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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-1907437

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-1907437

jeudi 20 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-1907437
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP SAIDJI & MOREAU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par un jugement avant-dire droit du 30 septembre 2021, le tribunal, avant de statuer sur les requêtes de Mme C tendant à la condamnation de l'Etat et de la commune de Mantes-la-Jolie à l'indemniser des préjudices subis à la suite de l'accident de service dont elle a été victime le 3 février 2014, a ordonné une expertise aux fins d'évaluer les préjudices consécutifs à cet accident.

Le rapport d'expertise a été enregistré le 21 avril 2022 au greffe du tribunal.

I - Par des mémoires, enregistrés les 5 octobre 2022, 11 janvier et 10 février 2023 sous le n° 1907437, Mme B C, représentée par Me Boyer, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL, à lui verser la somme de 864 898,28 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande indemnitaire préalable et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices résultant de l'accident de service dont elle a été victime le 3 février 2014 ;

2°) de condamner l'Etat in solidum avec la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL à hauteur du montant des préjudices non couverts par l'allocation temporaire d'invalidité ;

3°) de condamner in solidum la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL, ainsi que l'Etat aux dépens qui comprendront notamment les frais de l'expertise ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie et de son assureur la SMACL, ainsi que de l'Etat la somme de 9 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le référentiel indicatif de l'ONIAM ne saurait lier le tribunal pour l'évaluation de ses préjudices ;

- ses préjudices patrimoniaux temporaires sont constitués par des dépenses de santé actuelles à hauteur de 1 084,45 euros, des frais d'assistance par une tierce personne à hauteur de 49 087,82 euros, des frais de médecin-conseil à hauteur de 5 310 euros, des frais de courrier d'un montant de 21,20 euros, des frais de déplacement à hauteur de 259,05 euros, des frais de garde d'enfant d'un montant de 5 144 euros, des frais de vêtements pour un montant total de 477,65 euros, le prix de son vélo à hauteur de 214 euros, et des pertes de gains professionnels actuels d'un montant de 9 708,48 euros ;

- ses préjudices patrimoniaux permanents sont constitués par des frais de logement adapté d'un montant total de 81 307,51 euros, des frais de véhicule adapté à hauteur de 44 102,96 euros, des frais d'assistance par une tierce personne, nécessaire à hauteur d'une heure par jour, d'un montant de 409 787,66 euros, des pertes de gains professionnels futurs d'un montant de 3 792 euros et une incidence professionnelle évaluée à 80 000 euros ;

- ses préjudices extrapatrimoniaux temporaires sont constitués par un déficit fonctionnel temporaire total et partiel évalué à 21 601,50 euros, des souffrances endurées de 4,5/7 et évaluées à 20 000 euros, et un préjudice esthétique temporaire de 2,5/7 et estimé à 5 000 euros ;

- ses préjudices extrapatrimoniaux permanents sont constitués par un déficit fonctionnel permanent au taux de 28 % évalué à 90 000 euros, un préjudice esthétique permanent de 2/7 et estimé à 8 000 euros, un préjudice d'agrément lié à l'impossibilité de pratiquer le vélo, la natation et le jardinage évalué à 15 000 euros, un préjudice sexuel de 10 000 euros, et un préjudice d'établissement évalué à 5 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 janvier et 8 mars 2023, la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur, la SMACL, représentés par Me Moreau, concluent à ce que l'évaluation des préjudices allégués soit ramenée à de plus justes proportions.

Ils soutiennent que :

- les préjudices de Mme C doivent être évalués conformément aux modalités applicables devant les juridictions administratives, et notamment en utilisant le référentiel indicatif de l'ONIAM ;

- Mme C ne rapporte pas la preuve des dépenses de santé actuelles qu'elle affirme avoir exposées ;

- elle est fondée à réclamer une somme de 31 408 euros au titre des frais d'assistance par une tierce personne exposés avant la consolidation de son état de santé ;

- les frais de médecin-conseil doivent être justifiés ;

- les frais de courrier ne sont justifiés qu'à hauteur de 12,90 euros ;

- ses frais de déplacement ne sont justifiés qu'à hauteur de la somme totale de 105,40 euros, et les demandes de remboursement de repas et de frais de télévision durant ses hospitalisations doivent être rejetées ;

- les frais de garde d'enfant ne sont pas établis, et la requérante n'a pas déduit le crédit d'impôt perçu chaque année à hauteur de 4 397 euros, de sorte qu'à titre subsidiaire ces frais doivent être évalués à la somme de 747 euros ;

- ses demandes relatives aux vêtements détruits par l'accident, aux frais de vêtements pour la rééducation et au remboursement de son vélo doivent être rejetées ;

- sa demande au titre des pertes de gains professionnels actuels doit être rejetée, et en outre il convient de déduire la somme de 6 286,31 euros versée par la MAIF, qui compense intégralement la perte de salaire ;

- les frais de logement adapté sollicités par la requérante, qui excèdent les préconisations des experts et ne sont pas justifiés par des factures, doivent être rejetés ;

- les frais de véhicule adapté doivent être indemnisé à hauteur 1 073 euros pour le permis adapté, et de 8 130,85 euros pour le renouvellement du véhicule tous les sept ans ;

- elle est fondée à réclamer une somme de 26 759,97 euros au titre des frais permanents d'assistance par une tierce personne ;

- ses pertes de gains professionnels futurs sont pris en charge par l'allocation temporaire d'invalidité ;

- l'incidence professionnelle qu'elle a subie peut être indemnisée à hauteur de la somme maximale de 10 000 euros ;

- son déficit fonctionnel temporaire peut être évalué à 9 360,65 euros ;

- les souffrances qu'elle a endurées peuvent être évaluées à 8 000 euros ;

- son préjudice esthétique temporaire peut être évalué à 500 euros ;

- son déficit fonctionnel permanent peut être indemnisé à hauteur de 59 948 euros ;

- son préjudice esthétique permanent peut être évalué à 2 000 euros ;

- sa demande au titre du préjudice d'agrément doit être rejetée, et subsidiairement ce préjudice doit être évalué à 500 euros ;

- son préjudice sexuel peut être évalué à 5 000 euros ;

- le préjudice d'établissement qu'elle invoque ne présente pas de caractère certain.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête en ce que les conclusions sont dirigées contre elle.

