mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405398 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP EVELYNE NABA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, la commune de Roissy-en-Brie, représentée par Me Eric Sagalovitsch, demande au juge des référés de désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a fait procéder, dans le cadre d'un marché public de travaux, à la construction d'un nouveau gymnase situé avenue du Moulin, sur le territoire de sa commune, et dont la réception sans réserve a été prononcée en décembre 2014 ;
- après plusieurs années d'utilisation, des infiltrations en provenance de la toiture du gymnase en bac acier et polycarbonate sont apparues, entraînant la présence d'eau dans les réserves et sur le sol du terrain de sport et rendant l'ouvrage impropre à sa destination ; la société Bardage Etanchéité Couverture Isolation Bâtiments et Travaux Publics (BECI BTP), titulaire du lot n°4 " Couverture Bac Acier/Polycarbonate ", sollicitée par la commune en décembre 2021 au titre de la garantie décennale, a décliné toute responsabilité pour ces infiltrations, en faisant valoir qu'elles étaient dues à un défaut d'entretien des chenaux ; le nettoyage des chenaux n'a toutefois pas mis fin aux infiltrations, contraignant la commune à faire réaliser des travaux conservatoires par la société Bati Services afin d'assurer l'étanchéité de la toiture, qui n'ont toutefois pas mis définitivement fin aux infiltrations ; une nouvelle sollicitation adressée à la société BECI BTP en octobre 2023, aux fins de remédier aux désordres, est restée sans réponse ;
- le rapport d'intervention de la société Bati Services se limite au constat d'une dégradation de l'étanchéité et à la prescription de mesures conservatoires, sans que l'on puisse déterminer à ce stade si ce défaut d'étanchéité est dû à une erreur de conception de l'ouvrage, et/ou aux travaux de fourniture et de pose de la couverture en bac acier et polycarbonate ; l'expertise permettra de déterminer les causes de ces infiltrations et les mesures à prendre pour y remédier durablement, ainsi que leur coût, dans la perspective d'une action en responsabilité décennale qui pourra être intentée par la commune à l'encontre de la société BECI BTP et de la maîtrise d'œuvre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, la société Mutuelle des Architectes Français (MAF), assureur du cabinet AO2A Architecte, représentée par Me Victor Edou, conclut à ce que le juge des référés :
1°) lui donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée ;
2°) réserve les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, la société Allianz Iard, représentée par Me Jean-Marc Zanati, conclut à ce que le juge des référés :
1°) prononce sa mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire : prenne acte de ses protestations et réserves, et réserve les dépens.
Elle fait valoir que :
- si la commune de Roissy-en-Brie a visé dans sa requête la société Allianz Iard comme assureur du BET Starck, maître d'œuvre, elle ne produit aucune attestation d'assurance, alors que la police d'assurance souscrite par le BET Starck en 1995 a été résiliée le 31 décembre 2008 à la demande de l'assuré, que le premier ordre de service de l'opération de construction du gymnase n'est intervenu qu'en janvier 2013, et que la société Allianz Iard n'était pas davantage assureur du BET Starck à la date du fait dommageable ou de la réclamation de la commune ;
- elle n'est pas non plus le dernier assureur connu du BET Starck, qui a fait l'objet d'une radiation le 28 janvier 2015.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la société Dekra Industrial et la société Xl Insurance Company, son assureur, représentées par Me France Chautemps, conclut à ce que le juge des référés :
1°) accueille ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée ;
2°) réserve les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, la société Bardage Etanchéité Couverture Isolation Bâtiments et Travaux Publics (BECI BTP), représentée par Me Emmanuelle Bock, conclut à ce que le juge des référés :
1°) juge que la mesure d'instruction qui pourrait être ordonnée, se déroulera tous droits et moyens des parties étant réservés au contradictoire de la société BECI BTP ;
2°) mette les dépens à la charge de la requérante.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.
3. La commune de Roissy-en-Brie sollicite du juge des référés la désignation d'un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de constater les infiltrations affectant le gymnase situé avenue du Moulin à Roissy-en-Brie (77680), apparus postérieurement à la réception des travaux dans le cadre d'un marché public.
4. La demande d'expertise présentée par la commune de Roissy-en-Brie n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et ne préjuge en rien des responsabilités encourues.
5. Dans la mesure où il importe de pouvoir constater et décrire la réalité, la nature, l'étendue et les causes et conséquences des désordres matériels ci-dessus, la demande d'expertise présente, en l'état de l'instruction et en l'absence d'accord amiable entre les protagonistes, un caractère utile, du fait notamment que l'origine des désordres reste à déterminer.
6. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à cette demande sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause de la société Allianz Iard :
7. La société Allianz Iard fait valoir, sans être contredite, que son contrat d'assurance avec le BET Starck a pris fin le 31 décembre 2008, soit antérieurement à la construction du gymnase objet des désordres. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, il y a lieu de prononcer sa mise hors de cause.
Sur les conclusions relatives aux protestations et réserves :
8. Il n'appartient pas au juge des référés de donner acte de protestations et réserves. Par suite, les conclusions des sociétés Mutuelle des Architectes Français (MAF), Dekra Industrial et Xl Insurance Company tendant à ce qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les demandes portant sur les dépens :
9. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ". et aux termes de l'article R.621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R.621-11 et
R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () ".
10. Il résulte des dispositions précitées qu'il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne, ni de la réserver pour le futur. Par suite, les conclusions tendant à statuer sur les dépens ou à les réserver ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B A est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1° convoquer les parties ;
2° se rendre sur les lieux, entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;
3° se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;
4° constater et décrire précisément les désordres mentionnés dans la requête, affectant le gymnase situé avenue du Moulin à Roissy-en-Brie (77680) ;
5° déterminer l'origine et les causes ainsi que l'étendue et les conséquences des désordres constatés ;
6° donner un avis sur les mesures et travaux permettant de remédier aux désordres et en estimer le coût et la durée ;
7° fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;
8° concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et engager éventuellement une médiation entre les parties ;
9° formuler toutes observations utiles ;
10° déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise.
Article 2 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence, outre de l'expert désigné, de la commune de Roissy-en-Brie, de la société Bardage Etanchéité Couverture Isolation Bâtiments et Travaux Publics (BECI BTP), de la société Groupama Gan Vie, de la société Mutuelle des Architectes Français (MAF), de la société Dekra Industrial, et de la société Xl Insurance Company.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.
Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra au plus vite à la diligence de l'expert.
Article 5 : L'expert déposera au greffe son rapport exclusivement sous forme électronique dans un délai de cinq mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification est faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 7 : La société Allianz Iard est mise hors de cause.
Article 8: Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Roissy-en-Brie, aux sociétés Bardage Etanchéité Couverture Isolation Bâtiments et Travaux Publics (BECI BTP), Groupama Gan Vie, Mutuelle des Architectes Français (MAF), Dekra Industrial, Xl Insurance Company et Allianz Iard, et à M. B A, expert.
Fait à Melun, le 11 septembre 2024.
La juge des référés
SIGNE : S. C
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026