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Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2614369

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2614369
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantENAMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 septembre 2026, M. B... A..., représenté par Me Enama, demande au tribunal d’annuler la décision du 1er juillet 2026, notifiée le 7, par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation, d’enjoindre au préfet de reprendre l’instruction de sa demande et de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soulève les moyens suivants :

- il a produit les documents demandés dans le délai imparti par la mise en demeure ;
- il n’a reçu aucune information de l’administration après cette transmission sur le non‑respect du délai imparti ;
- le classement sans suite de sa demande est, dans ces conditions, disproportionné ;
- aucun refus de coopérer ne peut lui être imputé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le décret n ° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation (…) ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».

2. D’une part, aux termes de l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande (…) peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (…), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Toutefois, l’impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti, à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur, dont ce dernier a justifié et informé l’administration dans les meilleurs délais, est de nature à faire obstacle à un tel classement sans suite. La durée nécessaire à l’obtention d’une pièce qui figure au nombre de celles qui doivent être obligatoirement produites lors du dépôt de la demande et qui sont expressément mentionnées à l’article 37-1 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ne peut être regardée comme une circonstance imprévisible justifiant un allongement du délai de réponse à la mise en demeure de produire cette pièce. Le juge de l’excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le respect de ces conditions d’application de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993. En l'absence de production des pièces demandées dans le délai imparti et de justification d'une impossibilité de respecter ce délai, l’autorité administrative dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour user de la faculté de classer sans suite la demande. Le juge de l’excès de pouvoir n’exerce alors qu’un contrôle restreint, en tenant compte de l’objet de la décision de classement sans suite, qui consiste seulement à mettre fin à l’instruction de la demande sans y statuer, et de la finalité du régime de classement sans suite, qui est d’améliorer l’efficacité des procédures d’instruction des demandes de naturalisation.

3. D’autre part, aux termes de l’article 37-1 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : « Le demandeur fournit, selon les mêmes conditions de recevabilité que celles prévues par l'article 9 : / 1° Son acte de naissance ; / … / 6° Le cas échéant, son ou ses actes de mariage (…) ». L’article 9 de ce même décret dispose : « Les pièces nécessaires à la preuve de la recevabilité de la déclaration répondent aux exigences suivantes : / … / 4° Les actes publics étrangers sont légalisés sauf apostille, dispense conventionnelle ou prévue par le droit de l'Union européenne (…) ».

4. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que, pour procéder 1er juillet 2026 au classement sans suite de la demande de naturalisation présentée par M. A..., le préfet du Val‑de-Marne s’est fondé sur le motif que, malgré la mise en demeure qui lui avait été adressée le 27 mars 2026, l’intéressé n’avait pas produit son « acte de naissance apostillé » ni son « acte de mariage apostillé ».

5. Si M. A... soutient qu’il aurait bien produit les documents demandés dans le délai imparti par la mise en demeure, et qu’il justifie avoir donné une réponse à la mise en demeure, l’acte de naissance et l’acte de mariage pakistanais qu’il a versés au dossier ne comportent aucune apostille, de sorte qu’il est manifeste que les documents produits n’étaient pas conformes à la mise en demeure, alors que cette dernière précisait expressément que ces actes devaient être revêtus de l’apostille.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête ne comporte que « des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien » au sens du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Le délai de recours contentieux étant expiré, il y a lieu, par application de ces dispositions, de rejeter la requête.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.


Fait à Melun, le 1er octobre 2026.


Le président de la 8ème chambre,





X. POTTIER



La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,