Elle soutient que :

- si la responsabilité sans faute de l'Etat est susceptible d'être engagée, c'est le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public par la commune de Mantes-la-Jolie qui a causé l'ensemble des préjudices subis par Mme C, de sorte que l'intégralité de la réparation des préjudices subis par la requérante doit être mise à la charge de la commune, ou, à minima à hauteur de 90 % ;

- les dépenses de santé actuelles sollicitées par Mme C ne sont pas justifiées ;

- les frais temporaires d'assistance par tierce personne doivent être diminués en l'absence de production des contrats de travail des aides à domicile ;

- les demandes au titre des frais de médecin-conseil et de frais de copie de dossier médical doivent être rejetées ;

- la demande au titre des frais de télévision durant les hospitalisations doit être rejetée ;

- les frais de garde d'enfant sollicités ne sont pas justifiés, et en tout état de cause doivent être diminués de la somme de 1 608,89 euros, versée par la MAIF ;

- les frais de déplacement ont été intégralement pris en charge par la MAIF ;

- les demandes au titre des vêtements et du vélo doivent être rejetées ;

- les pertes de gains professionnels actuels sont pris en charge par l'allocation temporaire d'invalidité ;

- les frais de logement adapté ne sont pas justifiés par des factures, et leur caractère nécessaire n'est pas établi ;

- la demande présentée au titre des frais de véhicule adapté doit être rejetée ;

- la demande au titre de l'assistance par tierce personne viagère doit être rejetée en l'absence de justificatifs ;

- les pertes de gains professionnels futurs et l'incidence professionnelle sont pris en charge par l'allocation temporaire d'invalidité ;

- le montant du déficit fonctionnel temporaire doit être diminué ;

- les souffrances endurées peuvent être indemnisées au plus à hauteur de 9 000 euros ;

- le préjudice esthétique temporaire peut être indemnisé au plus à hauteur de 1 000 euros ;

- la demande présentée au titre du déficit fonctionnel permanent est excessive ;

- le préjudice esthétique permanent peut être indemnisé à hauteur de 2 000 euros ;

- le préjudice sexuel n'est pas établi, et subsidiairement il pourrait être indemnisé à hauteur de 2 000 euros ;

- le préjudice d'établissement n'est pas établi ;

- le montant des frais pris en charge par la MAIF n'est justifié qu'à hauteur de 4 193,87 euros.

La procédure a été communiquée à la mutuelle d'assurance des instituteurs de France (MAIF), qui n'a pas produit de nouveau mémoire.

La procédure a été communiquée à la Mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN), qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 24 mars 2023.

II - Par des mémoires, enregistrés les 5 octobre 2022, 11 janvier et 10 février 2023 sous le n° 1907438, Mme B C, représentée par Me Boyer, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL, à lui verser la somme de 864 898,28 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande indemnitaire préalable et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices résultant de l'accident de service dont elle a été victime le 3 février 2014 ;

2°) de condamner l'Etat in solidum avec la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL à hauteur du montant des préjudices non couverts par l'allocation temporaire d'invalidité ;

3°) de condamner in solidum la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL, ainsi que l'Etat, aux dépens qui comprendront notamment les frais de l'expertise ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie et de son assureur la SMACL, ainsi que de l'Etat la somme de 9 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le référentiel indicatif de l'ONIAM ne saurait lier le tribunal pour l'évaluation de ses préjudices ;

- ses préjudices patrimoniaux temporaires sont constitués par des dépenses de santé actuelles à hauteur de 1 084,45 euros, des frais d'assistance par une tierce personne à hauteur de 49 087,82 euros, des frais de médecin-conseil à hauteur de 5 310 euros, des frais de courrier d'un montant de 21,20 euros, des frais de déplacement à hauteur de 259,05 euros, des frais de garde d'enfant d'un montant de 5 144 euros, des frais de vêtements pour un montant total de 477,65 euros, le prix de son vélo à hauteur de 214 euros, et des pertes de gains professionnels actuels d'un montant de 9 708,48 euros ;

- ses préjudices patrimoniaux permanents sont constitués par des frais de logement adapté d'un montant total de 81 307,51 euros, des frais de véhicule adapté à hauteur de 44 102,96 euros, des frais d'assistance par une tierce personne, nécessaire à hauteur d'une heure par jour, d'un montant de 409 787,66 euros, des pertes de gains professionnels futurs d'un montant de 3 792 euros et une incidence professionnelle évaluée à 80 000 euros ;

- ses préjudices extrapatrimoniaux temporaires sont constitués par un déficit fonctionnel temporaire total et partiel évalué à 21 601,50 euros, des souffrances endurées de 4,5/7 et évaluées à 20 000 euros, et un préjudice esthétique temporaire de 2,5/7 et estimé à 5 000 euros ;

- ses préjudices extrapatrimoniaux permanents sont constitués par un déficit fonctionnel permanent au taux de 28 % évalué à 90 000 euros, un préjudice esthétique permanent de 2/7 et estimé à 8 000 euros, un préjudice d'agrément lié à l'impossibilité de pratiquer le vélo, la natation et le jardinage évalué à 15 000 euros, un préjudice sexuel de 10 000 euros, et un préjudice d'établissement évalué à 5 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 janvier et 8 mars 2023, la commune de Mantes-la-Jolie et son assureur la SMACL, représentés par Me Moreau, concluent à ce que l'évaluation des préjudices allégués soit ramenée à de plus justes proportions.

