre de la garantie à première demande, dans l'éventualité d'un recours à l'encontre de la société John Cockerill Proserpol sur le fondement de la responsabilité contractuelle, ou de la maîtrise d'ouvrage sur le fondement du droit à paiement direct ; la société I2C ayant toujours donné toutes les précisions nécessaires aux demandes de clarifications qui lui ont été adressées, l'expert pourra par ailleurs confirmer le caractère factuellement et techniquement infondé du refus des situations de travaux de la société I2C ;
- si elle dispose d'éléments lui permettant d'avancer un chiffrage de ses frais liés aux retards sur le chantier, toute réclamation qu'elle formulera aura vocation à être contestée par les défendeurs ; il est donc utile qu'un expert donne son avis sur ce chiffrage, après avoir analysé les causes et l'importance de ces retards ;
- la sollicitation de la garantie à première demande était fondée sur des motifs dont le caractère erroné et infondé, sur un plan factuel et technique, peut être caractérisé par un expert, au terme de son analyse des événements survenus sur le chantier et des éléments échangés entre les parties avant cette sollicitation ; à supposer que la formulation initialement proposée dans la requête pose une difficulté, le juge des référés pourra demander à l'expert de fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction du fond, éventuellement saisie, de se prononcer sur le caractère abusif voire frauduleux de la demande des sociétés CMI Proserpol et Sources au titre de la garantie à première demande.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 septembre et 23 octobre 2023, la société CMI Proserpol et la société Sources, représentées par Me Jean-Marie Guelot, concluent :
1°) à titre principal : à ce que le juge des référés rejette la requête de la société I2C, et mette à sa charge la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, dans le cas où une mission d'expertise serait ordonnée, de donner pour mission à l'expert de :
- se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
- se rendre sur place ;
- fournir tous les éléments factuels et donner son avis sur :
* l'élaboration par la société I2C des plannings d'exécution au regard des prescriptions du marché et ainsi que sur l'observation des délais induits ;
* la fourniture des études et travaux confiés à la société I2C, ainsi que sur leur état d'avancement au regard du calendrier contractuel et ses divers recalages ;
* l'existence des non-façons ou malfaçons alléguées par les sociétés CMI Proserpol et Sources ;
* les conditions de gestion du chantier ;
* les conditions d'exécution par la société I2C de la procédure de paiement direct ;
- fournir de façon générale tous éléments techniques et de faits de nature à permettre à la juridiction du fond éventuellement saisie de se prononcer sur les préjudices allégués.
Elles font valoir que :
- la société I2C n'a pas exécuté ses obligations contractuelles, notamment en omettant de transmettre à bonne date les études lui incombant, en fournissant des prestations insatisfaisantes ou incomplètes, en ne respectant pas les délais annoncés et en ne gérant pas correctement son propre chantier ;
- l'utilité de l'expertise n'est pas démontrée, dans la mesure où la société I2C reconnaît elle-même disposer de tous les éléments en relation avec le retard de paiement dont elle se prévaut ainsi que sur les intérêts moratoires susceptibles d'en découler, où elle a nécessairement connaissance des frais auxquels elle aurait été exposée du fait de retards sur le chantier, et où elle ne donne aucune explication sur la difficulté rencontrée sur les travaux supplémentaires ou modificatifs ;
- la société I2C ne donne aucune indication sur la nature du litige auquel pourrait se rattacher la mesure sollicitée ; elle ne définit pas l'objet et le contenu de la mission de l'expert, se bornant à faire état de " difficultés " ; l'expert ne saurait par ailleurs donner un avis sur le caractère abusif ou frauduleux de l'appel de la garantie, ce qui constitue une question de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 janvier 2024, le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAAP) et le SYCTOM, représentés par
Me Blaise Eglie-Richters, concluent à ce que le juge des référés :
1) donne acte de ce qu'ils ne s'opposent pas à la mesure d'expertise, sous les plus extrêmes réserves s'agissant de leur responsabilité ;
2) mette à la charge de la société I2Cla somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A, première vice-présidente, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, notamment, au regard des éléments dont le demandeur dispose.
3. Si la société I2C soutient que le prononcé d'une expertise est utile dans la perspective d'un éventuel recours contentieux, elle ne démontre pas en quoi la technicité d'un homme de l'art serait nécessaire, alors même, d'une part, qu'elle indique avoir donné au groupement de travaux toutes les explications utiles pour justifier des problèmes qu'elle rencontrait, qu'elle produit la copie des échanges entre les parties, et qu'elle dispose nécessairement de tous les éléments permettant d'évaluer ses éventuels préjudices. De plus, les dispositions de l'article R.532-1 du code de justice administrative n'autorisent pas le juge administratif à confier à un expert une mission portant sur des questions de droit et, en particulier, il ne lui appartient pas de prescrire une mesure d'expertise qui porterait sur la qualification juridique des faits ou les conséquences juridiques à tirer de constatations de fait. Dès lors, la société I2C ne saurait demander au juge des référés de charger l'expert de donner un avis sur le caractère abusif voire frauduleux de la demande des sociétés CMI Proserpol et Sources au titre de la garantie à première demande, ou de donner une appréciation sur les causes des difficultés qu'elle aurait rencontrées. Par suite, la mesure d'instruction sollicitée par la société I2C ne présente pas le caractère d'utilité requis. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter sa requête.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice
administrative :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société I2C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société I2C, à la société John Cockerill Proserpol (anciennement CMI Proserpol), à la société Sources, au SYCTOM et au SIAAP.
Fait à Melun, le 7 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé : S. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026