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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2000560

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2000560

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2000560
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP SEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 janvier 2020, le Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères (SIRTOM) du Sud francilien, représenté par Me Guillaume Gauch, demande au tribunal :

1) de condamner le Syndicat mixte intercommunal de la collecte et du traitement des ordures ménagères (SMICTOM) de la région de Fontainebleau à lui verser la somme de 199 213,81 euros en réparation des préjudices subis au titre des années 2016 et 2017 à raison de la mise à disposition de bacs de collecte au profit des communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson ;

2) de mettre à la charge du SMICTOM de la région de Fontainebleau la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la responsabilité extra-contractuelle du SMICTOM est engagée en raison de la mise à disposition gratuite de bacs permettant la collecte de déchets et assimilés au profit des communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson à compter de leur sortie du SIRTOM le 1er octobre 2017.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2020, le SMICTOM de la région de Fontainebleau, représenté par Me Pierre Pinta, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la désignation d'un expert afin de permettre au tribunal de se prononcer sur l'indemnisation due par le SMICTOM au SIRTOM au titre des dépenses de fonctionnement supportées par le SIRTOM au titre de l'exercice de la compétence " collecte et de traitement de déchets ménagers et assimilés " sur le territoire des communes de Boissy-aux-Cailles, Noisy-sur-École, Tousson et Le Vaudoué pour la période allant du 1er janvier 2016 au 30 septembre 2017 inclus, enfin, à ce que soit mise à la charge du SIRTOM du Sud francilien la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient à titre principal qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la partie de la demande du SIRTOM correspondant aux dépenses d'investissements afférentes aux bacs de collecte, qui ont fait l'objet d'un remboursement postérieurement à l'introduction de la requête, qu'aucune somme ne saurait être réclamée au titre de l'année 2016, pour laquelle les communes concernées étaient encore membres du SIRTOM, et que les dépenses de fonctionnement au titre de l'année 2017 sont couvertes par le reversement de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ainsi qu'il est prévu par la convention de gestion provisoire du 17 mars 2017. Subsidiairement, il fait valoir, dans l'hypothèse où le principe d'une indemnisation serait retenu, qu'il serait nécessaire de faire procéder à une expertise avant dire droit contradictoire afin de déterminer précisément le montant des dépenses de fonctionnement qui devraient faire l'objet d'une indemnisation de la part du SMICTOM.

Par une ordonnance du 18 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 juillet 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Bartnicki, rapporteure publique,

- les observations de Me Gilliot, représentant le SMICTOM de la région de Fontainebleau.

Considérant ce qui suit :

1. Issu de la fusion de deux syndicats mixtes préexistants (le Syndicat Intercommunal pour l'Enlèvement des Ordures Ménagères, SIEOM, et le Syndicat Intercommunal de Ramassage des Ordures Ménagères, SIROM) le Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères (SIRTOM) du Sud francilien a été créé par arrêté préfectoral n° 2016-PREF-DRCL/803 du 21 octobre 2016. Il est compétent notamment, sur son périmètre, en matière de " gestion de la collecte, du transport, du traitement et de la valorisation des déchets ménagers et assimilés ". Lors de sa création, les communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson faisaient partie de son périmètre. Au 1er janvier 2017, ces communes sont devenues membres de la communauté d'agglomération du pays de Fontainebleau (CAPF), créée par un arrêté préfectoral n°2016/DCRL/BCCCL/N°109 du 19 décembre 2016. En application de l'article L. 5216-7 du code général des collectivités territoriales, la création de la CAPF a valu retrait des communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson du SIRTOM du Sud francilien. Dans l'attente de la mise en place effective de l'assemblée délibérante de la CAPF et de l'exercice de sa compétence en matière de gestion des déchets, une convention de gestion provisoire, produite par le défendeur, a été signée le 17 mars 2017 entre le SIRTOM et la CAPF pour éviter l'interruption du service. Cette convention a confié au SIRTOM, à titre transitoire, la collecte et le traitement des déchets des communes concernées. Après rejet de sa demande préalable formée par courrier du 18 juin 2019, le SIRTOM demande au tribunal de condamner le syndicat mixte pour la collecte et le traitement des ordures ménagères (SMICTOM) de la région de Fontainebleau, venant aux droits de la CAPF, à l'indemniser à hauteur de 199.213,81 euros des préjudices qu'il estime avoir subis à raison des dépenses engagées pour la collecte des ordures ménagères et assimilées sur le territoire des communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson pour les années 2016 et 2017.