Ils soutiennent que :

- les préjudices de Mme C doivent être évalués conformément aux modalités applicables devant les juridictions administratives, et notamment en utilisant le référentiel indicatif de l'ONIAM ;

- Mme C ne rapporte pas la preuve des dépenses de santé actuelles qu'elle affirme avoir exposées ;

- elle est fondée à réclamer une somme de 31 408 euros au titre des frais d'assistance par une tierce personne exposés avant la consolidation de son état de santé ;

- les frais de médecin-conseil doivent être justifiés ;

- les frais de courrier ne sont justifiés qu'à hauteur de 12,90 euros ;

- ses frais de déplacement ne sont justifiés qu'à hauteur de la somme totale de 105,40 euros, et les demandes de remboursement de repas et de frais de télévision durant ses hospitalisations doivent être rejetées ;

- les frais de garde d'enfant ne sont pas établis, et la requérante n'a pas déduit le crédit d'impôt perçu chaque année à hauteur de 4 397 euros, de sorte qu'à titre subsidiaire ces frais doivent être évalués à la somme de 747 euros ;

- ses demandes relatives aux vêtements détruits par l'accident, aux frais de vêtements pour la rééducation et au remboursement de son vélo doivent être rejetées ;

- sa demande au titre des pertes de gains professionnels actuels doit être rejetée, et en outre il convient de déduire la somme de 6 286,31 euros versée par la MAIF, qui compense intégralement la perte de salaire ;

- les frais de logement adapté sollicités par la requérante, qui excèdent les préconisations des experts et ne sont pas justifiés par des factures, doivent être rejetés ;

- les frais de véhicule adapté doivent être indemnisé à hauteur 1 073 euros pour le permis adapté, et de 8 130,85 euros pour le renouvellement du véhicule tous les sept ans ;

- elle est fondée à réclamer une somme de 26 759,97 euros au titre des frais permanents d'assistance par une tierce personne ;

- ses pertes de gains professionnels futurs sont pris en charge par l'allocation temporaire d'invalidité ;

- l'incidence professionnelle qu'elle a subie peut être indemnisée à hauteur de la somme maximale de 10 000 euros ;

- son déficit fonctionnel temporaire peut être évalué à 9 360,65 euros ;

- les souffrances qu'elle a endurées peuvent être évaluées à 8 000 euros ;

- son préjudice esthétique temporaire peut être évalué à 500 euros ;

- son déficit fonctionnel permanent peut être indemnisé à hauteur de 59 948 euros ;

- son préjudice esthétique permanent peut être évalué à 2 000 euros ;

- sa demande au titre du préjudice d'agrément doit être rejetée, et subsidiairement ce préjudice doit être évalué à 500 euros ;

- son préjudice sexuel peut être évalué à 5 000 euros ;

- le préjudice d'établissement qu'elle invoque ne présente pas de caractère certain.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête en ce que les conclusions sont dirigées contre elle.

Elle soutient que :

- si la responsabilité sans faute de l'Etat est susceptible d'être engagée, c'est le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public par la commune de Mantes-la-Jolie qui a causé l'ensemble des préjudices subis par Mme C, de sorte que l'intégralité de la réparation des préjudices subis par la requérante doit être mise à la charge de la commune, ou, à minima à hauteur de 90 % ;

- les dépenses de santé actuelles sollicitées par Mme C ne sont pas justifiées ;

- les frais temporaires d'assistance par tierce personne doivent être diminués en l'absence de production des contrats de travail des aides à domicile ;

- les demandes au titre des frais de médecin-conseil et de frais de copie de dossier médical doivent être rejetées ;

- la demande au titre des frais de télévision durant les hospitalisations doit être rejetée ;

- les frais de garde d'enfant sollicités ne sont pas justifiés, et en tout état de cause doivent être diminués de la somme de 1 608,89 euros, versée par la MAIF ;

- les frais de déplacement ont été intégralement pris en charge par la MAIF ;

- les demandes au titre des vêtements et du vélo doivent être rejetées ;

- les pertes de gains professionnels actuels sont pris en charge par l'allocation temporaire d'invalidité ;

- les frais de logement adapté ne sont pas justifiés par des factures, et leur caractère nécessaire n'est pas établi ;

- la demande présentée au titre des frais de véhicule adapté doit être rejetée ;

- la demande au titre de l'assistance par tierce personne viagère doit être rejetée en l'absence de justificatifs ;

- les pertes de gains professionnels futurs et l'incidence professionnelle sont pris en charge par l'allocation temporaire d'invalidité ;

- le montant du déficit fonctionnel temporaire doit être diminué ;

- les souffrances endurées peuvent être indemnisées au plus à hauteur de 9 000 euros ;

- le préjudice esthétique temporaire peut être indemnisé au plus à hauteur de 1 000 euros ;

- la demande présentée au titre du déficit fonctionnel permanent est excessive ;

- le préjudice esthétique permanent peut être indemnisé à hauteur de 2 000 euros ;

- le préjudice sexuel n'est pas établi, et subsidiairement il pourrait être indemnisé à hauteur de 2 000 euros ;

- le préjudice d'établissement n'est pas établi ;

- le montant des frais pris en charge par la MAIF n'est justifié qu'à hauteur de 4 193,87 euros.

Par des observations, enregistrées le 27 avril 2022, la mutuelle d'assurance des instituteurs de France (MAIF), représentée par Me Hubert, rappelle qu'elle a versé à Mme C la somme de 12 888,11 euros en raison de l'accident dont elle a été victime, somme dont elle est fondée à demander le remboursement.

La procédure a été communiquée à la Mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN), qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 3 mars 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 24 mars 2023.

