jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406799 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SI VIS PACEM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, le ministère de la justice demande au juge des référés de désigner un expert sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en lui confiant une mission portant sur les désordres affectant le palais de justice de Melun conformément à ses écritures.
Il soutient qu'une expertise est utile pour déterminer les causes des désordres affectant le palais de justice de Melun, déterminer la nature et l'importance des dommages en lien avec ceux-ci et se prononcer sur les responsabilités et imputabilités des parties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, la société DMF, représentée par
Me Tancrède Mongelli, conclut à ce que le juge des référés donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, la société E2IS fait valoir que sa seule mission avait pour but de tirer les câbles, et de poser les éléments.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2024, la société Efficio, représentée par Me Chantale Malarde, conclut à ce que le juge des référés :
1°) donne acte de ses protestations et réserves sur la mesure sollicitée ;
2°) mette en cause la société Abeille, assureur de la société DMF.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 22 août 2024, la société Berkshire Hathaway European Insurance Designated Activity Company (BHSI), représentée par Me Romain Bruillard, conclut à ce que le juge des référés :
1°) accueille sa demande en intervention volontaire, en sa qualité d'assureur de la société DMF ;
2°) mette en cause la société Mutuelle des Architectes Français, assureur de la société Efficio, et la société Abeille Iard et Santé, assureur de la société LMC.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. En application de ces dispositions, et à condition, d'une part que la demande ne soit pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, et, d'autre part, qu'elle apparaisse utile, le juge des référés peut désigner un expert chargé de procéder à l'expertise demandée.
3. Le ministère de la justice, représenté par le département de l'immobilier de Paris, en qualité de maître d'ouvrage, a conclu avec la société DMF un marché public, le 22 juin 2021, ayant pour objet le remplacement des châssis des ouvrants de désenfumage du palais de justice de Melun, situé 2 avenue du Général Leclerc à Melun (77000). Le marché a été sous-traité aux sociétés E2IS et LMC. La société Efficio avait quant à elle la qualité de maître d'œuvre, les sociétés Berkshire Hathaway European Insurance Designated Activity Company (BHSI), Mutuelle des Architectes Français et Abeille Iard et Santé ayant respectivement la qualité d'assureur des sociétés DMF, Efficio et LMC. La réception des travaux est intervenue le 29 novembre 2022 sous réserves levées
le 6 juin 2023. Des désordres liés à des infiltrations sont apparus dès juin 2022. Les désordres n'ayant pas été repris à ce jour, en dépit de l'expertise amiable réalisée en 2022 et de la saisine du tribunal de commerce par la société DMF à l'encontre de son sous-traitant la société LMC, le ministère de la justice sollicite du juge des référés la désignation d'un expert, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de constater les désordres affectant le palais de justice de Melun, et de déterminer les causes des dommages ainsi que leur imputabilité.
4. D'une part, la demande d'expertise présentée par le ministère de la justice n'est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative et ne préjuge en rien des responsabilités encourues.
5. D'autre part, dans la mesure où il importe de pouvoir constater et décrire la réalité, la nature, l'étendue et les causes et conséquences des désordres matériels ci-dessus, la demande d'expertise présente, en l'état de l'instruction et en l'absence d'accord amiable entre les protagonistes, un caractère utile, notamment au regard de l'origine des désordres, qui reste à déterminer.
6. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise présentée par le ministère de la justice sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur l'intervention volontaire de la société BHSI et les demandes de mise en cause des sociétés BHSI et Efficio :
7. La mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge aucunement de l'existence et de l'étendue des responsabilités des parties. Il y a donc lieu de faire participer aux opérations d'expertise les sociétés BHSI, Mutuelle des Architectes Français et Abeille Iard et Santé en leur qualité respective d'assureurs des sociétés DMF, Efficio et LMC.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1° convoquer les parties ;
2° se rendre sur les lieux, entendre les parties et tout sachant et prendre connaissance de tous éléments nécessaires sinon utiles à sa compréhension des faits de la cause ;
3° se faire communiquer tous documents et pièces nécessaires sinon utiles à l'accomplissement de sa mission d'expertise ;
4° constater et décrire précisément les désordres mentionnés dans la requête, affectant le palais de justice de Melun ;
5° déterminer l'origine et les causes ainsi que l'étendue et les conséquences des désordres constatés ;
6° indiquer les mesures propres à remédier définitivement aux désordres et, le cas échéant, les mesures conservatoires d'urgence à mettre en œuvre ; en évaluer le coût et la durée ;
6° fournir tous éléments techniques et de fait permettant à la juridiction du fond ultérieurement saisie de se prononcer sur les responsabilités et imputabilités respectives des parties, sur les dommages matériels et sur les préjudices subis ;
7° concilier éventuellement les parties sur la base d'une transaction qui pourrait se révéler en cours d'expertise et engager éventuellement une médiation entre les parties ;
8° formuler toutes observations utiles ;
9° déposer son rapport au greffe du tribunal administratif de Melun au terme de la mission d'expertise.
Article 2 : L'expertise se déroulera contradictoirement en présence, outre de l'expert désigné, du ministère de la justice, de la société Efficio, de la société DMF, de la société E2IS, de la société LMC, de la société BHSI, de la société Mutuelle des Architectes Français et de la société Abeille Iard et Santé.
Article 3 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative, à l'exception du troisième alinéa de l'article R. 621-9.
Article 4 : La première réunion d'expertise interviendra au plus vite à la diligence de l'expert.
Article 5 : L'expert déposera au greffe son rapport exclusivement sous forme électronique dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées ; avec l'accord de celles-ci, la notification est faite par voie électronique par un procédé garantissant, dans des conditions prévues par l'article 748-6 du code de procédure civile, la fiabilité de l'identification des parties à la communication électronique, l'intégrité des documents adressés, la sécurité et la confidentialité des échanges, la conservation des transmissions opérées et permettant d'établir de manière certaine la date d'envoi ainsi que celle de la mise à disposition ou celle de la réception par le destinataire.
Article 6 : En application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, la charge des frais et honoraires de l'expertise sera fixée ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal ou du magistrat désigné par elle.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au ministère de la justice, à la société Efficio, à la société DMF, à la société E2IS, à la société LMC, à la société BHSI, à la société Mutuelle des Architectes Français, à la société Abeille Iard et Santé et à M. A B, expert.
Fait à Melun, le 7 novembre 2024.
Le juge des référés
Signé : O. C
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026