Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de la commune de Valence-en-Brie qui sollicitait la désignation d’un expert sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. La commune invoquait un défaut de garanties de solidité d’un bâtiment situé au 1 rue Jean Haderer, mais le juge a estimé que la requête manquait de précisions sur les désordres et n’établissait pas que la sécurité publique était menacée. En outre, l’absence d’information sur l’identité des propriétaires ou gestionnaires ne permettait pas de vérifier que le bien entrait dans le champ d’application du texte invoqué. La solution retenue est donc le rejet de la requête.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 octobre 2025, la commune de Valence-en-Brie, représentée par son maire en exercice, demande au tribunal de nommer un expert en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation aux fins d’examiner l’état de la propriété située au 1 rue Jean Haderer sur le territoire de sa commune.
Elle soutient que :
- la propriété située sur la parcelle cadastrée F 634, au 1 rue Jean Haderer à Valence-en-Brie (77830), n’offre plus les garanties de solidité nécessaires au maintien de sa sécurité ;
- dans ces conditions, elle demande au juge des référés de désigner, en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, un expert chargé d’examiner l’état du bâtiment, de dresser constat de son état et de proposer des mesures de nature à mettre fin au danger éventuellement constaté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A..., premier vice-président, comme juge des référés.
Considérant ce qui suit :
D’une part, aux termes de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation : « Préalablement à l’adoption de l’arrêté de mise en sécurité, l’autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d’un expert afin qu’il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L’expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l’expert conclut à l’existence d’un danger imminent, l’autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ».
D’autre part, aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, d’une demande tendant à la désignation d’un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l’article R. 531-1. ». Aux termes de l’article R. 531-1 du même code : « S’il n’est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d’avocat et même en l’absence d’une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. /(...) ».
Par la présente requête, la commune de Valence-en-Brie soutient que la propriété située au sur la parcelle cadastrée F 634, au 1 rue Jean Haderer à Valence-en-Brie (77830), n’offre plus les garanties de solidité nécessaires au maintien de sa sécurité. Toutefois, en raison, d’une part, du manque de précision des désordres affectant le bâtiment, dont il n’est pas allégué qu’ils menaceraient la sécurité publique, et d’autre part, de l’absence d’information sur l’identité des propriétaires ou gestionnaires actuels du bâtiment, permettant au tribunal de s’assurer que celui-ci entre bien dans le champ de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, la commune de Valence-en-Brie n’établit pas le bien-fondé de sa demande. Par suite, en l’état de l’instruction, la requête de la commune de Valence-en-Brie relative à la demande de désignation d’un expert doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la commune de Valence-en-Brie est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Valence-en-Brie.
Fait à Melun, le 15 octobre 2025.
Le juge des référés,
Signé : O. A...
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
le greffier,