III- Par une requête, enregistrée le 2 août 2021 sous le n° 2106730, la mutuelle d'assurance des instituteurs de France (MAIF), représentée par Me Hubert, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement l'Etat et la commune de Mantes-la-Jolie à lui verser la somme de 12 888,11 euros ;

2°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et de la commune de Mantes-la-Jolie la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est fondée à demander le remboursement des sommes versées à sa sociétaire, dans les droits de laquelle elle est subrogée, dès lors que la responsabilité sans faute de l'Etat est incontestablement engagée, s'agissant d'un accident de service ;

- la responsabilité de l'Etat pour faute est également engagée, en raison de ses manquements à son devoir de sécurité à l'égard de son agent ;

- elle est également fondée à demander la réparation de son préjudice à la commune de Mantes-la-Jolie, dont la responsabilité est engagée sur le fondement de la responsabilité sans faute et de la responsabilité pour faute ;

- son préjudice s'élève à la somme de 12 888,11 euros, correspondant au montant total versé à Mme C au titre de son accident de service.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 novembre 2022, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête en ce qu'elle est dirigée contre elle ou, à défaut, à ce que la commune de Mantes-la-Jolie soit appelée à la garantir des condamnations mises à sa charge et à ce que le montant de l'indemnité demandée soit ramenée à la somme de 4 193,87 euros.

Elle soutient que :

- l'entretien des locaux de l'école dans laquelle travaillait Mme C incombait à la commune de Mantes-la-Jolie, de sorte que si l'Etat est condamné à payer une indemnité à la MAIF, la commune de Mantes-la-Jolie devra le garantir à hauteur de l'intégralité de la somme allouée ;

- les sommes réclamées par la MAIF ne sont justifiées qu'à hauteur de 4 193,87 euros, correspondant aux frais de transport et de garde d'enfant.

La requête a été communiquée à la commune de Mantes-la-Jolie, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 décembre 2022.

Vu :

- l'ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Versailles du 18 octobre 2021 ordonnant une expertise et désignant un collège d'experts composé du Dr E, orthopédiste, et du Dr A, neurologue ;

- le rapport d'expertise établi par le Dr A et le Dr E, enregistré le 21 avril 2022 au greffe du tribunal ;

- l'ordonnance du 12 mai 2022 par laquelle la présidente du tribunal a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par le Dr A et le Dr E à la somme de 2 450 euros pour le Dr A, et à la somme de 3 532,80 euros toutes taxes comprises (TTC) pour le Dr E.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 ;

- le code des assurances ;

- le code de l'éducation ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron, rapporteure,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

- les observations de Me Pauly, substituant Me Boyer, pour Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes enregistrées sous les n°s 1907437, 1907438 et 2106730 sont relatives à la situation de la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

2. Mme B C, professeure des écoles alors affectée au sein de l'école élémentaire Pierre de Coubertin de Mantes-la-Jolie (Yvelines), a été blessée le 3 février 2014 par la chute du tableau noir installé dans sa salle de classe. Cet accident a été reconnu imputable au service par une décision du 12 février 2014. La consolidation de l'état de santé de Mme C a été fixée au 31 décembre 2017. Par un jugement avant-dire droit du 30 septembre 2021, ce tribunal a ordonné une expertise médicale aux fins d'évaluer les préjudices subis par Mme C du fait de cet accident. A la suite du dépôt du rapport d'expertise, le 21 avril 2022, Mme C demande, dans le dernier état de ses écritures, la condamnation de la commune de Mantes-la-Jolie et de son assureur la SMACL à lui verser la somme de 864 898,28 euros en réparation de ses préjudices, ainsi que la condamnation in solidum de l'Etat à hauteur des prestations dues par lui en application de la législation sur les accidents de service. La mutuelle d'assurance des instituteurs de France (MAIF), subrogée dans les droits de Mme C, demande quant à elle la condamnation solidaire de l'Etat et de la commune de Mantes-la-Jolie à lui verser la somme de 12 888,11 euros au titre du remboursement des sommes versées à sa sociétaire Mme C.

Sur les conclusions indemnitaires de Mme C :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

3. Par un jugement avant-dire droit du 30 septembre 2021, le tribunal administratif de Versailles a jugé, d'une part, que Mme C était fondée, même en l'absence de faute de l'Etat, à solliciter une indemnité complémentaire au titre des préjudices patrimoniaux autres que la perte de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par l'accident de service dont elle a été victime le 3 février 2014 qui sont réparés forfaitairement par l'allocation temporaire d'invalidité qui lui a été attribuée, et des préjudices personnels qui en résultent et, d'autre part, que la responsabilité de la commune de Mantes-la-Jolie pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage public était de nature à être engagée.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

4. Il résulte de l'instruction que Mme C a souffert, à la suite de l'accident de service dont elle a été victime le 3 février 2014, d'une fracture comminutive de l'extrémité inférieure de l'humérus et d'une fracture de l'olécrane. Son état de santé est consolidé depuis le 31 décembre 2017. Les experts indiquent qu'il existe des séquelles consistant en l'absence d'utilisation du membre supérieur droit du fait d'une capsulite de l'épaule droite et de séquelles neurologiques avec dystonie du membre supérieur droit et des doigts, ce qui l'empêche d'utiliser normalement son bras droit et sa main droite, alors qu'elle est droitière. Ils concluent que son état actuel est imputable aux séquelles de son accident.

S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :

Quant aux dépenses de santé actuelles :

5. Mme C justifie de dépenses de santé restées à sa charge, au titre de dépassements d'honoraires et de certains matériels en lien avec l'accident de service dont elle a été victime, pour un montant total de 1 084,45 euros. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des quittances subrogatoires produites par la MAIF, que la requérante a perçu, de la part de la MAIF, la somme de 862,91 euros au titre des frais médicaux restés à sa charge à la suite de l'intervention du 2 juin 2016. Par suite, elle est fondée à solliciter le remboursement de la somme de 221,54 euros au titre des dépenses de santé actuelles.

Quant aux frais d'assistance par une tierce personne :

6. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

7. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il fixe, ensuite, le montant de l'indemnité qui doit être allouée par la personne publique responsable du dommage, en tenant compte des prestations dont, le cas échéant, la victime bénéficie par ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. A ce titre, il appartient au juge, lorsqu'il résulte de l'instruction que la victime bénéficie de telles prestations, de les déduire d'office de l'indemnité mise à la charge de la personne publique, en faisant, si nécessaire, usage de ses pouvoirs d'instruction pour en déterminer le montant.

