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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2603712

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2603712

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2603712
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la demande de suspension du refus implicite de délivrance d'un premier titre de séjour. Le juge estime que le requérant, qui n'a jamais résidé régulièrement en France, ne démontre pas le caractère d'urgence requis par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ses seules allégations sur les difficultés d'accès à l'emploi étant insuffisantes. La demande est donc rejetée en application de la procédure de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 12 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu’elle a sollicité le 19 avril 2025 ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation.

Il soutient :

- que la condition d’urgence est satisfaite au regard de la situation de précarité dans laquelle le place la décision contestée, et aux difficultés d’accès à l’emploi auxquelles elle l’expose ;
- qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision, en raison de l’absence d’examen de sa situation, de l’erreur manifeste d’appréciation et de la violation des stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales qu’elle emporte.


Vu les pièces du dossier.

Vu :
le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Combes, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Et aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension de l’exécution d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension de l’exécution d’une décision relative au séjour en France d’un étranger, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe remplie dans le cas d’un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

3. En l’espèce, M. B..., qui conteste le refus de sa première demande de titre de séjour, fait état de difficultés d’accès à l’emploi auxquelles il est confronté en raison de l’irrégularité de sa situation administrative, alors qu’elle n’a jamais résidé régulièrement en France, et ne produit par ailleurs aucun élément sur ses conditions d’existence. Dès lors, cette seule circonstance ne suffit pas à démontrer que la condition d’urgence prévue par les dispositions précitées serait satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B... doivent être rejetées suivant la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....




Le juge des référés,



Signé : R. COMBES


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



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