Sur le principe de la responsabilité du SMICTOM :

2. Il résulte de l'instruction que le SIRTOM du Sud francilien a, entre le 1er janvier et le 1er septembre 2017, assuré sur le fondement d'une convention de gestion provisoire, la gestion de la collecte et du traitement des ordures ménagères des déchets ménagers et assimilés sur le territoire des communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson, qui n'étaient plus membres de ce syndicat intercommunal depuis leur adhésion à la CAPF. Il en résulte que le SIRTOM a droit au remboursement par le SMICTOM de la forêt de Fontainebleau, venant aux droits de la CAPF, des dépenses exposées pour ce service assuré du 1er janvier 2017 au 1er septembre 2017, ainsi que pour l'acquisition des bacs de collecte, laissés à titre définitif à la disposition des habitants des communes concernées, et qui n'auraient pas déjà été prises en charge. En revanche, la responsabilité du SMICTOM ne saurait être engagée pour les dépenses de fonctionnement exposées pour le service de collecte et de traitement des déchets au titre de l'année 2016, dès lors que les communes en question faisaient encore partie, au cours de cette année, de son périmètre de compétence statutaire.

Sur les préjudices invoqués :

3. Il résulte de l'instruction, que la somme totale de 199.213,81 euros réclamée par le SIRTOM se répartit entre, d'une part, une somme globale de 24.708,99 euros correspondant à la valeur des bacs mis à disposition des communes concernées en novembre 2016 et laissées à leur disposition à titre définitif, et, d'autre part, une somme de 174 504,82 euros correspondant aux dépenses de fonctionnement exposées en 2016 et 2017, dont 61 540,54 euros pour la période de responsabilité comprise entre le 1er janvier 2017 et le 1er septembre 2017.

4. En premier lieu, il n'est pas contesté par le SIRTOM que, comme le fait valoir le SMICTOM en défense, la somme de 24.708,99 euros, réclamée au titre de la mise à disposition des bacs de collecte a été remboursée au SIRTOM par virement bancaire du 2 septembre 2020. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions indemnitaires du SIRTOM à hauteur de ce montant.

5. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus au point 2 que le SIRTOM ne saurait avoir droit au remboursement par le SMICTOM de la somme de 112.964,28 euros correspondant aux dépenses de fonctionnement liées à la collecte et au traitement des déchets ménagers et assimilés sur le territoire des communes de Noisy-sur-Ecole, Boissy-aux-Cailles, Le Vaudoué et Tousson pour l'année 2016, alors qu'elles étaient membres du SIRTOM et faisaient partie de son périmètre de compétence statutaire. D'autre part, la convention de gestion provisoire, citée ci-dessus aux points 1 et 2, prévoyait (article 2 Financement) que les prestations devaient être effectuées par le SIRTOM " contre rémunération et conformément à la politique tarifaire approuvée par le comité syndical du 10 janvier 2017 ". Elle indiquait également que le SIRTOM du sud Francilien était autorisé à demander le reversement du produit de la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) par le biais d'une participation financière annuelle à hauteur de 384 408 euros et versée par quote-part par trimestre. Le SIRTOM ne soutient pas que le mécanisme prévu par cette convention de gestion provisoire n'aurait pas été mis en œuvre, ni qu'il n'aurait pas pu, comme le soutient en défense le SMICTOM, bénéficier du reversement de la TEOM. Dans ces conditions, il ne saurait être regardé comme établissant la réalité du préjudice qu'il invoque au titre des dépenses de fonctionnement afférentes à l'année 2017. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires du SIRTOM correspondant aux dépenses de fonctionnement pour un montant total de 174 504,82 euros doivent, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant dire droit une expertise, être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par les parties et tendant à l'application de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions du SIRTOM du Sud francilien à hauteur de la somme de 24.708,99 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions du SIRTOM du Sud francilien est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le SMICTOM de la région de Fontainebleau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au SIRTOM du Sud francilien et au SMICTOM de la région de Fontainebleau.

Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Blanc, président,

M. Jauffret, premier conseiller,

Mme Degorce, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

Le rapporteur,

signé

E. A

Le président,

signé

P. Blanc

La greffière,

signé

C. Delannoy

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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