8. Il résulte de l'instruction et en particulier de l'expertise que Mme C a eu besoin de l'aide d'une tierce personne pour la toilette, la préparation des repas, les courses, le ménage, et le transport, à raison de trois heures par jour durant les périodes de gêne fonctionnelle à 75%, du 7 février au 6 mars 2014 et du 30 juin au 22 octobre 2014, soit 143 jours, à raison de deux heures par jour durant la période de gêne fonctionnelle à 50%, du 7 mars au 29 juin 2014, du 23 octobre 2014 au 31 mai 2015, du 2 juin 2015 au 1er juin 2016 et du 3 juin 2016 au 15 juin 2016, soit 715 jours, et à raison d'une heure par jour du 16 juin 2016 au 31 décembre 2017, date de la consolidation de son état de santé. S'agissant d'une aide non spécialisée de jour pour les actes de la vie quotidienne, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en le réparant au regard du salaire minimum interprofessionnel de croissance majoré des charges sociales sur la base d'un coût horaire de 13 euros et d'une base annuelle de 412 jours tenant compte des congés payés et des jours fériés. Le montant de l'indemnité due au titre de l'assistance par une tierce personne s'élève donc, pour les périodes concernées, à la somme totale de 35 555,03 euros, dont il convient de déduire la somme de 1 545,02 euros versée à la requérante par la MAIF au titre de ses frais d'aide à domicile. Par suite, il y a lieu d'indemniser ce préjudice à hauteur de 34 010,01 euros.

Quant aux frais de médecins-conseils :

9. Mme C est fondée à solliciter le remboursement des frais de médecins-conseils, qui présentent un caractère utile dans le cadre du présent litige, et dont le montant resté à sa charge s'élève à la somme de 4 460 euros selon les justificatifs qu'elle a produits, une partie des honoraires du Dr D ayant été réglée par la MAIF à hauteur de 850 euros.

Quant aux frais de courrier :

10. Il résulte de l'instruction que Mme C a engagé des frais de courrier d'un montant de 21,20 euros, en lien avec son accident de service, dont elle est fondée à obtenir le remboursement.

Quant aux frais de déplacement avant et après consolidation :

11. Mme C sollicite le versement de la somme de 259,05 euros au titre des frais de déplacement qu'elle a exposés pour se rendre à différents rendez-vous médicaux et avec son avocat en lien avec son accident. Il résulte de l'instruction que Mme C justifie, par la production de tickets SNCF, de tickets de péage et de parking, avoir supporté des frais de transport d'un montant total de 165,30 euros pour se rendre à des consultations médicales et à un rendez-vous dans le cadre de l'expertise judiciaire, entre le 19 octobre 2016 et le 25 mars 2022. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que les déplacements effectués les 8 juin 2016 et 2 novembre 2017 soient en lien avec l'accident de service dont elle a été victime. Par ailleurs, les demandes présentées au titre des frais de télévision, des frais de repas et des frais d'achat d'un carnet de tickets de métro doivent être rejetées, s'agissant de frais sans lien direct et certain avec le dommage subi. Par suite, Mme C est fondée à demander le remboursement de la somme de 165,30 euros au titre de ses frais de déplacement.

Quant aux frais de garde d'enfant :

12. D'une part, Mme C indique qu'elle a dû employer davantage son assistante maternelle à la suite de son accident en 2014. Elle justifie d'un surcoût au titre de ce chef de préjudice de 1 151 euros sur l'année 2014 par rapport à l'année 2013, dont elle est fondée à solliciter le remboursement.

13. D'autre part, Mme C fait valoir qu'elle a été contrainte d'employer une garde d'enfant à domicile à compter de sa reprise du travail en septembre 2016, ne pouvant pas déposer ses enfants à la garderie en l'absence de véhicule adapté, et indique que ce mode de garde a généré un surcoût de 3 993 euros par rapport aux frais de garderie. Toutefois, la réalité du surcoût allégué par rapport à une garderie n'est pas établie, et il ne résulte pas davantage de l'instruction que ces frais, qu'elle aurait nécessairement dû exposer pour faire garder ses jeunes enfants, présentent un lien direct et certain avec l'accident de service dont elle a été victime. Par suite, la demande présentée au titre des frais de garde d'enfant à domicile doit être rejetée.

Quant aux frais de vêtements :

14. D'une part, la réalité du préjudice résultant de la destruction des vêtements portés par Mme C le jour de son accident n'est pas établie. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.

15. D'autre part, il ne résulte pas davantage de l'instruction que l'état de santé de Mme C avant consolidation de son état de santé ait nécessité l'achat de vêtements adaptés pour la rééducation ne pouvant être utilisés pour d'autres activités. Mme C n'est donc pas fondée à demander l'indemnisation de ce poste de préjudice.

Quant au remboursement du vélo :

16. Mme C demande le remboursement d'un vélo acquis en septembre 2013 au prix de 214 euros, qu'elle indique ne pas avoir pu utiliser en raison de son accident. Toutefois, Mme C, qui dispose de la faculté de revendre ce vélo, n'établit pas le caractère certain de ce préjudice. Sa demande présentée à ce titre sera par conséquent rejetée.

Quant à la perte de gains professionnels actuels :

17. En premier lieu, Mme C demande la somme de 5 873,80 euros au titre des heures supplémentaires qu'elle n'a pas pu effectuer durant les années 2014-2015 et 2015-2016. Toutefois, elle ne démontre pas, par les justificatifs qu'elle verse aux débats, qu'elle aurait nécessairement effectué des heures supplémentaires pour l'accompagnement éducatif des élèves en difficulté entre 2014 et 2016, ainsi qu'un stage de remise à niveau au seul motif qu'elle avait effectué de tels stages avant son accident de service, sans que cela ne soit d'ailleurs établi. De plus, il résulte de l'instruction que Mme C, qui a bénéficié de l'allocation temporaire d'invalidité, a en outre perçu de la MAIF la somme totale de 4 230,98 euros au titre de sa perte de gains professionnels actuels pour l'année 2013-2014. La requérante n'est donc pas fondée à solliciter l'indemnisation de ce poste de préjudice, déjà partiellement indemnisé et qui revêt un caractère purement éventuel pour le surplus.

