Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312522

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2312522
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, détenu, qui contestait des fouilles intégrales systématiques après des parloirs-famille et demandait la communication des décisions correspondantes. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle n'était pas accompagnée des décisions attaquées, et M. A n'a pas justifié de l'impossibilité de les produire malgré une demande de régularisation. Le tribunal a appliqué les articles R. 222-1 (4°) et R. 412-1 du code de justice administrative, qui imposent la production de la décision attaquée sous peine d'irrecevabilité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 novembre et 2 décembre 2023, M. B A demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au centre pénitentiaire du Sud Francilien de transmettre la ou les décisions ordonnant systématiquement à son encontre des fouilles intégrales à l'issue des parloirs-famille ;

2°) d'annuler cette ou ces décisions.

Vu la lettre du 24 novembre 2023 adressée par le greffe du tribunal à M. A l'invitant à régulariser sa requête en produisant les demandes de communication des décisions attaquées qu'il a adressées à l'administration pénitentiaire ainsi que leurs accusés-réception.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent statuer par ordonnance pour rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

3. M. A, incarcéré au sein du centre pénitentiaire Sud Francilien, soutient avoir fait l'objet d'une fouille intégrale à l'issue de deux parloirs intervenus en mai et en

octobre 2023, et demande la communication et l'annulation de la ou des décisions ordonnant à son encontre ces fouilles intégrales. La requête de M. A n'est pas accompagnée de la ou des décisions attaquées, ce dernier se bornant à soutenir qu'il a fait l'objet " à deux reprises " par le personnel pénitentiaire d'un refus de communication des décisions litigieuses. Une demande de régularisation lui a été adressée par le greffe du tribunal le 24 novembre 2023 et dont il a accusé réception le 29 novembre 2023 l'invitant à produire la ou les décisions attaquées ou la preuve d'une demande formulée à l'administration pénitentiaire tendant à obtenir la copie des décisions litigieuses.

4. En réponse à cette demande de régularisation, M. A soutient qu'une " difficulté insurmontable " l'empêche de produire les actes attaqués et qu'il appartient au tribunal d'enjoindre à l'établissement pénitentiaire du Sud Francilien de les produire. Toutefois, M. A n'établit pas avoir effectué les diligences nécessaires pour obtenir auprès de l'établissement pénitentiaire la copie de la ou des décisions attaquées. Par ailleurs, le seul document produit, à savoir une convocation au parloir le 15 octobre 2023 de 8 heures 45 à 9 heures 45, ne permet pas d'attester de l'existence d'une décision ordonnant la pratique systématique d'une fouille intégrale du requérant à l'issue des parloirs famille. Dans ces conditions, en l'absence de production de la ou des décisions attaquées et de l'impossibilité justifiée de les produire, la requête de M. A, qui n'a pas été régularisée dans le délai imparti, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Melun, le 3 décembre 2024.

La présidente,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière