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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-1806538

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-1806538

lundi 12 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-1806538
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème chambre
Avocat requérantAARPI JASPER AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A un jugement avant dire droit du 5 octobre 2021, le tribunal, avant de statuer sur la requête de M. D, a estimé que le lien de causalité entre les transfusions reçues A l'intéressé en 1984 et sa contamination A le virus de l'hépatite B devait être regardé comme établi, que la réparation des conséquences dommageables de la contamination de

M. D incombait à l'Office national d'indemnisation des victimes des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), conformément à l'article L. 1221-14 du code de la santé publique, et a ordonné une expertise aux fins de déterminer la nature et l'étendue des préjudices du requérant strictement imputables à sa contamination A le virus de l'hépatite B.

A trois mémoires enregistrés les 21 avril, 31 mai et 25 octobre 2022, M. B D, représenté A Me Maillet, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des victimes des accidents médicaux, des affections iatrogénes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui payer la somme totale de 571 492 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa contamination transfusionnelle A le virus de l'hépatite B (VHB) ;

2°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'ONIAM est irrecevable à remettre en cause l'imputabilité aux transfusions sanguines de sa contamination A le VHB, s'agissant d'une question déjà tranchée A le tribunal dans son jugement avant-dire droit ;

- il a subi des préjudices qui se décomposent comme suit : 318 000 euros au titre des pertes de gains professionnels, 100 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, 30 000 euros au titre des souffrances endurées, 29 500 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 32 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 2 262 euros au titre de l'aide humaine avant consolidation, 12 420 euros au titre de l'aide humaine de la consolidation au 30 avril 2022 date de la demande, et 47 310 euros au titre de l'aide humaine à venir.

A un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2022, l'ONIAM, représenté A Me Saumon, conclut, à titre principal, au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée afin de déterminer les facteurs de risque et l'origine de la contamination A le VHB ou, à titre infiniment subsidiaire, à ce que les sommes allouées à M. D soient ramenées à de plus justes proportions.

Il fait valoir que :

- l'imputabilité de la contamination A le VHB à la transfusion sanguine litigieuse n'est pas établie ;

- les montants alloués au titre des préjudices subis, à supposer qu'ils soient imputables à cette transfusion, doivent être limités s'agissant de l'incidence professionnelle à 5 000 euros, s'agissant des troubles de toute nature dans les conditions d'existence à 45 000 euros, s'agissant du déficit fonctionnel permanent à 26 083 euros, s'agissant de l'assistance A une tierce personne à 51 711,51 euros, et rejetés s'agissant des pertes de gains professionnels ou de toute autre demande.

La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Pyrénées-Atlantiques, agissant pour le compte de la CPAM de Dordogne, qui avait informé le tribunal A un mémoire enregistré le 18 juin 2021 qu'elle ne s'opposait pas à la désignation d'un expert médical, que la victime avait été prise en charge au titre du risque maladie, et que ses débours ne pourraient être chiffrés qu'après communication du rapport d'expertise, n'a pas produit de nouvelles écritures.

Vu :

- l'ordonnance du 19 mai 2022 A laquelle la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée A le docteur C ;

- le rapport d'expertise établi A le Dr C le 11 mars 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a été victime d'un accident de la circulation le 20 janvier 1984, alors qu'il était âgé de vingt-quatre ans. Dans le cadre de sa prise en charge médicale au centre hospitalier de Longjumeau puis à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, entre le 20 janvier 1984 et le 17 février 1984, il a bénéficié de plusieurs transfusions sanguines. En 1991, des examens médicaux ont révélé qu'il était porteur du virus de l'hépatite B (VHB) et du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). M. D, qui impute cette contamination aux transfusions sanguines reçues en 1984, a saisi le fonds d'indemnisation des transfusés et hémophiles (FITH) et a ainsi été indemnisé de ses préjudices liés à sa contamination A le VIH en 1992 et en 2020. Le 23 mars 2017, M. D a saisi l'ONIAM d'une demande de réparation des préjudices consécutifs à sa contamination transfusionnelle A le VHB. A une décision du 27 juillet 2018, l'ONIAM a refusé de faire droit à cette demande au motif que l'imputabilité aux transfusions de la contamination au VHB n'était pas démontrée. A la présente requête, M. D demande au tribunal de condamner l'ONIAM à lui payer la somme totale de 571 492 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa contamination transfusionnelle A le VHB.