18. En deuxième lieu, Mme C demande le paiement des congés non pris durant les années 2014 à 2016, soit la somme de 3 604 euros. Aux termes de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 relative à certains aspects de l'aménagement du temps de travail : " 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail ". L'article 7 de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, tel qu'interprété par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) dans son arrêt C-350/07 et C-520-06 du 20 janvier 2009, fait obstacle, d'une part, à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période, parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de la période en cause, s'éteigne à l'expiration de celle-ci et, d'autre part, à ce que, lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, tout droit à indemnité financière soit dénié au travailleur qui n'a pu, pour cette raison, exercer son droit au congé annuel payé.

19. Ainsi, il résulte de ces dispositions que le droit à l'indemnité financière représentative des congés annuels non pris doit s'apprécier à la date de la fin de la relation de travail mentionnée par l'article 7 de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003. Dès lors, la demande présentée par Mme C, qui est toujours en activité, au titre de l'indemnisation des congés annuels non pris doit être rejetée.

20. En dernier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le passage de Mme C à l'échelon 6 n'aurait eu lieu, en raison de son accident imputable au service, qu'avec six mois de retard. Par suite, la demande présentée par Mme C au titre de son retard de promotion ne peut qu'être rejetée.

21. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la somme de 40 029,05 au titre de ses préjudices patrimoniaux temporaires.

S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :

Quant aux frais de logement adapté :

22. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de Mme C nécessite la réalisation d'aménagements de son domicile, consistant en la réalisation d'une douche à l'italienne avec des barres de relèvement, l'aménagement de placards dans la cuisine et l'électrification des volets de fenêtres et de la porte du garage.

23. En premier lieu, Mme C demande la somme de 13 294,40 euros au titre de la transformation de ses baignoires en douches. Elle produit un devis, qui prévoit la pose d'une douche et la réfection totale de la salle de bain de l'étage pour un montant de 8 983,70 euros, mais également la réfection de la salle de bains des combles pour un montant de 1 188 euros. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que l'état de santé de Mme C nécessite la transformation des deux salles de bains de sa maison. Par ailleurs, si Mme C soutient que ces travaux ont été financés par un emprunt de 33 000 euros dont les intérêts se sont élevés à la somme de 3 122,70 euros, il ne résulte pas de l'instruction que ce crédit, souscrit plusieurs mois avant le devis versé aux débats, et dont le montant dépasse largement celui des travaux litigieux, aurait été souscrit en vue de leur réalisation. Par conséquent, Mme C est uniquement fondée à solliciter la somme de 8 983,70 euros au titre de l'aménagement de la salle de bains de l'étage.

24. En deuxième lieu, Mme C demande la somme de 4 446,70 euros au titre de l'électrification de son portail, en indiquant qu'elle n'avait plus la force d'ouvrir ou de fermer manuellement son ancien portail. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'état de santé de Mme C nécessite le changement de son portail pour un modèle électrique. Elle n'est donc pas fondée à solliciter une indemnisation au titre de ce chef de préjudice.

25. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de Mme C nécessite l'installation de rampes d'accès dans ses escaliers. La demande formée à ce titre doit donc être rejetée.

26. En quatrième lieu, Mme C sollicite l'indemnisation des frais liés à la motorisation des volets et de sa porte de garage, à hauteur de la somme totale de 29 501,83 euros. Si la nécessité de cet aménagement a été retenue par les experts, il résulte toutefois du devis produit par la requérante que celui-ci comporte, également, la pose de fenêtres de toit électriques, qui ne présentent aucun lien direct avec l'accident de service dont elle a été victime. Par suite, Mme C est fondée à solliciter la somme de 14 158,18 euros au titre de ce poste de préjudice, correspondant à la seule pose de volets et d'une porte de garage électriques.

27. En cinquième lieu, Mme C sollicite la somme de 24 801,92 euros au titre du remplacement des placards hauts de la cuisine, aménagement préconisé par les experts. Toutefois, il résulte du devis qu'elle produit, qui correspond à la réfection quasi complète de sa cuisine, que seule la somme de 7 863,26 euros correspond aux éléments hauts de cuisine, hors éclairages LED qui sont dépourvus de tout lien direct avec son accident de service. Il convient d'ajouter à cette somme les frais de livraison et de pose au prorata du montant des aménagements en lien direct avec son accident de service, soit la somme de 710,17 euros (2240 * 7863,26/ 24801,92). Par conséquent, Mme C est seulement fondée à solliciter la somme de 8 573,43 euros au titre de l'aménagement de sa cuisine.

28. En dernier lieu, il ne résulte pas de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de Mme C nécessite le remplacement des placards de sa chambre et l'aménagement d'un dressing. La demande formée à ce titre doit donc être rejetée.

29. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander la somme de 31 715,31 euros au titre des frais d'adaptation de son logement.

Quant aux frais de permis et de véhicule adaptés :

30. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme C a besoin d'un véhicule à boite de vitesses automatique, boule au volant et commandes satellites, et qu'elle a dû repasser un permis de conduire.

31. En premier lieu, Mme C justifie de frais d'un montant de 1 186,07 euros pour passer un permis de conduire adapté, en lien avec son accident de service, dont elle est fondée à obtenir le remboursement.

