jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2312755 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | NAKACHE - PEREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Perez, demande au juge des référés, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir à lui verser une provision de 20 000 euros en réparation de son préjudice corporel ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir le versement de la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir aux entiers dépens.
Il soutient que :
- l'accident dont il a été victime le 30 avril 2019 est un accident imputable au service, l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir a d'ailleurs reconnu lui-même cette qualification par courrier du 14 mai 2019 ;
- l'obligation indemnitaire de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir est par conséquent non sérieusement contestable ;
- il a été grièvement blessé lors de cet accident, nécessitant une hospitalisation du 30 avril 2019 au 8 juillet 2019 au centre hospitalier Henri Mondor au cours de laquelle il a subi trois opérations chirurgicales ; il a été transféré par la suite au centre de réadaptation de Coubert du 8 juillet 2019 au 28 mars 2020 pour une prise en charge rééducative d'une paraplégie motrice ; au cours de cette seconde hospitalisation, il a été placé sous traitement antidépresseur et a été traité pour des troubles vésicaux et intestinaux accompagnés d'escarres ; une consultation de contrôle et des traitements par antalgiques et antidépresseurs lui ont été prescrits à sa sortie du centre de réadaptation ;
- il a été reconnu travailleur handicapé le 14 janvier 2020 ;
- le médecin-conseil de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir lui a reconnu une invalidité de 75 %.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, présenté par Me Magnaval, l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir, représenté par son président en exercice, conclut à ce que le tribunal fasse droit à la demande de provision présentée par M. A et rejette les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'il ne s'oppose pas au versement de la provision sollicitée d'un montant de 20 000 euros au titre du préjudice corporel subi par M. A, en raison notamment de la reconnaissance de l'imputabilité de l'accident au service et de la proposition du médecin-conseil de fixer à 75 % le taux d'incapacité permanente partielle de M. A.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjoint technique territorial principal de 2ème classe, employé par l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir, affecté à l'équipe polyvalente du parc des sports Dominique Duvauchelle (94000), a été victime, le 30 avril 2019, d'un accident sur son lieu de travail en chutant d'environ quatre mètres alors qu'il effectuait une opération de maintenance des tribunes. Par décision du 14 mai 2019, l'établissement public territorial Grand Paris Sud-Est Avenir a reconnu l'imputabilité au service de cet accident. M. A a formé une réclamation indemnitaire préalable le 16 juin 2023, réceptionnée le 19 juin 2023, par laquelle il a demandé à l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir l'allocation d'une indemnité provisionnelle d'un montant de 20 000 euros en réparation des préjudices subis à la suite de l'accident du 30 avril 2019. Par cette requête, M. A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir à lui verser une provision de 20 000 euros en réparation du préjudice corporel résultant de l'accident survenu le 30 avril 2019.
Sur la demande de provision :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
3. D'autre part, les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions instituant ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font, en revanche, obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité.
Sur l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :
4. Il est constant que l'accident dont M. A a été victime le 30 avril 2019 a été reconnu imputable au service par une décision de l'Etablissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir du 14 mai 2019. En outre, l'établissement intercommunal a répondu favorablement, par décision du 17 avril 2023, puis à l'occasion de la présente instance, à la demande de l'intéressé tendant au versement d'une indemnité provisionnelle d'un montant de 20 000 euros en réparation des préjudices résultant de cet accident. Dès lors, l'obligation dont se prévaut M. A au titre de la responsabilité sans faute de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir du fait des conséquences personnelles de cet accident n'apparaît pas, dans son principe, sérieusement contestable.
Sur le montant de la provision sollicitée en réparation du préjudice corporel subi :
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'accident survenu le 30 avril 2014, M. A a été hospitalisé en urgence au centre hospitalier Henri Mondor du 30 avril 2019 au 8 juillet 2019 pour une fracture grave instable du rachis thoracique de type B2 sur la vertèbre T12, compliquée d'une paraplégie flasque, nécessitant trois interventions chirurgicales successives. Souffrant d'une paraplégie motrice, il a ensuite été transféré dans un centre de neuro-rééducation du 8 juillet 2019 au 28 mars 2020 pour une prise en charge rééducative. L'état de santé de M. A a également nécessité la mise en place d'un traitement antidépresseur et la prise en charge médicale de troubles vésicaux et intestinaux, accompagnés d'escarres. Pendant ce séjour en centre de rééducation ainsi qu'à sa sortie, la paraplégie motrice de M. A est demeurée inchangée. Par décision du 14 janvier 2020, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Val-de-Marne lui a reconnu la qualité de travailleur handicapé et a fixé son taux d'incapacité supérieur ou égale à 80 %. Le rapport médical établi le 2 mars 2023 par le Docteur C, neurologue agréé du Val-de-Marne, dans le cadre de l'expertise médicale sollicitée par l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir, conclut que la situation de M. A, présentant une paraplégie flasque des membres inférieurs, est durablement stabilisée et que la consolidation de son état peut être retenue à échéance de deux ans, soit à compter du 30 avril 2021. Le médecin-conseil propose notamment de retenir un taux d'incapacité permanente partielle de 75 %.
6. D'autre part, l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir fait valoir que par décision du 17 avril 2023, il a répondu favorablement à la demande présentée le 17 mars 2023 par M. A tendant d'une part, à l'organisation d'une expertise amiable et contradictoire et d'autre part, au versement d'une indemnité provisionnelle d'un montant de 20 000 euros en réparation des préjudices résultant de l'accident du 30 avril 2019. S'agissant du versement de l'indemnité provisionnelle, l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir précise toutefois qu'en raison de difficultés comptables, ce versement n'a pas être mis en œuvre.
7. Par suite, eu égard à la paraplégie motrice dont souffre M. A à la suite de l'accident de service survenu le 30 avril 2019, il n'est pas contesté que l'intéressé subit un préjudice corporel. M. A est par conséquent fondé à obtenir au titre de l'indemnisation de ce préjudice non sérieusement contestable le versement d'une provision d'un montant de 20 000 euros.
Sur les frais du litige :
8. En l'absence de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. A au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
9. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir, partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir est condamné à verser à M. A une provision d'un montant de 20 000 euros.
Article 2 : L'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir versera à M. A une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir.
Copie en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 5 septembre 2024.
La juge des référés,
I. BILLANDON
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026