2. A un jugement avant dire droit du 5 octobre 2021, le tribunal, avant de statuer sur la requête de M. D, a estimé que le lien de causalité entre les transfusions reçues A l'intéressé et sa contamination A le VHB devait être regardé comme établi, que la réparation des conséquences dommageables de cette contamination incombait à l'ONIAM, et a ordonné une expertise aux fins de déterminer la nature et l'étendue des préjudices du requérant strictement imputables à sa contamination A le virus de l'hépatite B.

Sur la responsabilité de l'ONIAM :

3. L'ONIAM ne peut utilement soutenir que sa responsabilité ne saurait être engagée en faisant valoir que l'imputabilité de la contamination A le VHB à la transfusion sanguine litigieuse n'est pas établie, s'agissant d'un point déjà tranché A le tribunal, dans son jugement avant dire droit du 5 octobre 2021 et ce jugement, non contesté en appel à la date du présent jugement, ayant reconnu comme établi le lien de causalité entre les transfusions reçues A M. D et sa contamination A le VHB et ayant jugé que la réparation des conséquences dommageables de cette contamination incombait à l'ONIAM.

Sur les conclusions aux fins d'expertise :

4. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés A sa décision. La mission confiée à l'expert peut viser à concilier les parties. ". Il appartient au juge, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.

5. Au cas particulier, il résulte de ce qui a été exposé au point 3 et de l'instruction après l'expertise déposée le 11 mars 2022, qu'une expertise complémentaire visant à déterminer les facteurs de risque et l'origine de la contamination de M. D A le VHB ne présenterait pas d'utilité pour la solution du litige et serait ainsi frustratoire. Les conclusions de l'ONIAM tendant à ce que soit ordonnée une expertise doivent donc être rejetées.

Sur les préjudices :

S'agissant de la perte de gains professionnels actuels et futurs :

6. D'une part, il résulte de l'instruction que M. D souffre de plusieurs pathologies, notamment de troubles locomoteurs et de troubles endocriniens liés au grave accident dont il a été victime sur la voie publique en 1984, ayant nécessité plusieurs opérations chirurgicales et ayant conduit à ce qu'il soit déclaré en invalidité de catégorie 1 depuis 1987, et du VIH dont l'expert estime qu'il a eu des effets directs et certains sur l'activité professionnelle du requérant en raison notamment d'une diminution de ses capacités cognitives, de troubles de mémorisation et de concentration. Compte tenu des différentes pathologies dont il était atteint, et alors même que l'expert a estimé que l'infection au VHB et ses complications ont eu une incidence professionnelle depuis la date du début du traitement A Interféron en 2000 jusqu'à la date de la décision d'invalidité en 2014, le lien de causalité entre les pertes de revenus subies en raison d'absences pour maladie et sa contamination A le virus de l'hépatite B ne peut être regardé comme certain, ce lien n'étant établi A aucune des pièces produites et le requérant n'apportant en outre aucune précision quant aux périodes précises des arrêts de travail imputables à cette infection. M. D déclare d'ailleurs lui-même que sa carrière a été principalement pénalisée en raison de son infection A le VIH, à l'origine de très nombreux arrêts de travail. A ailleurs, il résulte de l'instruction que, si M. D ne percevait pas d'indemnités journalières de la caisse primaire d'assurance maladie, son employeur pratiquait la subrogation avec maintien de salaire au cours de ces périodes. Il résulte des pièces produites, en particulier de ses bulletins de paie, que M. D a connu chaque année une progression de sa rémunération ne faisant pas apparaitre de pertes liées de manière directe et certaine à son infection au VHB, à l'exception de deux périodes pour lesquelles le lien doit être considéré comme établi, en 2000 et 2001, au cours de laquelle la prise du traitement A Interféron mal toléré a entraîné une importante diminution de ses revenus, puis en 2006 et 2007, en raison de son insuffisance hépatique. Il résulte des bulletins de paie produits que la rémunération nette de M. D était de 19 923,40 euros en 1999 et qu'il a perçu une rémunération de 17 956,89 euros au cours de l'année 2000 et de 13 046,71 euros en 2001. Il a donc subi un préjudice d'un montant de 8 843,20 euros au titre des années 2000 et 2001. Ce préjudice peut être évalué à 10 647,62 euros au titre des années 2006 et 2007, dès lors que sa rémunération nette était de 24 819,49 euros en 2005 et qu'il a perçu une rémunération de 16 566,24 euros en 2006 et de 22 425,12 euros en 2007. La perte de gains professionnels, à ce titre, s'élève donc à la somme de 19 490,82 euros.