32. En second lieu, Mme C sollicite la somme de 42 916,89 euros au titre de l'achat d'un véhicule automatique, des intérêts du prêt souscrit pour cette acquisition, et du renouvellement de ce véhicule tous les cinq ans. Toutefois, seul le surcoût de l'achat d'un véhicule avec boîte automatique peut être pris en charge, les frais d'adaptation du véhicule ayant par ailleurs été pris en charge par le rectorat. Par suite, Mme C est seulement fondée à solliciter la somme correspondant au surcoût moyen du recours à une boîte automatique, au titre de son changement de véhicule, dont il sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 1 500 euros. Par ailleurs, en considération de ce surcoût, du renouvellement de cet équipement tous les 7 ans, de l'âge de la requérante lors du premier renouvellement de ce véhicule acquis en 2021, soit 51 ans et sur la base d'un taux de rente viagère de 35,155, le capital représentatif des frais de renouvellement d'un véhicule adapté doit être fixé à la somme de 7 533,21 euros. Par conséquent, le montant de l'indemnité due au titre des frais de véhicule adapté doit être fixé à la somme totale de 9 033,21 euros.

33. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la somme de 10 219,28 euros au titre des frais de permis et de véhicule adapté.

Quant aux frais d'assistance par une tierce personne :

34. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme C a besoin, de façon pérenne depuis la consolidation de son état de santé le 31 décembre 2017, de l'assistance d'une tierce personne pour faire les courses, le ménage, et les gros travaux ménagers, à raison d'une heure par jour.

35. Pour la période du 1er janvier 2018 au 20 avril 2023, date de la mise à disposition du présent jugement, le montant de l'indemnité au titre de l'assistance par tierce personne, calculé selon les modalités définies au point 8, peut ainsi être fixé à la somme de 28 408,81 euros.

36. Pour la période postérieure à la mise à disposition du jugement, compte-tenu de l'âge de la requérante, soit 45 ans et du taux de rente viagère de 40,776, l'indemnisation de Mme C au titre de l'assistance par tierce personne doit être fixée à la somme de 218 396,25 euros.

37. Il résulte de ce qui précède que les frais d'assistance par une tierce personne doivent être indemnisés à hauteur de la somme totale de 246 805,06 euros.

Quant à la perte de gains professionnels futurs :

38. Ainsi qu'il a été dit au point 20, il ne résulte pas de l'instruction que le changement d'échelon de Mme C serait intervenu avec six mois de retard en raison de son accident de service. Par suite, sa demande d'indemnisation au titre de la perte de gains professionnels futurs doit être rejetée.

Quant à l'incidence professionnelle :

39. Il résulte de l'instruction que Mme C a repris le travail sur un poste aménagé, et qu'elle exerce désormais les fonctions de directrice dans une école élémentaire. Alors même qu'elle soutient avoir été contrainte de renoncer à son projet professionnel d'enseigner et d'être en contact avec les enfants, il ne résulte pas de l'instruction que Mme C subirait une incidence professionnelle du fait de l'exercice de ses nouvelles fonctions de directrice d'école aux lieu et place des fonctions d'enseignante qu'elle exerçait auparavant. Sa demande présentée au titre de l'incidence professionnelle sera par conséquent rejetée.

40. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander la somme de 288 739,65 euros au titre de ses préjudices patrimoniaux permanents.

S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux temporaires :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

41. Il résulte du rapport d'expertise que Mme C a subi, en raison de l'accident de service dont elle a été victime, un déficit fonctionnel temporaire total du 3 au 6 février 2014, le 1er juin 2015, le 2 juin 2016, le 14 novembre 2016, du 28 au 30 juin 2017, et du 15 au 17 novembre 2017, soit pendant 13 jours. Elle a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 75 %, du 7 février au 6 mars 2014 et du 30 juin au 22 octobre 2014, soit pendant 143 jours. Elle a connu un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 %, du 7 mars au 29 juin 2014, du 23 octobre 2014 au 31 mai 2015, du 2 juin 2015 au 1er juin 2016, du 3 juin au 13 novembre 2016 et du 15 novembre 2016 au 27 juin 2017, soit pendant 1 091 jours, et enfin un déficit fonctionnel temporaire partiel de 30 %, du 1er juillet au 14 novembre 2017 et du 18 novembre au 31 décembre 2017, soit pendant 181 jours. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice, sur la base d'un taux journalier moyen de 20 euros, en évaluant le déficit fonctionnel temporaire total de Mme C à 260 euros, son déficit fonctionnel temporaire à 75 %, à 2 145 euros, le déficit fonctionnel temporaire de 50 %, à 10 910 euros et le déficit fonctionnel temporaire de 30%, à 1 086 euros, soit la somme totale de 14 401 euros.

Quant aux souffrances endurées :

42. Les souffrances endurées par la requérante en lien avec son accident de service ont été évaluées par les experts à un degré de 4,5 sur une échelle de 7. Eu égard aux éléments mentionnés dans le rapport d'expertise et non contestés relatifs aux conséquences physiques et psychologiques de l'accident de service de Mme C, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 10 000 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire :

43. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire de la requérante, lié au plâtre, à l'écharpe, à l'attitude du membre supérieur et des cicatrices, et évalué à 2,5 sur une échelle de 7 par les experts, en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.

44. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la somme de 25 401 euros au titre de ses préjudices extra-patrimoniaux temporaires.

S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux permanents :

Quant au déficit fonctionnel permanent :

45. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les séquelles résultant de l'accident de service dont elle a été victime entraînent pour Mme C un déficit fonctionnel permanent qui a été fixé à 28 % par les experts, et n'est pas sérieusement contesté par la requérante. Mme C était âgée de quarante ans à la date de consolidation de son état de santé. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 50 000 euros.

Quant au préjudice esthétique permanent :

46. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent de la requérante, évalué par les experts à 2 sur une échelle de 7, en lui allouant une indemnité de 2 000 euros.

Quant au préjudice d'agrément :

47. Il résulte du rapport d'expertise que Mme C ne peut plus pratiquer le vélo, le crawl et le jardinage. Il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de son mari et d'une collègue de travail qu'elle pratiquait régulièrement le vélo et la natation. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.

