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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406621

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406621

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406621
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantDABBENE - CREPIN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mai 2024, la communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne, représentée par Me Wilfrid Schaeffer, demande au juge des référés de désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en lui confiant une mission portant sur les désordres affectant les bassins du centre aquatique de Chelles conformément à ses écritures.

Elle soutient qu'une expertise est utile pour déterminer les causes des désordres affectant les bassins du centre aquatique de Chelles, la nature et l'importance des dommages en lien avec ceux-ci ainsi que le coût des travaux permettant d'y remédier, et se prononcer sur les responsabilités et imputabilités des parties.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 juillet et 4 septembre 2024, la société Allianz Iard, représentée par Me Elsa Pinder, s'en rapporte à justice sur la mesure sollicitée et demande en outre au juge des référés :

1°) d'étendre l'expertise à la société MGBR et à la Société Parisienne de Produit et Matériaux (SPPM) ;

2°) de statuer sur la charge de la provision à valoir sur les frais d'expertise ;

3°) de réserver les dépens.

Elle fait valoir que des travaux de réhabilitation du petit bassin avaient été confiés à la société MGBR en 2018, et que la société SPPM a fourni le produit KHIRAL KB1 utilisé pour la réhabilitation de l'ensemble des bassins.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, la société MGBR, représentée par Me Valérie-Ann Lafoy, conclut à ce que le juge des référés donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée et sur la demande de la société Allianz Iard aux fins d'extension de mission à son égard.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, comme juge des référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.

3. La communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne, en qualité de maître d'ouvrage et dans le cadre de la réhabilitation des bassins du centre aquatique de Chelles, situé avenue Hénin à Chelles (77500), a conclu avec la société MGBR un marché public, en 2018, ayant pour objet des travaux de réfection complète du petit bassin intérieur, repris en 2020 uniquement pour la partie fond de bassin. Ces travaux ont été sous-traités à la société Etandex. Elle a ensuite conclu avec la société Etandex deux autres marchés publics ayant pour objet des travaux de réfection complète du grand bassin intérieur puis du grand bassin extérieur, réceptionnés respectivement en mars 2020 et en juin 2023. La société Allianz Iard avait quant à elle la qualité d'assureur de la société Etandex. Des désordres affectant les bassins, dont elle a fait dresser constat en janvier et février 2024, sont apparus postérieurement à la réception des travaux. De nombreux désordres n'ayant toujours pas été repris à ce jour (décollement de vernis, taches sur la résine, effacement de marquages et de lignes, spectres de ponçage, différence de teinte de fond), la communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne sollicite du juge des référés la désignation d'un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de constater les désordres affectant les bassins du centre aquatique de Chelles et de déterminer les causes des dommages ainsi que leur imputabilité.

4. D'une part, la demande d'expertise présentée par la communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et ne préjuge en rien des responsabilités encourues.

5. D'autre part, dans la mesure où il importe de pouvoir constater et décrire la réalité, la nature, l'étendue et les causes et conséquences des désordres matériels ci-dessus, la demande d'expertise présente, en l'état de l'instruction et en l'absence d'accord amiable entre les protagonistes, un caractère utile, notamment au regard de l'origine des désordres, qui reste à déterminer.

6. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise présentée par

la communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les demandes de mise en cause présentées par la société Allianz Iard :

7. La mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties. Il y a donc lieu de faire participer aux opérations d'expertise la société MGBR et la Société Parisienne de Produit et Matériaux (SPPM), en leur qualité respective de maître d'œuvre du premier marché de travaux de réhabilitation et de fournisseur de produits utilisés pour la réfection des bassins.

Sur la demande relative aux dépens et aux allocations provisionnelles :

8. En application des article R. 621-12 et R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise et celle d'éventuelles allocations provisionnelles qui seraient demandées par l'expert seront fixées ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle. Par suite, les conclusions des parties tendant à statuer sur la mise à la charge d'une allocation provisionnelle ou à réserver les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B A est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

1° convoquer les parties ;

2° se rendre sur les lieux, entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;

3° se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;

4° constater et décrire précisément les désordres mentionnés dans la requête, affectant les bassins du centre aquatique de Chelles ;

5° déterminer l'origine et les causes ainsi que l'étendue et les conséquences des désordres constatés ;

6° indiquer la nature des travaux permettant de remédier aux désordres et, le cas échéant, des mesures urgentes à mettre en oeuvre, et en déterminer le coût ;

7° fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;

8° concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et engager éventuellement une médiation entre les parties ;

9° formuler toutes observations utiles ;

10° déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise.

Article 2 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence, outre de l'expert désigné, de la communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne, de la société Etandex, de la société Allianz Iard, de la société MGBR et de la Société Parisienne de Produit et Matériaux (SPPM).

Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.

Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra au plus vite à la diligence de l'expert.

Article 5 : L'expert déposera au greffe son rapport exclusivement sous forme électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification est faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.

Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.

Article 7: Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération Paris - Vallée de la Marne, à la société Etandex, à la société Allianz Iard, à la société MGBR, à la Société Parisienne de Produit et Matériaux (SPPM) et à M. B A, expert.

Fait à Melun, le 30 octobre 2024.

Le juge des référés

SIGNE : O. C

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

le greffier,

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