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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2602425

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2602425

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2602425
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun, statuant en référé, rejette la demande d'un ressortissant marocain visant à enjoindre au préfet de délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate qu'un rejet implicite de la demande est né au terme du délai de quatre mois prévu par l'article R. 432-2 du CESEDA, privant ainsi la mesure sollicitée de son utilité et faisant obstacle à l'exécution de cette décision administrative. La requête est donc jugée irrecevable au titre de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé conservant la possibilité de contester directement la légalité de ce rejet implicite.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2026, complétée les 17 et 4 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé ou tout document justifiant sa situation administrative.
Il soutient que, de nationalité marocaine et titulaire d’un titre de séjour pluriannuel portant la mention « vie privée et familiale » expiré le 23 février 2025, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France le 18 janvier 2025, suite à laquelle il lui a été délivré un récépissé puis une attestation de prolongation de ses droits jusqu’au 9 janvier 2026, qu’il a effectué plusieurs relances pour connaitre l’avancement de son dossier, qu’il est depuis sans réponse, que la condition d’urgence est satisfaite car il se trouve être en situation irrégulière, entrainant la suspension de son activité professionnelle au sein d’Action France dans lequel il travaillait en tant qu’employé de magasin depuis le 22 juin 2021 en contrat à durée indéterminée, et la cessation de ses droits aux aides d’Etat depuis le 10 février 2026.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard,
vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
M. A... B..., ressortissant marocain né le 13 avril 1991 à Berrechid (Région de Casablanca-Settat), titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle de deux ans portant la mention « vie privée et familiale » délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu’au 23 février 2025, en a demandé le renouvellement sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France le 18 janvier 2025. Il lui a été délivré une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 9 janvier 2026, qui n’a pas été renouvelée, malgré de nombreuses relances auprès des services du préfet du Val-de-Marne. Son contrat de travail a donc été suspendu. Par une requête enregistrée le 13 février 2026, il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de la justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé lui permettant de continuer à travailler.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». L’article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».
Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code :
« La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. (…) ».
La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné à l’article R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme de ce délai.
Il ressort des pièces du dossier que M. B... a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 18 janvier 2025 sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France. Le défaut de réponse du préfet du Val-de-Marne a fait naître, à l’échéance d’un délai de quatre mois, soit le 19 mai 2025, une décision implicite de rejet.
Eu égard à l’intervention de cette décision implicite de rejet, la demande présentée par M. B... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d’utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative.
Dans ces conditions, la requête de M. B... ne pourra qu’être rejetée selon la procédure de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, l’intéressé demeurant fondé, s’il l’estime utile, de contester la légalité de cette décision par une requête en annulation devant le présent tribunal, assortie le cas échéant d’une requête en référé-suspension.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,



Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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