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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2507209

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2507209

mercredi 11 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2507209
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMARMIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la requête d'un ressortissant algérien demandant l'injonction au préfet de statuer sur sa demande de regroupement familial. Le juge estime la demande irrecevable, car le silence gardé par l'administration pendant six mois a constitué une décision implicite de rejet dès le 10 août 2023, conformément aux articles R. 434-12 et R. 434-26 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. La procédure de rejet sans débat a été appliquée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mai 2025, M. B... A..., représenté par Me Marmin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de statuer dans un délai de trois semaines à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sur la demande de regroupement familial qu’il a présentée pour sa conjointe ;

de mettre à la charge de l’État la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
-
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. » En vertu des dispositions de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

M. A..., ressortissant algérien né le 27 novembre 1977, a déposé une demande de regroupement familial pour sa conjointe le 10 février 2023 auprès des services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui lui ont délivré une attestation de dépôt de cette demande le 28 juillet 2023. Sa requête tend, à titre principal, à ce qu’il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de statuer sur la demande en cause.

Aux termes de l’article R. 434-12 du même code : « Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l’autorité administrative pour statuer. ». Aux termes de l’article R. 434-26 du même code : « L’autorité compétente pour délivrer l’autorisation d’entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet et, à Paris, le préfet de police. Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l’étranger du dossier complet de cette demande. L’absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial. »

En application de ces dispositions, le silence gardé pendant six mois par le préfet du Val-de-Marne sur la demande de regroupement familial mentionnée au point 2 a fait naître une décision implicite de cette demande le 10 août 2023. Par suite, les conclusions à fin d’injonction présentées par le requérant sont manifestement dépourvues d’objet donc irrecevables.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. A..., y compris les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Melun, le 11 mars 2026.

Le juge des référés,


Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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