7. D'autre part, si M. D a subi une perte de rémunération en raison de son placement en invalidité de catégorie 2 à compter du 1er octobre 2014, partiellement imputable à son infection A le VHB, il résulte de l'instruction qu'il a perçu à partir du mois d'octobre 2014 une pension d'invalidité versée A la caisse primaire d'assurance maladie, ainsi qu'une rente d'invalidité versée A la mutuelle Humanis, réparant intégralement le préjudice subi au titre de la perte de gains professionnels jusqu'à la consolidation de son état le 30 septembre 2016 puis jusqu'à son admission à la retraite, dès lors que s'il a perçu en 2012 une rémunération nette de 35 349,30 euros puis en 2013 une rémunération de 30 254,22 euros alors qu'il n'a perçu de son employeur qu'une rémunération de 21 340,35 euros en 2014, il a perçu au titre de cette année des prestations pour un montant total de 9 874,92 euros, puis au titre des années suivantes des prestations pour un montant d'environ 40 000 euros. Enfin, si M. D, qui est proche de son admission à la retraite à taux plein, soutient qu'il a subi une perte de ses droits à pension de retraite, il ne justifie pas de manière argumentée d'une minoration de ses droits imputable à son infection A le virus de l'hépatite B et ne produit aucun élément de nature à permettre de procéder à l'évaluation exacte d'un tel préjudice. Il résulte toutefois de ce qui précède que les pertes de rémunération liées à ses absences pour maladie susmentionnées en 2000, 2001, 2006 et 2007, et sa mise en invalidité en 2014 alors qu'il était âgé de cinquante-trois ans, qui est partiellement imputable à sa contamination A le VHB, ont nécessairement abouti à une diminution du montant de la pension de retraite à laquelle il peut prétendre. Il sera donc fait une juste appréciation du préjudice subi à ce titre, eu égard à ce qui précède et au montant des pensions et rentes d'invalidité perçues, en l'évaluant à 6 000 euros.

8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'ONIAM à lui verser au titre de la perte de gains professionnels la somme de 25 440,82 euros.

S'agissant de l'incidence professionnelle :

9. Si M. D soutient que l'incidence professionnelle de son infection A le VHB doit être réparée A l'octroi d'une somme de 100 000 euros, il n'apporte pas d'élément permettant de déterminer avec exactitude l'étendue de son préjudice et n'établit pas qu'il aurait eu des chances sérieuses de promotion dont la privation lui ouvrirait droit à réparation au titre d'une incidence professionnelle. Il n'est toutefois pas contesté en défense qu'ainsi que l'a relevé l'expert, l'infection au VHB et ses complications ont eu une incidence professionnelle depuis la date du début du traitement A Interféron en 2000 jusqu'à la date de la décision d'invalidité en 2014, principalement en raison de l'asthénie dont souffre le requérant. A ailleurs, les pièces produites établissent la réalité de son activité professionnelle sur laquelle sa maladie hépatique a nécessairement eu des répercussions. Il sera donc fait une juste appréciation de la perte pour M. D de la possibilité d'exercer une activité professionnelle dans des conditions normales en lui condamnant l'ONIAM à lui verser une indemnité forfaitaire de 10 000 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

