Le Tribunal administratif de Melun, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de la SCI Désirée comme étant manifestement irrecevable. Le tribunal a constaté que la requête, qui contestait une saisie à tiers détenteur et réclamait des indemnités, n'avait pas été régularisée malgré une mise en demeure, car la société n'avait pas produit une preuve lisible du dépôt de sa demande préalable obligatoire. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1, R. 412-1 et R. 611-8-6 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, la SCI Désirée, représentée par Me Poirier, demande au tribunal :
1°) de condamner le service de l’imposition des particuliers (SIP) de Meaux à lui verser la somme totale de 60,22 euros relative aux frais engendrés à la suite de la saisie à tiers détenteur litigieuse, augmentée de la capitalisation des intérêts journaliers au taux légal à compter du 25 juillet 2024 et jusqu’au 24 septembre 2024, pour un montant de 7,64 euros à parfaire ;
2°) de condamner le SIP de Meaux à lui verser la somme de 1 000 euros au titre des dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la lettre du 22 octobre 2024 adressée par le greffe du tribunal à la SCI Désirée l’invitant à régulariser sa requête en produisant la pièce justifiant de la date de dépôt de la demande qu’elle a adressée à l’administration ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque (…) elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. (…). ».
Aux termes de l’article R. 611-8-2 du même code : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier. / (…) ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « (…) Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles. (…). ».
Il ressort des pièces du dossier que la requête de la SCI Désirée soutient avoir adressé le 7 août 2024, au SIP de Meaux et à la société générale de Meaux, une demande préalable indemnitaire par courrier recommandé. A ce titre, elle produit la copie de la preuve de dépôt du pli recommandé, mais dont la date de dépôt est illisible. Par une demande de régularisation, mise à sa disposition sur l’application « Télérecours » le 22 octobre 2024 et réputée notifiée deux jours plus tard en application de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, la SCI Désirée a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve de dépôt lisible de sa demande préalable indemnitaire dans un délai de quinze jours à peine d’irrecevabilité de sa requête. Aucune réponse n’a été apportée à cette demande. Par suite, la requête de la SCI Désirée, qui n’a pas été régularisée à la date de la présente ordonnance, est entachée d’une irrecevabilité manifeste. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SCI Désirée est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Désirée.
Fait à Melun, le 13 février 2026.
La présidente
Signé : F. DEMURGER
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,