Quant au préjudice sexuel :

48. Il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel subi par Mme C consécutif à l'accident de service dont elle a été victime, en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

Quant au préjudice d'établissement :

49. Il résulte de l'instruction que Mme C et son mari étaient, avant l'accident de service, engagés dans un processus de procréation médicalement assistée, et qu'en raison de son état de santé, l'implantation de l'embryon, cryoconservé depuis 2012, a dû être reportée d'un an, sans toutefois que l'échec de cette implantation en mars 2015 ne soit en lien avec l'accident de service de Mme C. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

50. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander la somme de 61 000 euros au titre de ses préjudices extra-patrimoniaux permanents.

51. Il résulte de tout ce qui précède que les préjudices subis par Mme C en lien avec l'accident de service dont elle a été victime le 3 février 2014 doivent être évalués à la somme de 415 169,70 euros de laquelle doivent être déduites les provisions de 7 000 et de 5 000 euros déjà versées à la requérante par la SMACL et par la commune de Mantes-la-Jolie, ce qui ramène l'indemnité allouée à la somme de 403 169,70 euros.

Sur les obligations respectives de l'Etat et de la commune de Mantes-la-Jolie :

52. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 3, que l'indemnité mentionnée au point précédent doit être mise à la charge de l'Etat.

53. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 3, la commune de Mantes-la-Jolie a manqué à son obligation d'entretien normal de l'ouvrage public. Ce défaut d'entretien de la salle de classe est seul à l'origine de l'accident dont a été victime Mme C. Par suite, il y a lieu de condamner la commune de Mantes-la-Jolie à garantir l'Etat à hauteur de 100 % de la somme de 403 169,70 euros mise à sa charge par le présent jugement.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

54. Mme C a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 403 169,70 euros à compter du 29 mai 2019, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par la rectrice de l'académie de Versailles et la commune de Mantes-la-Jolie.

55. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 5 octobre 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 29 mai 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les conclusions indemnitaires de la mutuelle d'assurance des instituteurs de France (MAIF), subrogée dans les droits de Mme C :

56. Aux termes du jugement avant-dire droit du 30 septembre 2021, le tribunal administratif de Versailles a, d'une part, jugé que la MAIF ne démontrait pas l'existence d'une faute ou d'un manquement imputable à l'Etat, mais que, subrogée dans les droits de sa sociétaire, elle était fondée à solliciter de l'Etat la réparation du préjudice qu'elle a indemnisé du fait de cet accident sur le fondement de la responsabilité sans faute. D'autre part, le tribunal a jugé que la MAIF était également fondée à solliciter de la commune de Mantes-la-Jolie, sur le fondement de la responsabilité pour faute, la réparation du préjudice qu'elle a indemnisé du fait de cet accident.

57. Il résulte de l'instruction que la MAIF établit avoir versé à Mme C la somme totale de 12 888,11 euros au titre de l'accident en litige, correspondant à des frais de taxi pour aller au centre de rééducation à hauteur de 4 130 euros, des frais médicaux restés à la charge de son assurée à hauteur de 862,91 euros, des frais d'aide à domicile à hauteur de 1 608,89 euros et des pertes de gains professionnels actuels à hauteur de 6 286,31 euros.

58. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que la MAIF est fondée à solliciter la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 6 601,80 euros, correspondant aux frais de transport, aux frais médicaux et aux frais d'aide à domicile versés à Mme C. En revanche, la somme de 6 286,31 euros versée à Mme C au titre de ses pertes de gains professionnels actuels, déjà couverte par l'allocation temporaire d'invalidité, sera mise à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie.

59. Par ailleurs, dès lors que le manquement commis par la commune de Mantes-la-Jolie est seul à l'origine de l'accident de service dont a été victime Mme C, il y a lieu de condamner la commune de Mantes-la-Jolie à garantir l'Etat à hauteur de 100 % de la somme de 6 601,80 mise à sa charge par le présent jugement.

Sur les dépens :

60. Les frais et honoraires de l'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 2 450 euros pour le Dr A et de 3 532,80 euros toutes taxes comprises (TTC) pour le Dr E par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Versailles du 12 mai 2022. Il résulte de ce qui précède que ces frais doivent être mis à la charge définitive de la commune de Mantes-la-Jolie.

Sur les frais liés au litige :

61. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas la partie principalement perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mantes-la-Jolie et la SMACL demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

62. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie le versement à Mme C de la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

63. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Mantes-la-Jolie le versement à la MAIF de la somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme C une indemnité de 403 169,70 euros, déduction faite des provisions déjà accordées, assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 mai 2019. Les intérêts échus à la date du 29 mai 2020 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : L'Etat est condamné à verser à la MAIF une indemnité de 6 601,80 euros.

Article 3 : La commune de Mantes-la-Jolie est condamnée à verser à la MAIF une indemnité de 6 286,31 euros.

Article 4 : La commune de Mantes-la-Jolie est condamnée à garantir entièrement l'Etat des sommes mentionnées aux articles 1er et 2.

Article 5 : Les frais et honoraires de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 450 euros pour le Dr A et de 3 532,80 euros TTC pour le Dr E par une ordonnance du 12 mai 2022 de la présidente du tribunal, sont mis à la charge définitive de la commune de Mantes-la-Jolie.

Article 6 : La commune de Mantes-la-Jolie versera à Mme C une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : La commune de Mantes-la-Jolie versera à la mutuelle d'assurance des instituteurs de France une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à la commune de Mantes-la-Jolie, à la SMACL, à la mutuelle d'assurance des instituteurs de France et à la mutuelle générale de l'éducation nationale.

Copie en sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Versailles, au Dr A et au Dr E.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Grenier, présidente,

- Mme Caron, première conseillère,

- M. Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.

La rapporteure,

signé

V. Caron

La présidente,

signé

C. GrenierLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au préfet des Yvelines chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 1907437, 1907438, 2106730

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