lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | IMBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 7 et 15 février 2024,
la commune de Montereau-fault-Yonne, représentée par Me Xavier Boissy, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ;
2°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- dans le cadre d'un marché public, elle a fait réaliser à partir d'août 2015 la reconstruction des vestiaires du stade Jean Bouin, situé rue Guy Boniface sur le territoire de sa commune ;
- postérieurement à la réception des travaux en date du 31 juillet 2017, des infiltrations importantes ont été constatées dans le sous-sol de la construction ;
- elle a en vain mis en demeure la société Axis Architecture, maître d'œuvre, de proposer une solution définitive à ce désordre par courrier du 27 mai 2021 ; des infiltrations sont toujours constatées à ce jour, ce qui justifie l'organisation d'une procédure d'expertise aux fins d'établir notamment les causes et conséquences des désordres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, la société Arc 77 conclut à sa mise hors de cause.
Elle fait valoir que la prestation qui lui était confiée dans le cadre des travaux étant celle de coordinateur sécurité et protection de la santé des travailleurs, qui n'incluait aucune mission d'exécution ou de suivi d'exécution, elle ne peut être partie prenante à l'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, la société Maaf Assurances, représentée par Me Laurence Imbert, conclut à ce que le juge des référés prenne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2024, la société 5-Cinq Architecture, venant aux droits de la société Axis Architecture, représentée par Me Oz Rahsan Vargun, conclut à ce que le juge des référés :
1°) prenne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée, sans aucune reconnaissance de garantie ni de responsabilité dans les désordres allégués ;
2°) réserve les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 avril 2024, la société Mesnil Isol, représentée par Me Leslie Fontaine-Louzoun, conclut à ce que le juge des référés :
1°) donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée ;
2°) la mette hors de cause et déclarant inopposables les opérations d'expertise à son encontre ;
3°) mette à la charge de la commune de Montereau-fault-Yonne la somme
de 1 500 euros H.T. au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle fait valoir que du fait de leur nature, les travaux qu'elle a effectués, consistant en des travaux de menuiseries, plâtrerie-faux plafonds, sols scellés, peinture-sols souples, ne peuvent pas causer les problèmes d'infiltration.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.
3. La commune de Montereau-fault-Yonne sollicite du juge des référés la désignation d'un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de constater les infiltrations affectant le stade Jean Bouin situé rue Guy Boniface à Montereau-fault-Yonne, apparus postérieurement à la réception des travaux dans le cadre d'un marché public.
4. La demande d'expertise présentée par la commune de Montereau-fault-Yonne n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et ne préjuge en rien des responsabilités encourues.
5. Dans la mesure où il importe de pouvoir constater et décrire la réalité, la nature, l'étendue et les causes et conséquences des désordres matériels ci-dessus, la demande d'expertise présente, en l'état de l'instruction et en l'absence d'accord amiable entre les protagonistes, un caractère utile, du fait notamment que l'origine des désordres reste à déterminer. En revanche, les dispositions de l'article R.532-1 du code de justice administrative n'autorisent pas le juge administratif à confier à un expert une mission portant sur des questions de droit et, en particulier, il ne lui appartient pas de prescrire une mesure d'expertise qui porterait sur la qualification juridique des faits ou les conséquences juridiques à tirer de constatations de fait. Dès lors, la commune de Montereau-fault-Yonne ne saurait demander au juge des référés de charger l'expert de déterminer l'imputabilité des désordres.
6. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise présentée par la commune de Montereau-fault-Yonne sur le fondement des dispositions précitées de l'article
R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les demandes de mise hors de cause des sociétés Arc 77 et Mesnil Isol :
7. D'une part, les circonstances avancées par la société Arc 77 n'emportent pas par elles-mêmes l'inutilité de sa participation aux opérations d'expertise. D'autre part, la société Mesnil Isol n'apparaît pas manifestement étrangère aux désordres allégués. En l'état de l'instruction, la participation de ces sociétés aux opérations d'expertise, laquelle ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties, présente un caractère utile. Il appartiendra à l'expert, s'il l'estime pertinent, de solliciter du juge des référés la mise hors de cause des parties dont la participation ne serait pas ou plus nécessaire, en application des dispositions de l'article
R. 532-3 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions des sociétés Arc 77 et Mesnil Isol tendant à leur mise hors de cause doivent, en l'état, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions des parties :
8. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité. La demande de la commune de Montereau-fault-Yonne tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport doit donc être rejetée.
9. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ". et aux termes de l'article R.621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R.621-11 et
R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () ". Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne, ni de la réserver pour le futur. Par suite, les conclusions des parties tendant à statuer sur les dépens ou à les réserver ne peuvent qu'être rejetées.
10. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de protestations et réserves. Par suite, les conclusions en défense tendant à ce qu'il soit donné acte de protestations et réserves ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société Mesnil Isol tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1° convoquer les parties ;
2° se rendre sur les lieux, entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;
3° se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;
4° constater et décrire précisément les désordres mentionnés dans la requête, affectant les vestiaires du stade Jean Bouin situé rue Guy Boniface à Montereau-fault-Yonne ;
5° déterminer l'origine et les causes ainsi que l'étendue et les conséquences des désordres constatés ;
6° déterminer si des mesures conservatoires immédiates doivent être mises en œuvre et, le cas échéant en préciser la nature ;
7° indiquer la nature des travaux nécessaires à la réparation des désordres et les chiffrer, éventuellement sur la base de devis ;
8° fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;
9° concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et engager éventuellement une médiation entre les parties ;
10° formuler toutes observations utiles ;
11° déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise.
Article 2 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence, outre de l'expert désigné, de la commune de Montereau-fault-Yonne et des sociétés 5-Cinq Architecture, Maf, Batigeoconseil, Mesnil Isol, Smabtp, Maaf Assurances, Entreprise Jean Lefebvre Ile de France, Sma Courtage, Arc 77, et Qualiconsult.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.
Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra au plus vite à la diligence de l'expert.
Article 5 : L'expert déposera au greffe son rapport exclusivement sous forme électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification est faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 7: Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Montereau-fault-Yonne,
aux sociétés 5-Cinq Architecture, Maf, Batigeoconseil, Mesnil Isol, Smabtp, Maaf Assurances, Entreprise Jean Lefebvre Ile de France, Sma Courtage, Arc 77, et Qualiconsult, et à M. B A, expert.
Fait à Melun, le 10 juin 2024.
La juge des référés
SIGNE : S. C
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026