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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2402236

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2402236

jeudi 19 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2402236
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantPONTE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté comme irrecevable la requête de M. A B contestant la décision 48 SI du 5 mai 2023 invalidant son permis de conduire. Le juge a constaté que la décision, notifiée par lettre recommandée le 19 mai 2023 avec mention des voies et délais de recours, n’avait pas été attaquée dans le délai de deux mois prévu à l’article R. 421-1 du code de justice administrative. La requête, enregistrée le 22 février 2024, était donc tardive et forclose.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 février 2024, M. C A B, représenté par Me Ponté, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48 SI du 5 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2024, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions de la requête dirigées contre la décision 48 SI pour cause de forclusion et, à titre secondaire, au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Enfin, aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " () Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. () Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. () ". Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.

3. Il résulte de l'instruction qu'un pli recommandé avec accusé de réception numéro 2C 155 648 9788 1 a été envoyé par le F.N.P.C à M. A B. La mention figurant sur ce pli du numéro de permis de conduire de l'intéressé précédé de la lettre S indique, comme il est d'usage, que le pli contenait une décision référencée " 48 SI " d'invalidation du permis, établie selon un modèle-type comportant les voies et délais de recours, et est confirmée par les mentions du relevé d'information intégral édité le 5 mars 2024, qui mentionne un numéro d'avis de réception de la décision " 48 SI " identique à celui qui figure sur l'avis de réception. L'avis de réception produit par le ministre de l'intérieur précise que ce pli a été présenté et avisé le 19 mai 2023. Ainsi, la décision " 48SI " portant invalidation du permis de conduire de M. A B lui a été régulièrement notifiée le 19 mai 2023, ce qui a fait naitre un délai de recours contentieux de deux mois contre cette décision. Par suite, et ainsi que le soutient le ministre de l'intérieur, en l'absence de preuve du dépôt d'un recours gracieux dans le délai de recours contentieux, ce délai était expiré le 22 février 2024, date à laquelle l'intéressé a introduit son recours devant le tribunal administratif de Melun. Dans ces conditions, la requête est tardive et, par suite irrecevable.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la présente requête, qui sont irrecevables, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Fait à Melun, le 19 juin 2025.

La présidente de la 4ème chambre,

N. MULLIE

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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