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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2413365

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413365

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413365
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Formation6ème chambre
Avocat requérantDIARRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par courrier enregistré le 8 janvier 2024, M. C B A, représenté par Me Diarra, a saisi le tribunal d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2201957 rendu le 3 octobre 2023.

Par ordonnance du 28 octobre 2024, la présidente du tribunal a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2201957 rendu le 3 octobre 2023 par le tribunal administratif de Melun, sur le fondement des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.

Par un mémoire enregistré le 25 janvier 2024, M. C B A, représenté par Me Diarra, demande au tribunal d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne d'exécuter le jugement n° 2201957 du 3 octobre 2023 avec astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- il a relancé le préfet du Val-de-Marne par des courriers en date du 20 octobre et 4 décembre 2023 qui sont restés sans réponse ;

-il est en situation de précarité administrative et ne peut pas signer son contrat de travail à durée indéterminée.

Par deux lettres du 31 janvier 2024 et 11 avril 2024 la présidente du tribunal de Melun a demandé au préfet du Val-de-Marne d'exécuter le jugement qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

La phase juridictionnelle d'exécution a été ouverte par une ordonnance du 28 octobre 2024.

En application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.

Vu :

- le jugement n° 2201957 du 3 octobre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Rehman-Fawcett, a été entendu, en son rapport, au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ". L'article L. 911-4 du même code dispose que : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. Le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel peut renvoyer la demande d'exécution au Conseil d'Etat ".

2. Par un jugement n° 2201957 du 3 octobre 2023, le tribunal administratif de Melun a annulé l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B A, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office, et enjoint à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer, sous réserve d'un changement de circonstance de droit ou de fait, à M. B A un titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ainsi que de lui délivrer dans cette attente une attestation provisoire de séjour. Il a également été mis à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Diarra renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

3. Il résulte de l'instruction que, en dépit de la demande d'exécution qui a été transmise, le préfet du Val-de-Marne n'a produit aucune observation dans le cadre de la présente procédure et ne contredit pas M. B A qui soutient que le jugement du 3 octobre 2023 n'a pas été exécuté.

4. Ainsi, le préfet du Val-de-Marne ne justifie d'aucune mesure d'exécution du jugement en cause, ni d'aucune impossibilité d'exécuter cette décision juridictionnelle, ni de la moindre diligence accomplie à cette fin. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de l'Etat, à défaut pour le préfet du Val-de-Marne de justifier de l'exécution de l'injonction de procéder de délivrer un titre de séjour à M. B A dans un délai d'un mois à compter de la mise à disposition au greffe du présent jugement, une astreinte de 50 euros par jour de retard, jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu pleinement exécution.

5. Il résulte des dispositions citées au point 1 du présent jugement que, lorsque la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà les mesures qu'elle implique nécessairement en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, il appartient le cas échéant au tribunal administratif, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du même code, d'en édicter de nouvelles en se plaçant à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.

6. L'exécution du jugement du 3 octobre 2023 implique nécessairement, compte tenu de ses motifs, que M. B A soit muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que le préfet ait statué sur son cas, conformément à ce que prévoit l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de l'Etat, à défaut pour le préfet de justifier de cette exécution dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ledit jugement aura reçu exécution.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'Etat si le préfet du Val-de-Marne ne justifie pas, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, avoir délivré, sous réserve d'un changement de circonstance de droit ou de fait, à M. B A un titre de séjour. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour.

Article 2 : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'Etat si le préfet du Val-de-Marne ne justifie pas, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, avoir délivré à M. B A une autorisation provisoire de séjour. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour.

Article 3 : Le préfet du Val-de-Marne communiquera au tribunal la copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement du tribunal n° 2201957 du 3 octobre 2023, au plus tard à l'expiration du délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au préfet du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

M. Rehman-Fawcett, conseiller,

Mme Iffli, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.

Le rapporteur,

C. REHMAN-FAWCETT

Le président,

S. DEWAILLY

La greffière,

L. SUEUR

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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