10. L'expert désigné A le tribunal a retenu un déficit fonctionnel temporaire total subi A M. D au cours des périodes allant du 17 au 18 février 2000, du 22 au 23 novembre 2004, du 31 mai au 1er juin 2007, du 9 au 10 juin 2009, du 30 au 31 juillet 2009, les 1er juillet 2010, 26 août 2010, 30 septembre 2010, 4 novembre 2010, 20 janvier 2011, 9 juin 2011, 15 décembre 2011, 16 juillet 2013, 13 août 2013, 20 septembre 2013, 11 juillet 2014, 10 novembre 2016, 3 juillet 2017, 6 juin 2018, 12 juillet 2018, du 23 au 31 août 2016 et du 14 au 20 septembre 2016, correspondant aux hospitalisations de l'intéressé directement liées à l'infection au VHB. M. D a également subi en dehors des périodes d'hospitalisation énumérées ci-dessus un déficit fonctionnel à hauteur de 10% sur la période du 10 septembre 1991 au 20 avril 2000, à hauteur de 25% sur la période du 20 avril 2000 au 9 janvier 2001, à hauteur de 15% pour la période du 9 janvier 2001 au 31 décembre 2007, et à hauteur de 30% sur la période du 1er janvier 2008 au 30 septembre 2016, date de la consolidation de l'infection du requérant. Il sera donc fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à l'intéressé une somme globale de 23 000 euros.

S'agissant de l'assistance A tierce personne :

11. Lorsque le juge administratif indemnise la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus A l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours.

12. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise du docteur C, que l'état de M. D nécessitait l'assistance d'une tierce personne non qualifiée quatre heures A semaine du 20 avril 2000 au 9 janvier 2001, et nécessite une telle assistance trois heures A semaine depuis sa consolidation le 30 septembre 2016. Il sera fait une juste appréciation des besoins en assistance d'une tierce personne à domicile en les évaluant, compte tenu du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) horaire brut augmenté des charges sociales, sur la base d'un taux horaire moyen de 8 euros pour la période du 20 avril 2000 au 9 janvier 2001 et de 15 euros pour la période débutant le 30 septembre 2016, et après déduction des périodes d'hospitalisation. Ce préjudice peut ainsi être évalué à 1 361 euros pour la période du 20 avril 2000 au 9 janvier 2001, à 16 385 euros pour la période écoulée du 30 septembre 2016 à la date de la présente décision, et à 55 668 euros pour les besoins viagers en aide humaine en tenant compte d'un prix de l'euro de rente viagère de 21,018 euros fixé A le barème de capitalisation publié à la Gazette du Palais en 2020, pour un homme de soixante-deux ans à la date du présent jugement. Il y a lieu de condamner l'ONIAM à lui verser la somme de 73 414 euros au titre de ce poste de préjudice.

S'agissant des souffrances endurées :

13. Il résulte de l'instruction que M. D a souffert à partir de l'année 2000 de multiples complications douloureuses liées aux VHB, notamment la survenue d'une cirrhose ayant généré un carcinome hépato-cellulaire et une encéphalopathie hépatique, et aux traitements visant à lutter contre ce virus, en particulier le traitement A Interféron suivi pendant dix-huit mois particulièrement mal toléré. L'expert a évalué ce préjudice à 5 sur une échelle de 1 à 7. A suite, compte tenu des circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à l'intéressé la somme de 14 000 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

14. Il résulte de l'instruction qu'à la date de consolidation du dommage, l'intéressé était âgé de cinquante-cinq ans. Le déficit fonctionnel permanent a été fixé à 20% A l'expert. Il y a lieu d'allouer à ce titre à M. D la somme de 28 300 euros.

15. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'ONIAM à payer à M. D la somme de 174 204,82 euros.

Sur les dépens :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre les frais de l'expertise du docteur C, qui ont été liquidés et taxés à la somme de 1 800 euros A une ordonnance de la présidente du 19 mai 2022, à la charge définitive de l'ONIAM, en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 500 euros à verser à M. D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est condamné à payer à M. D la somme de 174 204,82 euros en réparation de ses préjudices.

Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à hauteur de la somme de 1 800 euros A l'ordonnance du 19 mai 2022, sont mis à la charge définitive de l'ONIAM.

Article 3 : L'ONIAM versera à M. D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à l'Office national d'indemnisation des victimes des accidents médicaux, des affections iatrogénes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de Dordogne.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mégret, présidente,

Mme Rivet, première conseillère,

M. Gibelin, premier conseiller.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 12 décembre 2022.

Le rapporteur,

signé

F. GibelinLa présidente,

signé

S. Mégret

La greffière,

signé

Y. Bouakkaz

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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